Jeunesse sans frontière réagit suite au transfèrement de Charles Blé Goudé

Lundi 24 Mars 2014 - 08:42


Déclaration N° 011-MS2014 relative au transfèrement de Charles Blé Goudé à la CPI
Suite au  conseil des ministres du jeudi 20 mars 2014, nous avons appris par la voix du ministre de la justice, la décision selon laquelle le gouvernement Ivoirien marquait son accord au transfèrement de M. Charles Blé Goudé à la Cour Pénale Internationale (CPI). Ce jour, 22 mars 2014, par communiqué de presse N° ICC-CPI-20140322-PR988, la CPI vient de confirmer l’arrivée de Blé Goudé au centre de détention de la CPI à Scheveningen, en provenance d’Abidjan.
Jeunesses Sans Frontières, qui a toujours milité pour que la préférence soit désormais accordée aux juridictions nationales, au dépend de la justice Internationale, prends acte et respecte cette décision de l’exécutif. En effet, l’essentiel étant l’interruption du cycle d’impunité en Côte d’Ivoire, et vu les polémiques de ces derniers jours sur les conditions de détention de Blé Goudé, cette décision du gouvernement est fondée. D’autant plus que celle-ci permettra l’ouverture prochaine de procédure en bonne et due forme, dans un environnement dont personne ne mettra en doute l’impartialité. Toute chose qui donnera l’occasion à M. Charles Blé Goudé de répondre des crimes qui lui sont reprochés, et aux victimes d’obtenir éventuellement justice et réparations.
Nous assistons cependant à une levée maladroite de bouclier et une surenchère inacceptable quant aux éventuelles conséquences de cette décision. Nous constatons hélas que ceux qui évoquent la fin du processus de réconciliation ne s’y sont en réalité jamais inscrits jusqu’à ce jour. Le Front Populaire Ivoirien en occurrence n’a cessé de torpiller ce processus avec les déclarations belliqueuses de ses dirigeants, l’exacerbation des tensions et les préalables fantaisistes à n’en point finir. Le Congrès Panafricain des Jeunes et des Patriotes (COJEP), avec ses deux présidents intérimaires, s’est  quant à lui borné à des revendications stériles lorsqu’il n’était pas occupé par des querelles internes de leadership. Dans ces conditions, JSF ne peut s’empêcher de mettre en doute la volonté du FPI et de COJEP à œuvrer pour la libération de leurs leaders et à contribuer à une réconciliation vraie et sincère. C’est toutefois le lieu pour nous de réitérer notre appel à tous ceux et celles qui campent encore sur des positions radicales et extrémistes, à les abandonner afin de donner une occasion viable à la Paix.
En tout état de cause, le sort réservé à Blé Goudé loin de nous diviser doit servir d’exemple à tous, davantage aux jeunes. Nous devons tirer les leçons de notre passé récent, qui a vu régner en maître une jeunesse manipulée, infantilisée et adepte de la facilité. C’est en se posant en leader de cette jeunesse que Blé Goudé a régné jusqu’à la chute de Laurent Gbagbo. Le temps est venu de tourner définitivement la page sombre et dégradante de cette jeunesse médiocre, au profit d’une jeunesse nouvelle  ; fondamentalement responsable, unie et entreprenante.
Pour finir,  Jeunesses Sans Frontières appelle  :
 1-    La CPI d’une part à accélérer ses investigations sur la Côte d’Ivoire, afin de situer définitivement l’opinion sur la liste de personnes visées par ses mandats d’arrêts. Et d’autre part à accélérer les procédures pour l’organisation des procès dont les mandats ont été déjà exécutés  ;
 2-    Le gouvernement ivoirien, à se donner davantage les moyens pour une affirmation sans exception de la souveraineté de la justice. Afin que celle-ci se saisisse dorénavant de tous les dossiers  ;
 3-    Les ivoiriens de tout bords, au calme et à la retenue. Nul n’a le droit de se rendre justice, et nul n’a le droit de s’opposer pour des raisons partisanes voire égoïstes, aux décisions des autorités souveraines  ;
 4-    Les jeunes, à sortir définitivement des sentiers battus de la médiocrité et de la facilité érigé hier en norme, pour s’engager résolument sur les voies d’un leadership nouveau, vecteur des valeurs, de changement et d’émergence ;
 5-    Les proches et parents de Blé Goudé, à résister à toutes tentatives de manipulation visant l’instrumentalisation de cette décision. Car il ne faut pas commettre l’erreur de vouloir réparer une faute par une autre. Et chacun doit assumer en toute dignité et responsabilité devant l’histoire les conséquences de ses choix.

Abidjan, le 22 mars 2014
Pour Jeunesses Sans Frontières
Par le Présidium
Le Président
DIAKITE Tawakkal




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