Interview/ Le Président du NPR, Pascal Logbo, rompt le silence: "Nous sommes par principe opposés à une nouvelle loi d'amnistie en Côte d'Ivoire"."J'appelle toutes les forces vives à se rendre massivement à La Haye."

Dans une interview accordée au journal Ivoire vision, le président du NPR (Nouveau Parti pour le Rassemblement), ex-COPACI, se prononce sur l'actualité politique ivoirienne. Sa dernière mission en Afrique, la loi d'amnistie demandée par le FPI, la CPI, l'audience de confirmation ou d'infirmation des charges contre le Président Gbagbo prévue pour le 19 février, sont autant de sujets que leader du NPR aborde sans faut-fuyant. Civox publie pour ses lecteurs l'intégralité de cette interview-vérités.

Samedi 16 Février 2013 - 00:40


Interview/ Le Président du NPR, Pascal Logbo, rompt le silence: "Nous sommes par principe opposés à une nouvelle loi d'amnistie en Côte d'Ivoire"."J'appelle toutes les forces vives à se rendre massivement à La Haye."

Monsieur Blaise Pascal Logbo bonjour. Vous revenez d’un long voyage qui vous a conduit auprès des ivoiriens de la diaspora et surtout des réfugiés qui sont aujourd’hui au Ghana, au Togo, et au Bénin, quels enseignements tirez-vous de ce voyage ?

Blaise Pascal Logbo: Mon voyage dans la sous-région a été très enrichissant. J’ai pu me rendre compte de la réalité  de ce que tout le monde  croit savoir : les conditions déplorables dans lesquelles vivent nos concitoyens dans la sous-région. Je condamne le fait que le HCR (Haut Commassariat des Nations unis pour les refugiés) ait totalement abandonné le réfugiés ivoiriens dont ils ont la responsabilité, principalement ceux du camp d'Avepozo  à Lomé, en les  laissant livrés à eux-mêmes, sans nourriture et sans soin. Le HCR doit respecter les droits des refugiés en appliquant les conventions internationales qui les protègent.
Je saisis cette opportunité pour lancer un appel en faveur de nos frères, tout en saluant le travail déjà accompli dans ce sens par diverses  organisations qui s’intéressent à cette question. Sur le plan politique, ma visite a coïncidé avec une situation déplorable que je condamne, l’extradition arbitraire du Président du COJEP, le Ministre Charles Blé Goudé. Cette situation a rendu les choses quelque peu délicates, mais dans l’ensemble, tout s’est bien passé ; le séjour dans la sous-région a été enrichissant.
Le 17 janvier 2013 depuis Accra au Ghana, le ministre Charles Blé Goudé a été arrêté, puis extradé dans des conditions non encore élucidées. Tout récemment, le Commandant Abéhi et Jean Yves Digbopieu ont été extradés en Côte d’ivoire. Qu’est ce que cela vous inspire ?

B-P Logbo: Les arrestations et extraditions donnent l’impression d’expéditions punitives. Cette chasse à l’homme nous donne a assister à une véritable justice des vainqueurs. Pendant que l’on exalte le prétexte de la réconciliation,  le spectre de la terreur et de la vengeance aveugle prédomine. La Côte d’ivoire ne se réconciliera pas de cette façon. Cette situation ne pourrait qu’engendrer ressentiments, rancœurs et esprit de vengeance.

Le processus de réconciliation a-t-il du plomb dans l’aile face aux arrestations et détentions des dignitaires de l’ex-parti au pouvoir ?

B.P Logbo: Le processus de réconciliation, en l'occurrence, vous conviendrez, rencontrera difficilement l’adhésion des populations, qui sont aujourd’hui habitées et inhibées par la peur. Il est certain qu’elles  vont feindre d’adhérer au principe, mais dans l’esprit et la réalité cela me semblera difficile. Comment reconcilier les ivoiriens sans régler les causes des amertumes ressenties de part et d'autre, sans se pardonner mutuellement, en dépit des torts subis?

Tout récemment, le Ministre Ahmed Bakayoko a reçu une délégation du FPI qui lui a soumis un certain nombre de doléances parmi lesquelles , la libération de tous les prisonniers politiques. Il ont surtout posé la nécessité d’une discussion entre le Président Laurent Gbagbo et le Président Alassane Dramane Ouattara, préalable à un climat politique apaisé ; chose qui n’a pas reçu d’écho favorable auprès du pouvoir en place , qui a souligné que la réconciliation ne pourrait occulter l’idée de justice. Mais au rythme et à l’allure où se déroulent les choses, n’avez-vous pas l’impression d’assister à une justice des vainqueurs ?


B.P Logbo: Je l'ai déja dit, nous assistons à une vériatble justice des vainqueurs. Pour qu’il y ait conflit, les acteurs doivent être pluriels. Dans le cas d’espèce qui nous concerne, le pouvoir en place n’est pas du tout exempt de tout reproche s’agissant de la situation qui prévaut,  et de la crise politique que nous connaissons  en Côte d’ivoire depuis le 19 septembre 2002.
2011 ne pourrait occulter tout ce qui a précédé avec pour fait générateur le coup d’état manqué du 19 septembre 2002, situation dans laquelle, bon nombre de protagonistes et acteurs principaux aujourd’hui aux  affaires en Côte d’ivoire, ont pris une part prépondérante. Cela, nous ne saurions l’occulter.
Si la justice doit être le fondement de la réconciliation en Côte d'Ivoire, comme le souligne le pouvoir actuel, alors le NPR soutient qu'elle doit s'appliquer dans toute sa rigueur et non dans la complaisance en s'acharnant exclusivement sur des adversaires politiques. On ne peut pas prétendre réconcilier les ivoiriens en activant en permanence les frustrations.

Le 19 février 2013, se tiendra l’audience de confirmation des charges à La HAYE. Vous qui avez initié ce processus de soutien au Président Gbagbo, quel appel voudriez-vous lancer aux ivoiriens pour ce jour historique ?


B.P Logbo: -Je souligne tout d’abord que cette audience relève  plus de la politique que du domaine du droit. Depuis le début, nous constatons que ce n’est pas le droit qui se dit, mais l’esprit et l’idée sous-jacents démontrent que cette Cour Pénale, supposée « internationale »,  est aux mains des nantis de ce monde et dirigée contre les plus faibles. Nous devons pour cela former un front pour interpeller tout le monde face à l’ambigüité de cette Cour, et surtout informer, éclairer davantage  sur les dessous de cette crise, de même que  les motivations de l’arrestation du Président Laurent Gbagbo. C’est pourquoi, ayant perçu ce qui se tramait, nous avons saisi la Cour Pénale Internationale, qui ne peut absoudre la période allant du 19 septembre 2002 à novembre 2010. Encore une fois, j’appelle toutes les forces vives, tous ceux qui sont contre le diktat de l’impérialisme véreux à se rendre massivement à la Haye afin de soutenir le FPI, le Président Laurent Gbagbo, la Côte d’ivoire, et l’Afrique digne qui aspire à une véritable indépendance. Nous devons encore une fois être très nombreux lors de cette audience, tout en espérant que la vérité triomphe sur le mensonge et que la justice reprenne tous ses droits.

Avec votre formation politique le NPR (Nouveau Parti Pour le Rassemblement), vous envisagez de vous rendre en Côte d’ivoire pour votre premier congrès. La situation qui prévaut en ce moment en Côte d’ivoire n’est-elle pas inquiétante pour votre sécurité ?

B.P Logbo: J’ai décidé de faire la politique en me mettant au service de la Côte d’ivoire, et la politique rime avec le risque. En tant qu’ivoirien, j’espère un devenir meilleur pour ma nation, et je pense que tous les fils et toutes les filles de la Cote d’ivoire, porteurs d’un projet politique noble pour leur pays, doivent participer à la construction de cette superstructure, cette œuvre commune  qu’est la nation ivoirienne. Avec mon parti le NPR, nous serons bientôt à Abidjan , pour la tenue de notre premier Congrès. Nous descendrons dans l’arène politique, afin  de nous adresser au peuple de Côte d’ivoire. C’est pour nous un impératif, mais aussi une nécessité vitale pour notre nation. C’est pourquoi, en dépit du climat délétère qui subsiste en ce moment, nous pensons que la quiétude gagnera bientôt les esprits et que le ministre de l’intérieur assurera notre sécurité pour que nous descendions dans l’arène politique et nous adresser au peuple de Côte d’ivoire.

Que pensez-vous de la demande d’amnistie faite par le FPI auprès du pouvoir en place?

B.P Logbo: Nous ne saurions adhérer au principe de l’amnistie, cela préconiserait une certaine impunité. Depuis le déclenchement de la crise sociopolitique en 2002, nous allons d’amnistie en absolution, chose qui a cédé la place aux nombreuses tueries et à une spirale de la violence et de l’impunité que nous condamnons par ailleurs, quels que soient les raisons qui ont conduit à commettre de tels actes. Nous demandons que tous ceux qui ont commis des actes délictueux soient condamnés, sans distinction aucune afin de faire triompher le règne de la loi sur les passions aveugles et arbitraires. Les exigences d'un Etat de droit ne sauraient s'accomoder avec un droit à l'impunité qu'offre l'amnistie. C'est cette position de principe que mon parti défend. Le FPI, en mon sens, pourrait se discréditer et jetter le soupçon sur ceux qui sont illégalement détenus, en faisant planer sur eux une présomption de culpabilité. A une semaine de l’audience de confirmation ou d'infirmation des charges, cette attitude me semble hérétique et dangereuse et sans grand relief. Par-delà notre position de principe sur la question de principe, ne pouvons comprendre la démarche du FPI dans les circonstances actuelles de règne d'une justice instrumentalisée par le l'exécutif et manquant d'équité.

Interview réalisée par Edgar Kouassi

Source: Ivoire Vision




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