Je me méfie d’Affi…

Jeudi 30 Janvier 2014 - 17:43


A droite Pascal Affi N'Guessan, président du FPI, lors d'une rencontre avec le RDR, parti au pouvoir
A droite Pascal Affi N'Guessan, président du FPI, lors d'une rencontre avec le RDR, parti au pouvoir
Sincères vœux à tous les dignes fils d’Afrique ; soyez toujours intraitables et incisifs, les temps y inclinent. Quant au camarade Affi qu’il prenne l’exacte mesure de ce refrain  : Je me méfie d’Affi, ainsi chantaient en chœur nos morts. Je me méfie d’Affi…Pourquoi cette sentence d’outre-tombe ? Il y avait dans ce troublant refrain comme une saine appréciation de la réalité. Je ne pouvais pas ne pas lui donner l’écho indiqué. Ces questionnements et contenus en restituent sans aucun doute le sens. Camarade, pourquoi as-tu déclaré que la libération de Gbagbo n’était pas un préalable ? Qu’est-ce qui te fait croire que tu peux en toute impunité découdre l’essentiel filet autour duquel s’agrège l’espoir des nôtres ? Pourquoi n’affirmes-tu  pas actuellement  que Gbagbo est le président élu de la Côte d’ivoire ? Qui t’a demandé de ne pas évoquer cette évidence ? Pourquoi ne dis-tu pas clairement que le parti et la majorité des ivoiriens s’opposent à la naturalisation indécente des criminels africains ? Qu’est-ce que cela te coûte et de quoi as-tu peur ? Pourquoi ne fais-tu pas clairement de la libération des 800 prisonniers politiques la condition de possibilité de tout dialogue avec le pouvoir ? Pourquoi ne fais-tu pas de la restitution des terres confisquées par les pro-Ouattara une des conditions de toute concertation avec l’homme venu d’ailleurs ? Pourquoi le retour des exilés ne semble pas t’inquiéter outre mesure ? Pourquoi tentes-tu de désorganiser la diaspora, porte-flambeau actuel de la lutte de libération ?  Camarade, le fait d’avoir fait la prison ne fait pas de toi un héros dont l’histoire récente serait effacée. Tu traînes encore les casseroles de Marcoussis et le désagréable parfum de traitrise qui à tort ou à raison lui est associé. Après le désastre au plan humain que notre pays a connu, il est inacceptable que toi le responsable du plus grand parti de Côte d’ivoire sur lequel les ivoiriens comptent, souvent faute de mieux,  vogue de légèreté en légèreté  et conforte la posture de nos ennemis. Camarade, on ne te demande pas d’être radical, tu n’en as certainement pas l’étoffe. Il est seulement question que tu affirmes haut et fort que Gbagbo a non seulement gagné les élections, mais qu’il a militairement défait toutes les troupes africaines venues en finir avec les FDS. Il ne peut pas être compliqué de rappeler ces incontestables évidences. Camarade, tu as trop de cartes pour affronter l’autre camp. Pourquoi t’ingénues-tu à faire comme si on avait échoué sur tous les plans et qu’on était prêt à tout accepter ? Camarade, la volonté d’aller à la soupe qu’on te prête ne doit pas être la boussole de tes délibérations. On a vaillamment lutté à l’extérieur pour ta libération parce qu’après tout tu es des nôtres. Pourquoi alors veux-tu nous le faire regretter ? Qui t’a dit que tu pouvais avoir un destin national sans la franche et explicite bénédiction du Woody ? Camarade, tu sembles trop pressé et tu oublies que ton parti recèle de calibres très épais à même de mieux faire face aux contingences actuelles, et cela en toute dignité. Tu sais, nos populations et militants ridiculisent très vite ceux qui font le lit des ennemis. Tu devras méditer le sort du président de Lider qui naïvement croyait son heure arrivée. Tu sais, malgré la précarité et les difficultés immédiates, les nôtres ont souvent la bonne intuition, celle relative au bien-être particulier et collectif. S’ils n’ont pas suivi le chef des étrangers, il est fort probable qu’ils refusent de suivre celui qui comme ce dernier veut brader la substance de la patrie. On ne te demande pas l’impossible, mais juste qu’en tant que président du FPI,  tu acceptes de te sacrifier pour  la Nation en péril. C’est le prix à payer pour quiconque accepte d’être à la tête d’un parti. Pourquoi faut-il que nos leaders croient pouvoir décoloniser le pays sans en payer le prix fort. Le pouvoir ne peut se limiter à la jouissance et autres délices superflus. Il s’articule autour  d’une ferme volonté de libérer le peuple par tous les moyens et sacrifices nécessaires. Il est vrai que vous avez choisi et réitéré, sans l’avis des militants meurtris, la volonté du parti à accéder au pouvoir par la voie des urnes.  Mais le problème ou le quiproquo c’est que personne ne vous demande d’accéder au pouvoir, mais de libérer effectivement la Côte d’ivoire. La situation ayant dramatiquement changé, aucun impératif ne vous obligeait à crier encore à la face du monde votre amour des urnes. C’est un amour hautement stérile qui agace au plus haut point les vrais libérateurs. Les algériens, les vietnamiens, les sud africains etc, ont choisi des voies plus adéquates. Votre apologie de la démocratie fait rire les fossoyeurs occidentaux. Les urnes comme la lutte aux mains nues ne font pas partie de l’arsenal des authentiques libérateurs. Elles apparaissent en période de guerre comme la cagoule des froussards. Camarade, tu ne gères pas un parti de couards. Alors, sois digne des attentes légitimes de ceux que le FPI a fait rêver. Détourne-toi rapidement des voies sans issue. Que notre camp cesse d’être le refuge des lâches-jouisseurs. L’époque est si farouche qu’on ne peut se payer le luxe d’être fébrile et inconséquent. Je me méfie d’Affi, ainsi chantaient en chœur nos morts…Je me méfie d’Affi…


Dr Oyissé, Suisse





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