Interview/ Miaka Ouretto président par intérim du FPI : « Il faut libérer tous les prisonniers politiques »

Mardi 21 Mai 2013 - 07:03


Interview/ Miaka Ouretto président par intérim du FPI : « Il faut libérer tous les prisonniers politiques »
Notre Voie : Vous venez de rendre une visite au président Affi N’Guessan et à Moïse Lida Kouassi. Qu’est-ce qu’on retient de cette rencontre ?

Sylvain Miaka Ouréto : Vous me donnez l’occasion d’exposer de façon globale et générale, l’objectif de notre visite dans le Zanzan. Nous la plaçons sur deux plans : un plan affectif et un plan politique. Parce nous sommes des hommes politiques. Au plan affectif, nous avons eu un décès. Nous avons perdu un de nos grands militants dans la sous-préfecture de Koun-Fao. Et son enterrement c’est ce samedi (ndlr samedi 18 mai). Il fallait que nous venions apporter la compassion et le message de réconfort du parti à ses parents et aux camarades militants qui sont sur place. C’est ce que nous avons fait. Au plan affectif aussi, nous sommes venus saluer nos camarades en prison à Bouna, avec à leur tête, le président de notre parti, le Premier ministre Pascal Affi NGuessan. Cela fait déjà deux ans que nous n’avons pas eu l’occasion de les saluer, parce qu’on nous refusait les permis de communiquer. Maintenant que l’occasion nous a été donnée, il fallait venir voir de visu, comment ils se portent, même si la presse nous rapporte de temps en temps, qu’ils se portent bien. Et je voudrais vous dire tout de suite que nous les avons vus. Ils se portent bien. Tant sur le plan physique que sur le plan moral. Et cela nous réconforte beaucoup. Au plan politique, il s’agissait d’échanger avec les camarades. Ils suivent l’actualité c’est vrai, mais notre pays a vécu une situation des plus difficiles. Et il est indiqué, me semble-t-il, que de temps en temps, les responsables politiques que nous sommes, à divers niveaux, que nous nous retrouvons. Pour échanger sur l’avenir de la Côte d’Ivoire. Et nous avons pensé à l’avenir de la Côte d’Ivoire. Nous avons trouvé des militants vraiment d’exception. Parce que, être dans ce genre de situation, dans un contexte aussi difficile et garder sa réflexion intacte, ce n’est pas donné à tout le monde. Nous avons vu le président Affi pimpant, avec ses idées novatrices et généreuses que nous connaissons tous. Et le ministre Lida. Tous deux ont chanté à l’unisson, la paix et la réconciliation en Côte d’Ivoire. Notre pays a connu des problèmes difficiles. Et nous avons toujours l’habitude de dire que ce n’est pas parce que la langue et les dents cohabitent, que tu arrives de temps en temps à te mordre la langue, que tu vas prendre un marteau pour t’arracher toutes les dents. Non. C’est ça l’image de la Côte d’Ivoire. Nous sommes des ivoiriens, nous sommes des hommes avec nos faiblesses, avec nos forces. Donc il peut arriver des moments où nous fassions des erreurs. Il faut que nous apprenions à nous pardonner les uns les autres. C’est pour cela que je voudrais saisir cette tribune que vous me donnez pour lancer un message aux plus hautes autorités de ce pays. Pour leur dire que la Côte d’Ivoire souffre. Et que ce qui vient de se passer aujourd’hui à Bouna ne soit pas un rêve d’une nuit. Que ce ne soit pas un acte isolé pour faire plaisir à une opinion. Mais que ce soit le début et le départ d’une réelle volonté politique d’amener la Côte d’Ivoire à la paix et à la réconciliation. Les ivoiriens souffrent et nous en avons tous besoin.

N.V. : Est-ce qu’ils vous ont posé aussi la question de leur jugement ?

S.M.O. : Leur jugement ? Nous ne sommes pas venus pour rentrer dans ces détails de justice. Ce que nous souhaitons, quand nous parlons de retour à la paix, il faut qu’effectivement, la procédure soit accélérée et que ces hauts cadres et ces hauts serviteurs de l’Etat qui vivent dans les conditions aussi difficiles puissent retrouver la liberté pour qu’ensemble, dans une synergie fraternelle, nous puissions sortir la Côte d’Ivoire de la crise. Nous avons, nous au Front populaire ivoirien, toujours identifié les grands dossiers du moment. Parce que nous estimons que les soucis du peuple de Côte d’Ivoire sont nos soucis. Nous avons posé le problème d’une amnistie générale pour que tous les prisonniers, tous ceux qui sont en exil, à qui on reproche d’avoir commis quelques actes que se soit, que tous ceux-là puissent rentrer dans la confiance et dans la sécurité pour qu’ensemble, on réfléchisse aux grands problèmes de notre pays. Qu’on nous comprenne bien, nous disons qu’il faut libérer tous les prisonniers politiques dans le cadre d’une amnistie générale.

N.V. : Vous croyez en l’amnistie ?

S.M.O. : Je ne peux pas ne pas y croire. Je suis optimiste de nature et je dis que c’est Dieu qui nous guide. Cela fait deux ans. Et on n’a pas eu l’occasion de rendre visite à Affi Nguessan et aux autres. Et aujourd’hui, la porte nous a été ouverte. J’en profite pour saluer les autorités. Parce que nous sommes à notre troisième jour de visite dans le Zanzan, partout où nous passons, ce sont des policiers qui nous accompagnent pour assurer notre sécurité. Ça veut dire que l’ordre est venu de là-haut. Je suis sûr que monsieur le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur a mis la grande batterie. C’est ce que nous souhaitons. Donc s’il met la grande batterie, ça veut dire que derrière lui-même, c’est quelqu’un qui l’a regardé positivement. Il faut que ces gestes positifs, fraternels puissent continuer. Je le dis et je le répète, nous sommes des frères. Nous n’avons pas le droit de nous regarder en chiens de faïence, de nous haïr les uns les autres pour tirer la Côte d’Ivoire vers le bas. Au contraire, il faut qu’on soit ensemble pour tirer la Côte d’Ivoire vers le haut.

N.V. : C’est la première visite ?

S.M.O. : Oui c’est la toute première visite. Parce que jusque-là, les permis de communiquer nous ont été refusés. Je voudrais aussi en profiter pour saluer le ministre chargé des Libertés publiques et de la Justice qui a réagi avec promptitude et qui a donné des instructions au Procureur de la République pour que tout se passe bien.

N.V. : Vous sortez avec quel état d’esprit de cette visite ?

S.M.O. : Je suis optimiste. Je regarde l’avenir de mon pays avec beaucoup d’optimisme. Parce que je le dis, si aujourd’hui, nous en sommes à Bouna pour rendre visite à nos camarades, ça veut dire que la voie commence à s’ouvrir.

Propos recueillis par
Boga Sivori





Publié le mardi 21 mai 2013  |  Notre Voie




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