Jusqu’au bout de la haine

Jeudi 19 Septembre 2013 - 07:43


Jusqu’au bout de la haine
La nouvelle de la disparation du syndicaliste, fervent défenseur des travailleurs et de la légalité, continue de nous secouer. Nul ne pouvait s’imaginer que le Secrétaire Général de la Centrale Syndicale Dignité quitterait en ce jour du 16 Septembre 2013, la terre des hommes. On le savait combattif, déterminé à aller jusqu’au bout de l’espoir de voir une Côte d’Ivoire nouvelle. Mais, à l’opposé le régime était déterminé à aller jusqu’au bout de la haine. Une haine que ce régime imposé manifesta dès sa prise controversée du pouvoir d’Etat. Parmi, ceux qu’il fallait éteindre, se trouvait Mahan Gahé Basile. Et lorsque ceux qui règnent chez nous fixent leur haine sur ceux qu’ils considèrent comme les damnés de la république, ils vont jusqu’au bout.
Mahan Gahé tomba entre les mains vengeresses et brulantes du pouvoir qui, maitrisant habilement tous les rouages de la torture,  mania celle-ci avec une indicible froideur. Mahan Gahé y laissa des côtes brisées et des vertèbres cervicales cassées. Bien que physiquement diminué, le régime lui imposa un long séjour dans l’une de ses nombreuses geôles du nord. Lentement, comme un vieillard qui marche à pas pesant,  Basile s’approcha de la mort et lorsqu’il fut libéré le 22 Décembre 2012, c’est une coquille vide que le régime brandit comme un haut fait à vénérer. Mahan était déjà fini. Il essayait de s’accrocher à la vie. Mais la haine du régime était tellement forte que la maigre force qui restait au martyr, ne tint point. Le régime poussa la haine jusqu’au bout et Mahan se coucha. La cible est atteinte. Le «  Général  » est parti.
Pour avoir dit «  Non  », il a été invité à rejoindre les autres victimes du régime. Il a dit «   Non  » à l’imposture, «  Non  » à la destruction d’un pays hospitalier attaqué par des rebelles sanguinaires une nuit de Septembre 2002. Le «  Général  » resta au chevet de la mère patrie, pria et se battit pacifiquement pour elle. Il s’offrit en sacrifice pour les oubliés du système abonnés aux Smig insignifiants qu’il invita à travailler lorsque vers nous, courrait le complot international. Lorsque les comploteurs fermèrent les banques pour nous affamer, posèrent un embargo sur nos médicaments pour nous voir mourir, il se trouva dans les rangs des hommes dignes, le «  Général  » Mahan Gahé. Pour cet engagement, le régime alla jusqu’au bout de la haine. Mahan Gahé devait être torturé, diminué physiquement et en conséquence mourir comme une flamme qui s’éteint lentement.
Parti, Mahan Gahé Basile laisse au régime d’autres morts en sursis. Et Dieu seul sait combien sont-ils à souffrir entre quatre murs. Il part, confiant à nos souvenirs ce qui est désormais une tradition: la torture, la persécution de ceux qui refusent d’accompagner, soutenir et encenser le régime. Il part avec le sentiment que les damnés de la république, tous abandonnés à la méchanceté du régime, ne devront compter que sur leurs propres forces pour faire fleurir une nation nouvelle.
Pour le conduire aux portes de l’éternité, nous ne porteront  pas son corps. La vérité est là, toute nue comme le sont les tortionnaires. Il serait inutile de forcer une porte déjà ouverte. Nous l’accompagneront avec des langues de rameaux parce qu’il fut un homme de paix. Il ira se reposer comme tous ceux qui ont combattu le bon combat.  Et nous, sur terre, notre mission sera de briser la haine que développe le régime. Toujours la tête haute et le regard fixé vers l’objectif. Nous mourrons débout  !

Alain BOUIKALO  ,
Juriste





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