Interview ZAP KRASSO : « C’est tous unis, que nous réussirons à libérer Blé Goudé ».

Depuis quelques temps, une polémique, liée au voyage à Abidjan du Représentant du Cojep en Angleterre, Patrice Kouté, a éclaté au sein du Cojep. M. Zap Krasso, le Représentant du parti en France, joint au téléphone, parle de la crise tout en proposant sa recette pour juguler celle-ci.

Mercredi 19 Février 2014 - 04:00


Zap Krasso, Représentant du COJEP en France
Zap Krasso, Représentant du COJEP en France
Vous étiez annoncé avec Patrice Kouté à Abidjan pour une mission que vous vous étiez assignés. Il est finalement arrivé seul. Et vos camarades vous accusent même de trahison. Que se passe t-il réellement au sein du Cojep ?

ZAP KRASSO : Effectivement, nous avons été informés par le camarade Patrice Kouté de cette mission, et de par ses obligations en tant que président du Conseil Europe du Cojep, il nous a demandé de le rejoindre. Nous avons estimé que les conditions de négociation de ce projet de mission et sa finalité ne rentraient pas dans notre préoccupation. Nous lui avons expliqué que la direction nationale n'étant pas prévenue de notre participation à la manifestation organisée par le camarade Zady Djédjé, ce serait manquer de discipline que de nous y associer. Et cela, après avoir signifié au camarade, le caractère précipité de la mission.

Mais, il y a peu, vous annonciez pourtant dans ces mêmes colonnes, votre arrivée à Abidjan pour négocier avec le gouvernement la libération de Charles Blé Goudé.

Z.K. : Oui, à la représentation du Cojep France, nous avions annoncé, il y a de cela deux mois, notre intention de nous rendre à Abidjan pour convaincre nos camarades du bureau intérimaire, de la nécessité d'entamer un dialogue avec le pouvoir pour non seulement nous enquérir des conditions de vie de notre leader Charles Blé Goudé, mais aussi, négocier sa libération. Mais vu que les conditions n'étaient pas remplies, nous avons sagement refusé de nous rendre à Abidjan pour l'instant.

Que doit-on entendre par « les conditions n’étaient pas remplies »?

Z.K. : Il faut savoir que tout s’obtient par la négociation. Et il faut qu'en notre sein, nous nous entendions déjà sur l'essentiel. Il faut discuter avec les camardes du bureau national ; c'est à eux que revient la lourde tâche de diriger le Cojep dans ce contexte difficile. Nous leur devons reconnaissance. Mais nous disons que nous, responsables et militants du Cojep de la diaspora, avons aussi le devoir de les aider avec nos idées et propositions. Après avoir fait le constat que toutes les pistes explorées jusque là, ont atteint leurs limites, l'étape qui s'impose à nous aujourd’hui, même si elle est risquée, est celle de la négociation. Mais cette étape doit avoir l'agrément de tous et être mise en œuvre de façon officielle. D'ailleurs, nous constatons que toutes les chapelles politiques sont en ce moment, à fond dans les négociations avec le pouvoir à part bien sûr le Cojep. Il faut briser dès à présent le complexe du martyr qu'affiche nos camarades d'Abidjan et aller immédiatement au dialogue.


Est-ce cela qui explique que certains agissent en loup solitaire?

Z.K. : Justement, parce qu’il nous manque une vision claire du règlement de cette crise. Notre président, Charles Blé Goudé, faut-il le rappeler, est dans les geôles du pouvoir. Il nous appartient donc à nous les membres de sa famille politique d'établir un programme d'action. Mais nous n'en avons pas. Et ceux qui prennent sur eux l’initiative d'agir, sont frappés de suspicion et de compromission avec le pouvoir. Ils sont vilipendés ou bannis. Dès lors qu'un des nôtres approche ou parle d'approcher le pouvoir, il est accusé d’avoir trahi la cause. Ce n'est pas de cette façon qu'on gère les hommes dont on a la responsabilité. Quelle enveloppe d'argent Ahmed Bakayoko peut-il donner à quelqu’un, au point de vendre son âme ? Quelle vie cela pourrait changer ? Celui qui s'en laisse berner, n'est pas un homme de conviction. Pour demander la libération de Charles Blé Goudé, il n'est point besoin de se morfondre dans les querelles inutiles. Éteignons d'abord le feu. Peu importe la manière et la qualité de l’eau utilisée et après, nous réglerons nos problèmes en interne. C'est pourquoi nous en appelons au bon sens de chacun d'entre nous pour nous dévêtir de l'extrémisme. Nous plaidons l'indulgence pour nos camarades qui ont osé prendre des initiatives solitaires. Il faut tout simplement les recadrer et avancer. Nul n'a le monopole des solutions idoines pour la libération de Charles Blé Goudé. Il ne faut accabler, ni Patrice Kouté, ni Joel Potey, même si on trouve qu’ils ont été maladroits dans leur démarche.

Un appel à lancer ?

Z.K. : Oui ! Nous appelons tous nos camarades, tous nos militants au calme. Nous n'avons pas à faire le lit de nos ennemis avec nos querelles intestines. Il faut que nous fassions preuve de beaucoup de sagesse. Que nous ayons à cœur que notre leader, Charles Blé Goudé, est en mauvaise posture. Nous avons besoin qu'il nous retrouve au plus tôt. A cette seule idée, nous avons l'obligation de nous démarquer de nos orgueils, cultiver l'esprit de tolérance et de pardon pour aller à l'essentiel. Afin que tous ensemble, nous concourions à sa libération. Ce n'est qu'ainsi que nous aurons le sentiment du devoir accompli le jour où Charles Blé Goudé sortira de prison. « Les mots comme les actes sont de simples cailloux, à nous de reconnaître les pierres précieuses ». a dit le chanteur français, Claude Nougaro. A nous de transformer nos errements, nos hésitations, nos humeurs en force de travail par la tolérance. J'allais dire en pierres précieuses. Cela nous servira.

Entretien téléphonique réalisé par MYRIAM BAYOKO in AUJOURDHUI du 19/02/2014




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