Interview/ Pascal LOGBO (président du NPR): "La pétition pour GBAGBO ne doit pas être une affaire d'Africains..."

Attendu à Abidjan pour le Congrès de la jeunesse, Pascal Logbo, président du Nouveau Parti pour le Rassemblement (NPR), aborde le sujet. Non sans analyser, entre autre, le procès Gbagbo et la révision constitutionnelle en Côte d'Ivoire.

Lundi 4 Juillet 2016 - 23:05


Pascal Logbo, président du NPR
Pascal Logbo, président du NPR


La diaspora est-elle toujours mobilisée autour du procès de Gbagbo ?

Je peux vous rassurer que la diaspora reste toujours mobilisée autour du procès du président Laurent Gbagbo. La diaspora reste mobilisée, à Paris, à la Haye et sur les réseaux sociaux pour la libération du président Gbagbo. Il faut cependant reconnaître que cette mobilisation a baissé en intensité pour diverses raisons . C'est pourquoi je voudrais saisir cette occasion pour lancer un appel à la mobilisation des patriotes, afin que nous reprenions, très nombreux, le chemin de la Haye. J'exhorte par ailleurs les différents leaders d'Assiciations de parti politiques présent au sein de la diaspora à travailler dans le sens de cette mobilisation. Nous devons rester debout et mobilisés jusqu'à ce que le président Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé soient libérés.


Comment s’organise en France la signature de la pétition pour la libération de Gbagbo ?


En France, la signature de la pétition pour la libération du président Gbagbo se fait pour le moment par internet. En dehors des sensibilisations individuelles qui on lieu par mail ou SMS , il n'y a pas encore d'organisation particulière autour de cette action. Et je pense que cela se fera des les jours à venir, vu l'importance de cette action. Car il faut que ceux qui ne peuvent pas signer cette pétition sur internet puissent le faire sur du papier, étant donné qu'il faut réunir le maximum de signatures possibles à travers le monde. Chacun de nous doit se lancer dans la sensibilisation des européens, des africains, des américains, des asiatiques pour qu'ils signent cette pétition qui doit avoir une coloration planétaire et non uniquement africaine ou ivoirienne.


Quelle est votre opinion sur les audiences à huis clos, décidé par le juge-président ?


L'argument avancé pour décider de ces audiences à huis clos a été la publication des noms de certains témoins, qui mettrait en mal la protection dont ils doivent bénéficier. Mais que la CPI nous disent qui est responsable de cette publication des noms des témoins. C'est elle qui est responsable de la protection du secret de l'identité des témoins. Si leurs identités sont révelées par la suite, c'est la CPI qui est fautive en ne prenant pas toutes les dispositions adéquates pour l'empêcher. Pourquoi veut-elle donc imputer ses propres fautes aux autres en prenant une telle décision qui ne sert pas la cause de la vérité et de la justice. Le monde a besoin de suivre ce procès en audience public , afin que chacun s'en fasse une opinion objective. Mais nous constatons que trop de vérités ont déjà été dites à ce procès et la CPI a honte que le monde se rende effectivement compte de cette mascarade judiciaire qu'elle continue d'orchestrer. Nous posons la question de savoir de quelle protection jouissent ces témoins ivoiriens et européens, qui ont fait le choix libre de témoigner à visage découvert, sans que la CPI n'y trouve un quelconque inconvénient, et pourquoi les autres témoins dont les identités ont été révélées ne jouiraient pas de cette même protection  ?. Sam l'Africain a témoigné à visage découvert. Depuis son retour de la Haye, il circule librement dans tout le pays, sans être inquiété. Alors nous sommes contre ces audiences à huis clos fondées sur le fallacieux prétexte du principe du secret de l'identité des témoins.



Après Sam l’Africain, Joël N’Guessan, porte-parole du Rdr, témoigne en ce moment à charge contre Gbagbo. Avez-vous des appréhensions ?


C'est que je viens de dire, ces témoignages à visage découvert sont la preuve que tous les témoins doivent jouir d'une égale protection. Joel N'Guessan est en mission de diabolisation du président Gbagbo . Mais nous attendons qu'il finisse son témoignage pour mieux en juger.

 Il se murmure que l’antichambre de la Cpi grouille de témoins « importants » à charge contre Gbagbo. Avez-vous l’information et éventuellement une idée de ces personnes ?


Je n'en ai aucune information, je n'ai donc aucune idée de ces personnes. Mais il faut reconnaître que dans le camp de Gbagbo, certains avaient été contraints dès le début de s'inscrire sur la liste des témoins à charge. Mais avec le temps écoulé, avec le recul, passé l'effet de la contrainte et des grands moments de peur, il ne sera pas surprenant de savoir que leurs témoignages seront plutôt à décharge.


Comment le procès de Gbagbo est-il perçu dans les milieux politiques français


Je ne suis pas du milieu politique français, je ne saurais vous dire exactement la perception qui en découle. Mais je pense que ce sont des hommes et des femmes en possession de toutes leurs facultés, qui savent que Gbagbo n'a pas sa place à la CPI, qu'il a été diabolisé pour y être conduit. L'affaire du bombardement du camp français de Bouaké en est une preuve.


Un commentaire sur le procès de Simone Gbagbo qui, certainement, vous intéresse…


Le procès de Simone Gbagbo n'est que la poursuite en terre ivoirienne de la mascarade judiciaire qui a cour à la CPI. Je ne comprends toujours pas le sens de tout cet acharnement contre Simone Gbagbo. La justice des vainqueurs ne veut pas voir Simone Gbagbo en liberté. Car sa libération pourrait donner un nouveau souffle au Front populaire ivoirien. A ce sujet nous voulons dire au président Ouattara que la démocratie ne s'accommode pas de prisonniers politiques. Qu'il libère donc tous ces prisonniers politiques qui croupissent dans les geôles depuis plus de 5 ans , sans procès, pour la majorité d'entre eux.



Vous êtes annoncé à Abidjan pour le 18 août 2016, pour participer au congrès de la JNPR(Jeunesse du NPR), votre parti. Confirmez-vous cela ?


Oui, effectivement, Je serai à Abidjan dans le mois d'Août pour le Congrès de la jeunesse de notre Parti qui se tiendra précisément le 20 août à Dabou. Nous voulons davantage réorganiser et galvaniser notre jeunesse à l'occasion de ce Congrès qui sera aussi une tribune qui nous permettra de nous adresser à la jeunesse de Côte d'ivoire.


Quel sens donnez-vous à ce rendez-vous politique ? Et pourquoi le choix de Dabou pour l’abriter ?


Je viens de le dire, ce Congrès nous permettra d'organiser et de galvaniser la Jeunesse de notre parti. Par-delà notre jeunesse de Parti, nous nous adresserons à la jeunesse de Côte d'Ivoire. Ce rendez- vous politique n'a pas un autre sens que politique , en entrant dans le cadre de la vie et de la dynamisation de notre parti.
En avril 2014, nous avons organisé notre premier Congrès à Abidjan, en Août 2015 nous y avons également organisé notre première Convention. Nous faisons cette fois-ci le choix de Dabou pour porter la voix du NPR en dehors d'Abidjan. Car nous sommes un jeune Parti qui a besoin de se faire connaître sur toute l'étendue du territoire. Nous avons aussi fait ce choix de Dabou parce que nous y comptons de nombreux militants très engagés que nous avons décidé d'encourager et d'honorer par cet événement.


Votre parti participera-t-il aux élections législatives de novembre ?


Notre Parti compte participer au législatives de novembre, si les conditions de transparence et de sécurité sont réunies, bien sûr. La voix de l'opposition doit se faire entendre à l'Assemblée Nationale. Nous ne devons pas être absents des grands débats parlementaires qui touchent à la vie de la Nation. Notre pays n'a pas besoin d'un parlement RHDP monocorde devant nous imposer sa vision et ses lois. Sur ce sujet, nous voulons dire aux extrémistes de gauche qu'il n'y a aucune trahison à participer à des élections législatives, étant donné que la présence de la gauche à hémicycle ne signifie pas un renoncement à lutte démocratique dans laquelle nous sommes engagées et à nos revendications nées des conséquences du coup d'Etat du 11 avril 2011. Si nous avons fait le choix de faire la politique et de mener la lutte de façon démocratique, nous devons en saisir les armes, dont fait partie la députation. C'est pour nous une question de logique. Aucune autre alternative démocratique ne s'offre à nous en dehors de cette voie. Le président Laurent Gbagbo l'avait bien compris en 1995, quand après avoir boycotté l'élection présidentielle, qui ne réunissait pas toutes les conditions démocratiques et transparentes, il a engagé son parti dans la voie des législatives, afin que la voix de l'opposition soit audible au sein du parlement. En 2016, nous nous retrouvons dans le même schéma qu'en 1995. Et nous pensons que les extrémistes devraient comprendre cette leçon démocratique du président Laurent Gbagbo. Il y a des localités qui constituent des bastions traditionnels de la gauche. Et nous pensons que dans ces localités, la gauche doit avoir des candidats.


Quelle est la position du Npr sur la révision constitutionnelle ?


La Constitution du 1er août 2000 intègre le principe de sa propre révision et en définit clairement les conditions. Jusqu'ici nous pensons que ces conditions ne sont pas encore violées. Nous n'entrerons donc pas dans la polémique de l'opportunité de cette révision. Car la question de l'opportunité ne fait pas partie des conditions prévues par la Constitution. Nous pensons que la gauche doit s'organiser le plus tôt possible pour adopter une position commune sur cette révision et faire campagne en fonction de celle-ci. Nous ne devons pas laisser le RHDP nous imposer une Constitution taillée à sa convenance, vu les enjeux de souveraineté, de démocratie et de droit de l'homme que soulève certainement cette révision constitutionnelle. Nous devons sensibiliser et mobiliser les ivoiriens à voter dans le sens que nous auront décidé. Nous jugeons cela capital et responsable. Nous devons aller à ce référendum pour exprimer la voix du Oui ou du Non, et veiller à ce que le résultat sorti des urnes soit respecté. Toute autre posture serait suicidaire pour nous.




Questions proposées par Tché Bi Tché (Le Temps) 47232941/05641405/40007202 tbt552@yahoo.fr NB : Prière compléter si possible les questions.

 

 


Interview réalisée via le Net par
Tché Bi Tché (Le Temps)
tbt552@yahoo.fr





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