Justice ghanéenne: Les charges de crime de sans contre Koné Katinan abandonnées ?

Koné Katinan Justin n'est-il plus poursuivi au Ghana pour ‘’crimes de sang’’ ? La justice ghanéenne semble avoir abandonné les charges portant sur le meurtre de deux individus en Côte d'Ivoire alléguées par les autorités ivoiriennes contre l'ancien ministre du Budget du dernier gouvernement de Laurent Gbagbo pendant la crise post-électorale.

Jeudi 27 Décembre 2012 - 08:05


Justice ghanéenne: Les charges de crime de sans contre Koné Katinan abandonnées ?
Selon une dépêche de l'AFP en date du 1er octobre, Koné Katinan Justin et Désiré Dallo, ancien ministre de l’Économie et des Finances dans le gouvernement Aké N'Gbo, étaient tous deux soupçonnés d'avoir tué les 25 mars et 29 mars 2011, Kamagaté Seydou, 83 ans, un soudeur et Diabaté Drissa, 37 ans, un négociant à Port-Bouët, la commune balnéaire d’Abidjan.
Le conseil juridique du porte-parole de Laurent Gbagbo, que nous avons eu, révèle ceci : «La justice ghanéenne a abandonné les charges alléguées contre le ministre Koné Katinan par l’État de Côte d'Ivoire, dans cette affaire imaginaire de crimes de sang portant sur le meurtre de deux personnes. L'affaire a été classée sans suite, faute de preuves apportées par le gouvernement ivoirien», a précisé l'un des avocats de Koné Katinan.
Effectivement, nous en avons eu la preuve à l'audience du jeudi 20 décembre dernier au cours de l’audience à laquelle nous avons rencontré à Accra, les avocats du mis en cause. ‘’ Affaire État de Côte d'Ivoire contre Koné Katinan Justin dans la procédure d'extradition demandée par le Gouvernement ivoirien pour crimes économiques’’, c'est ainsi que l'huissier de service au Tribunal de Grande Instance d'Osu (Osu Magistrate Court) à Accra, a appelé à l'ouverture de l'audience, le dossier instruit par le juge Aboagye Tandoh, président de ladite Cour de justice. Cette restriction des charges retenues contre le porte-parole de Gbagbo uniquement aux seuls ''crimes économiques’’ donne l’idée que la seconde charge portant sur les ‘’crimes de sang’’ à lui imputée a été purement et simplement abandonnée par les autorités judiciaires ghanéennes.
Voici d'ailleurs, à ce propos, ce qu'avait déclaré le juge ghanéen Ali Baba Bature du ‘’District Magistrate Court’’ d'Accra, saisi dans le cadre de l'allégation de ‘’crimes de sang’’, au cours de l'audience du 24 octobre dernier. «On ne peut pas accuser quelqu'un de meurtre et puis mettre autant de temps et de difficultés à apporter les preuves (…). A partir du moment où vous accusez, les preuves devraient être disponibles. Accusé, vous êtes libre!», avait commenté le magistrat ghanéen qui a accordé la liberté sous caution à Koné Katinan.
Avant de prendre cette décision, le juge Ali Baba avait apostrophé le procureur Officier de Police ghanéen, Abraham Annor, qui agissait pour le compte de l’État ivoirien, en ces termes : «Donnez-moi la loi selon laquelle la République du Ghana peut engager une action contre quelqu'un qui a commis un crime en dehors du Ghana (…). Au mieux, la Côte d'Ivoire peut demander l'extradition de l'accusé pour le juger là-bas». Une sortie qui incline à dire que le juge Ali Baba a effacé les charges alléguées contre Koné Katinan dans le cadre de la procédure de ‘’crimes de sang’’ en cours contre le proche de Laurent Gbagbo en exil à Accra.
Ce que Koné Katinan demande aux autorités ivoiriennes
Si c’était le cas, l’on pourrait dire que désormais, Koné Katinan Justin n'est poursuivi au Ghana que pour ‘’crimes économiques’’, avec demande d'extradition en Côte d'Ivoire formulée par l’État ivoirien, comme l’avait laissé entendre l’huissier de service à l’audience du jeudi dernier. A propos de cette autre charge pour laquelle le juge Aboagye Tandoh a promis de rendre sa décision le 17 janvier prochain, voici la réflexion faite par le conseil juridique de l'ancien ministre ivoirien du Budget que nous avons rencontré. «La justice ivoirienne vient de libérer huit (08) prisonniers pro-Gbagbo détenus depuis plus de 18 mois. Parmi ceux-ci, se trouve M. Désiré Dallo, ministre de l’Économie et des Finances dans le Gouvernement du Premier ministre Aké N'Gbo. M. Dallo était, au même titre que M. Katinan, également inculpé du meurtre des ces deux anonymes ainsi que de crimes économiques. Si la justice ivoirienne libère ces personnalités, et nous nous en réjouissons, il n'y aucune raison qui justifie que M. Koné Katinan continue d'être poursuivi par l’État ivoirien au Ghana. C'est tout simplement une aberration», a analysé l'un des avocats de l'ancien ministre ivoirien du Budget avec qui nous avons échangé.
En somme, le porte-parole de Laurent Gbagbo en exil au Ghana depuis la fin de la crise postélectorale, demande aux autorités ivoiriennes d’aller jusqu’au bout de leur logique. Car, selon son conseil, si le Gouvernement ivoirien a fait libérer, par le biais de la justice, des ex-membres du Gouvernement Gbagbo également poursuivis pour ‘’crimes de sang’’ et ‘’crimes économiques’’, alors le pouvoir en place à Abidjan devrait abandonner les poursuites contre leur client. La grâce accordée à Aké Ngbo et les autres va-t-elle profiter aussi à Koné Katinan? Une question sans réponse pour le moment !


ANASSE ANASSE
Source : L’Inter




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