Interview exclusive du président du Renouveau PDCI RDA France sur le cas de la Côte d’Ivoire ( Joel Ettien)

CIVOX.NET
Lundi 6 Mars 2017 - 18:38


 

Président du Renouveau du PDCI RDA France

Président du Comité de Crise du PDCI RDA France

» M. Ouattara n’aime pas les ivoiriens, les ivoiriens aussi ne le supportent plus »

A la faveur de ses différentes charges politiques et professionnelles, M. ETTIEN Joël ne passe pas inaperçu dans le paysage politique ivoirien en France. Journaliste, il est le Directeur de Publication de la grande chaîne de télévision, www.businessactuality.com et d’une société de transport. Depuis longtemps, l’ivoirien n’arrête pas de se battre politiquement pour que son pays, la  Côte d’Ivoire, s’illustre dans l’amour, la paix.

Il est le président du Renouveau du PDCI RDA France et tout récemment, il vient d’être désigné par ses pairs, président du Comité de Crise du PDCI RDA que dirigeait, M. Nestor Koffi, appelé à d’autres fonctions. Il a accepté de nous recevoir.

M. ETTIEN Joël, nous savons que vous êtes connu, mais pour une dernière fois, accepterez-vous de nous faire une brève présentation de vous?

– Joël ETTIEN: Je suis Joël ETTIEN. Je suis originaire du village d’Abongoua S/P D’Arrah dans le département de Bongouanou. Je suis journaliste et la force des choses m’a poussé à être leader politique ici.

Depuis quand vous êtes parti de votre pays, puisque certains pensent que vous êtes un exilé politique?

J.E: Je suis parti de mon pays en 1995. Au départ, c’était les USA, ensuite le Canada et enfin, en France depuis 1998. Je suis résident en France régularisé. Je ne suis pas un réfugié politique.

– Vous êtes journaliste politique et aujourd’hui, reconverti en homme politique, homme d’affaires, ça fait pas trop pour vous?

-J.E: (rire) son téléphone sonne. Il revient. Excusez moi pour l’interruption. Oui, je suis journaliste politique relié à la politique, donc ne soyez pas surpris de me voir en plein là dedans et pour les affaires, notre métier ne nourrissant pas son homme, pour faire bouillir la marmite, j’ai été obligé de me reconvertir voilà. Mais ne me voyez pas autoritaire, j’ai délégué des pouvoirs et je me donne le temps pour la réflexion.

– Du Renouveau du PDCI RDA, vous êtes désigné encore par vos pairs militants du même parti à la présidence du Comité de Crise du PDCI RDA France, ça ne fait pas trop pour vous?

J.E: En d’autre temps oui, pour ce que notre parti traverse comme crise, le tout se résume en un seul but, le combat. En plus, c’est avec l’aide des uns et des autres, que nous tenons la route. Je voudrais remercier mon ami Nestor Koffi, qui a cru en moi pour me proposer à ce poste et aux autres militants, leur confiance.

Vous avez été le représentant politique de KKB en France avec le Renouveau du PDCI RDA France, est ce à dire que c’est un parti dirigé par ce dernier?

J.E: Par qui?

– Par KKB

– J.E: Rectificatif!  Nous avons mis ce courant en place à la suite du thème du dernier congrès du parti: rajeunissement, rénovation et modernisation. Nous avons choisi, le renouveau. Nous avons voulu nous donner la parole pour agir entant que courant au sein du parti et comme KKB dont vous parlez, était assidu à cette période en Europe et opportuniste, il a sauté sur l’occasion et comme nous avons cru qu’il serait loyal, solidaire, honnête, patriote, avec son verbe et sa force d’autrefois, on a dit pourquoi pas ne pas se servir de ce courant pour le pousser à nous représenter au sein du parti. Et vous êtes sans ignorer de la fin, du combat. Non, KKB n’a rien avoir avec notre détermination. Il a été là au bon moment et quand le vent a soufflé, tout a soufflé. Ne revenons pas s’il vous plait sur cet ancien ami. Le verre s’est cassé et il n’y a plus d’eau. Nous ne dépendions de personne. Nous sommes autonomes. D’ailleurs, si vous savez que depuis, avant, pendant et après la campagne présidentielle, nous n’avons plus eu de ses nouvelles, vous n’allez pas me croire et pourtant, c’est la pure vérité. Celui qui m’ignore, je l’ignore. Je ne suis pas un employé ni un élève de KKB.

Sinon, si vous dites que le Renouveau est un courant, alors quels sont ses objectifs?

– J.E: J’apprécie cette question. Le bilan de notre parti est tout simplement désastreux, hilarant et catastrophique. Le parti est mort. Aucun militant ne s’y retrouve si ce n’est quelques militants au ventre mou et aux dents longues. Ce sont des suiveurs. Nous, au Renouveau, nous voulons apporter une vision nouvelle, un nouveau souffle, une nouvelle manière de militer. Le parti est bondé de cadres compétents, expérimentés et capables de diriger et dont le président Bédié et ses sbires empêchent d’évoluer. Nous prônons la tolérance, une nouvelle animation pour sensibiliser et recruter de nouveaux jeunes, créer les conditions d’un vrai dialogue, d’un échange d’idées. Nous voulons permettre à la jeunesse qui maîtrise les dernières technologies et l’outil informatique qui sont devenus des facteurs puissants de communication, de sensibilisation et de conquête du pouvoir, de venir mettre à la disposition de notre parti, ce capital de savoir. Enfin, nous en avons dans le ventre et nous allons donner les moyens de libérer le parti et le mettre en ordre de bataille.

Et vous pensez que la direction de votre parti, vous laissera faire?

J.E: Ecoutez, nous ne nous considérons pas comme des opposants à la direction. Le fait d’arrimer le parti à M. Ouattara, aucun militant n’est content. Le parti est bloqué. Si nous ne faisons rien pour les aider à demander pardon aux ivoiriens, ils le paieront cher. Donc, notre arrivée est pour moi, un pont pour les aider à traverser tous ces tors causés à la population. Je ne pense pas. Le président du Renouveau des USA, Emmanuel Katinan est allé au pays et j’avoue que nous sommes les pompiers du parti. Je disais que nous sommes un courant et dans tous les partis politiques, il existent des courants. Non, nous ne sommes pas des saboteurs, encore moins des poseurs de chaises et bâches pour les cérémonies.

– Ok. C’est quoi, le comité de crise?

-J.E: Comme son nom l’indique, c’est un creuset ouvert d’échanges, de réflexion. C’est un comité, quand le parti sera remis en ordre, il disparaîtra mais pour l’heure, il est nécessaire car en son sein, il y a des aînés et des membres du bureau politique.

Quel bilan faites-vous du mandat de M. Ouattara?

J.E: Oh là, bilan de M. Ouattara? Il a promis des nuages de milliards dont depuis plus de 10 ans, aucune goutte n’est tombée sur le sol aride ivoirien. Donc, il a menti. Il a proféré de la malédiction sur les vrais pouvoirs qu’il a réussi à renverser par le biais de ses amis, tous tombés d’ailleurs, voilà, il reçoit des gouttes sur son propre nez. Il voulait un pays ingouvernable,  il l’a et il s’est bloqué. La seule chose qu’il a réussi, c’est de chasser les ivoiriens de leur pays, de leur terre, de les tuer, les emprisonner et s’ériger en un monarque dans une grande république comme la nôtre. Il a déçu, alors qu’il s’en aille pour nous permettre de remettre les choses en place. La Côte d’Ivoire est tombée, les ivoiriens ne savent plus où mettre de la tête. Ayons le courage de lui dire qu’il a échoué et de partir. Voilà, un président, son peuple est dans les rues, l’administration au point mort, l’école détruite, les hôpitaux devenus des mouroirs, la tension sociale grimpe sans cesse et sa côte de popularité inexistante, qui passe tout son temps, à brader les ressources du pays et qui se mue dans un silence. Où allons-nous avec lui? M. Ouattara n’aime pas les ivoiriens et les ivoiriens aussi, ne le portent plus dans leur cœur. Ils ne le supportent plus, la seule sauce, c’est son départ.

Quelles sont vos priorités?

-J.E: Elles sont nombreuses. Nous sommes représentés dans toute l’Europe et aux USA. Nous nous consultons sans cesse et je voudrais remercier mes amis, qui, souvent vilipendés, mais tiennent les coups.

Nous voulons rajeunir le parti. Mettre toutes les forces en confiance pour repartir sur de nouvelles bases. Quelque soit la force d’un arbre fruitier, s’il n’a pas d’eau comment peut-il donner des fruits? Le parti est devenu sec et ne produit plus.

Vous savez que, quand le PDCI RDA a mal au ventre tous les ivoiriens, ont la diarrhée?

Nous voulons aussi que les ivoiriens pardonnent au parti tous ces manquements graves qui ternissent notre image. Nous demandons à tous de s’impliquer dans le combat contre l’injustice que M. Ouattara a érigé en mode gouvernance. La libération de tous les prisonniers politiques, militaires, le retour des exilés, la restitution des biens à leurs propriétaires, ne doit pas être l’affaire du FPI seul. Je demande à tous les militants et cadres du parti à s’y impliquer, le faisant, c’est nous rendre un grand service.

C’est le PDCI RDA seul qui peut réconcilier tous les ivoiriens et je mets quiconque au défi de nous prouver le contraire. Patientez et vous verrez.

Qui peut prétendre gouverner, un pays en ruine où chaque jour, on prend des fusils pour réclamer des dus? L’insécurité et tout ce qu’on n’a jamais imaginé et qui nous tombe dessus par la faute de M. Ouattara, le PDCI RDA doit s’investir parce que ceux qui souffrent et qui sont des frères et sœurs ivoiriens, doivent connaître des jours heureux et ne rien dire et faire, veut dire que nous sommes coupables, je dis non.

Nous voulons que tous ceux qui ont été exclus, on ne sait pour quelle raison, reviennent à la maison. Si nous aidons à rétablir la justice, l’ordre suivra.

Noua allons aussi, initier des conférences, des rencontres, enfin pour un parti malade comme le nôtre, tout est à refaire et nous allons tout refaire.

Quel sort sera réservé au président Bédié?

– J.E: Quel sort? Nous voulons rétablir la justice. Si nous devons passer tout notre temps à faire des règlements de compte comme fait M. Ouattara, on ne s’en sortira jamais. Pour nous, le président a fait son temps. Il a de l’expérience, de la sagesse, il sera notre bibliothèque où nous irons puiser du savoir. Je rassure tout le monde. Nous ne voulons pas qu’il lui arrive quoi ce que ce soit. Il n’a pas été dans la raison, il comprendra de lui même, un jour, les méfaits de ses actes.

L’an 2020 commence maintenant, que comptez-vous faire?

– J.E: Dans un tel climat de méfiance, de terreur qui peut faire quoi? Aidons à faire revenir la paix et si c’est pour des stratégies, le PDCI RDA est un réservoir plein d’intelligence, de volonté, d’expériences.

 

Interview réalisée à Paris par Silué T.
 

https://businessactuality.com/2017/03/04/interview-exclusive-du-president-du-pdci-rda-france-sur-le-cas-de-la-cote-divoire/





Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact




 

Les Filles de Saïoua au Palais de Congrès de Montreuil (France) le samedi 16 décembre 2017