Justin Koua écrit aux ambassadeurs accrédités en Côte d’Ivoire: « Ouattara n’était pas éligible en 2000. Il n’était pas éligible en 2010. Il ne l’est toujours pas en 2015 »

Dans une lettre aux ambassadeurs ouverte à l’opinion nationale dans le but de la prendre à témoin, Justin Koua secrétaire général adjoint chargé des syndicats, des organisations de masses et de la politique de la jeunesse, évoque les risques auxquels les ambitions de Ouattara exposent à nouveau le pays alors qu’il se sait inéligible.

Vendredi 3 Avril 2015 - 09:35


KOUA Justin  Administrateur des Services Financier  Diplômé de l’enA Titulaire d’un DEA en Philosophie Politique et Sociale  responsable Politique Ouvrier du Combat  pour la Démocratie
KOUA Justin Administrateur des Services Financier Diplômé de l’enA Titulaire d’un DEA en Philosophie Politique et Sociale responsable Politique Ouvrier du Combat pour la Démocratie
Excellence Messieurs les ambassadeurs,

L’année 2015 est une année électorale, une année de grand intérêt pour un Pays qui a connu une grave crise militaro-politique depuis 2002 jusqu’à ce jour. C’est pourquoi en tant que citoyen ivoirien et démocrate convaincu, je me permets de vous prendre à témoin sur les risques encourus par un processus électoral bâclé en cette année électorale 2015. Les débats sont récurrents sur l’applicabilité totale ou partielle de la Constitution ivoirienne notamment l’article 35. Le chef de l’Etat actuel évoquait récemment une jurisprudence fictive qui lui permettrait d’échapper au respect de la Constitution actuelle. Je vous rappelle que la seule jurisprudence qui prévaut en Côte d’Ivoire concernant Monsieur Alassane Ouattara est l’arrêt dit Tia Koné du nom de l’ex-président de la Cour Suprême qui indiquait explicitement que Monsieur Ouattara était inéligible évidemment « pour cause de nationalité douteuse ». Sans supputer sur cette question souveraine qui risquerait de remettre en question l’autorité de la chose jugée, il me sied de vous indiquer que cette décision demeure définitive, irrévocable, incassable et insusceptible de recours. Le régime de Monsieur Ouattara fait une confusion inquiétante des genres entre une décision prise par le Président de la République Laurent Gbagbo qui indiquait que les candidats issus des partis politiques et des mouvements armés signataires de l’Accord de Marcoussis devaient se présenter pour UNIQUEMENT les joutes présidentielles de 2010. C’est ainsi que Monsieur Ouattara a pu se présenter par le biais de cette décision présidentielle magnanime venant de son adversaire Laurent Gbagbo. Cette décision présidentielle est unique, elle a été motivée par vos mandants qui ont convaincu le président Gbagbo de faire usage des pleins pouvoirs que lui donnait notre Constitution pour rendre Monsieur Ouattara éligible. Comme vous pouvez aisément le constater, ce n’est point le juge constitutionnel ivoirien qui a pris un arrêt a fortiori une décision pour annuler l’arrêt Tia Koné et effectuer ainsi ce que les juristes appellent un revirement de jurisprudence. En clair, Excellence Messieurs les ambassadeurs, Monsieur Alassane Ouattara ne peut, au regard de la Constitution ivoirienne prétendre se présenter à l’élection présidentielle de 2015. Il n’était pas éligible en 2000. Il n’était pas éligible en 2010. Il ne l’est toujours pas en 2015. Cette évidence clairement mentionnée dans la Constitution Ivoirienne m’invite à appeler votre attention et vos consciences sur les possibles mouvements politiques incontrôlables que la soi-disant candidature de Monsieur Alassane OUATTARA pourrait provoquer en Côte d’ Ivoire. Pour votre gouverne, Excellence Messieurs les ambassadeurs, les Ivoiriens n’accepteront pas et ne toléreront pas le non-respect de leur Constitution votée à plus de 86% pour satisfaire la forfaiture de qui que ce soit. Si, par mégarde ou par mépris, une institution, quelle qu’elle soit, venait par déclarer Monsieur Alassane Ouattara candidat à l’élection présidentielle 2015, le peuple se verrait dans l’obligation de manifester pacifiquement mais sans faiblesse pour imposer le respect de notre Constitution. Tous, autant que nous sommes, avons l’obligation du respect strict de notre Constitution et des lois de notre pays. Je crains, en vérité, Excellence Messieurs les ambassadeurs, que le non-respect de notre constitution avec la volonté d’imposer Monsieur Alassane OUATTARA comme candidat ne précipite une guerre civile aux conséquences incalculables dans notre pays. C’est cette crainte légitime qui me conduit à vous inviter à refuser de vous montrer timorés et silencieux devant cette  intention avouée de Monsieur Alassane Ouattara de mépriser la Constitution ivoirienne, expression du peuple souverain de Côte d’Ivoire. Je veux vous inviter à ne pas perdre la voix devant cette menace qui profile à l’horizon par la faute d’un seul individu. Excellence Messieurs les ambassadeurs, je refuse que vous perdiez votre crédibilité ou votre conscience et que vous trahissiez la confiance de ceux d’entre nous, qui, de bonne foi ou naïvement, croient en votre capacité d’être des personnes soucieuses de la légalité dans un Pays. Excellence Messieurs les ambassadeurs, je refuse que vous soyez répudiés par ceux des nôtres qui verraient dans votre mission la planification, l’organisation et l’exécution des crises dans notre pays aux fins de mieux exploiter nos ressources au profit de vos pays respectifs. Excellence Messieurs les ambassadeurs, je vous serai gré de bien vouloir exhorter Monsieur Alassane Ouattara de se tenir loin de cette élection présidentielle qui ne le concerne ni de loin ni de près. Excellence Messieurs les ambassadeurs, si hier, vous vous êtes murés dans un mutisme incompréhensible et même injurieux pour le peuple dans la mise en place de la soi-disant CEI désuète, moribonde, non transparente, non crédible avec Youssouf Bakayoko, vous avez l’obligation morale, le devoir politique de ne point vous plier à cette énième forfaiture. Excellence Messieurs les ambassadeurs, si hier, nous nous sommes vus, avec le concours de Nicolas Sarkozy et Barack Obama, manifesté par un soutien armé, nous imposer le régime de Monsieur Alassane Ouattara, aujourd’hui, nous n’en voulons plus. Nous n’en pouvons plus. Le peuple ivoirien est prêt à se donner les moyens légaux et pacifiques pour en finir avec l’état d’insécurité, l’état d’exception, l’état de l’arbitraire, l’état d’injustice qui prévaut depuis la venue au pouvoir de Monsieur Ouattara. Nous ne pouvons accepter de demeurer dans la souffrance, de voir le peuple ivoirien réduire à la mendicité faute d’une gestion hasardeuse et inconséquente. Si l’on nous contraint, nous nous battrons pour faire respecter notre Constitution. Dans l’espoir que vous vous impliquerez dans la construction de la paix sociale en Côte d’Ivoire, veuillez agréer, Excellence Messieurs les ambassadeurs, mes respects les plus distingués.


KOUA Justin

Administrateur des Services Financier
Diplômé de l’enA Titulaire d’un DEA en Philosophie Politique et Sociale
 responsable Politique Ouvrier du Combat  pour la Démocratie


Source: Aujourd’hui / N°861




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