Interview / Kirmann Gnaoré : « Il faut servir la résistance et non se servir d'elle à des fins égoïstes »

Kirman Gnaoré, celui que la plusieurs patriotes ivoiriens appellent le Coach, fait partie des principaux initiateurs des manifestations de la résistance ivoirienne de la diaspora aux lendemains de la crise poste-électorale de novembre 2010. Parfois oublié ou ignoré, Kirmann Gnaoré ne demeure pas moins l'un des piliers qui, par ses diverses actions, a su donner un sens à cette résistance. Pendant que s'amenuise la flamme de la résistance, nous interrogé Kirmann, afin qu'il nous livre sa pensée sur cette résistance aux abois, une fois passés les émotions et les espoirs. Sans faux-fuyant, le coach assène ses vérité à qui veut l'entendre. Interview..

Mardi 31 Mars 2015 - 09:14


Le Coach Kirmann Gnaoré
Le Coach Kirmann Gnaoré

Civox : Vous êtes Kirmann Gnaoré. Cependant l'on vous appelle le Coach. Pourquoi cette appellation?

 

Kirmann Gnaoré : Bonjour cher journaliste. Je voudrais également saisir cette occasion pour saluer tous les Ivoiriens et amis de la Côte d’ivoire. En effet je suis un ancien International Ivoirien de Volley –Ball, Entraineur diplômé de l’Etat Français avec un beau petit palmarès dans les championnats universitaires, nationaux et fédéraux en Côte d’Ivoire et surtout en France entant que joueur ou entraineur. En ce qui concerne la Résistance, je joue le rôle de coach depuis le début et ceux qui savent observer s’en sont aperçus très tôt. C’est Mahely Ba, que j’ai Coaché pour sa première prestation publique à Paris lors d’un des plus grands rassemblements, qui a lâché le mot Coach. C’est une artiste, elle sait ce que c’est. Nos camarades qui se distribuent les lauriers à chaque manifestation ne sont pas de mon école car un Coach fait son bilan à la fin de l’objectif. C’est donc à la fin que vous saurez tout.

 

Civox : N'est-ce pas prétentieux de votre part de vous faire appeler initiateur et organisateur de la résistance?

 

K.G : Ce n’est pas moi qui ai ébruité cela, mais je le prouverai en temps et en heure. Les journalistes de la Résistance se sont entendus pour m’extraire de leur base de donnée « Atalakou », je ne les remercierai jamais assez car ce n’est pas ma tasse de thé de me projeter en avant. C’est moi qui ai mis la société civile dans le jeu de la résistance. Je peux le prouver et d’ailleurs, c’est écrit dans un des livres de la résistance. Lorsqu’Abel NAKI publie dans son livre page 55  (Voir les ci-dessous le témoignage d'Abel Naki, extrait de son livre) le courrier qui « éveille son patriotisme » et qui serait à l’origine de son patriotisme, aucun journaliste n’en tire de commentaire. Là où d’autres nation font de ce courrier un fait historique, la jalousie des ivoiriens enterre le courrier. Sachez simplement que la résistance à mon niveau a commencé bien avant beaucoup d’entre nous.

 

Civox : Vous faites partie des activistes sur le réseau social Facebook. Mais vous êtes au aussi infographe par la conception de flyers. Doit-on limiter votre rôle à cela dans la résistance ?


 

K.G : Là encore, je relève une forme de cécité volontaire et malhonnête à mon égard. Qui était le second coordinateur du CRI panafricain ? Qui a réussi à ramener bon nombre d’ivoiriens, dont l’Avocate Barouan, passer Noel à la HAYE ? Qui a aidé les Associations comme Alte Génocide à envoyer des containers en Afrique ? Qui a géré la Résistance pendant les querelles mesquines qui happaient les patriotes crédules ? Vous savez, je mène cette lutte en échange de rien du tout. C’est ce qui me rend fort. Je suis d’une génération qui sait ce qu’est le devoir civique. Nous ne nous connaissons pas assez je crois ! Moi aussi, je découvre les ivoiriens.


 

Civox : De mon regard d'observateur, j'ai l'impression que cette résistance est un peu démobilisée et désorganisée. En votre qualité de coach, quel état des lieux en faites-vous? Et qu'en pensez-vous?

 

K. G : C’est un constat juste, qui vous crédibilise à juste titre. Comment nier l’évidence. Nos camarades se sont vus trop beaux trop tôt. Nous nous sommes attribués des lauriers qui n’étaient pas de notre fait. Tout ce que nous avons réussi a été facilité par l’environnement socio-politique. C’est quand même plus facile de mobiliser un ivoirien pendant le bombardement de la résidence de son président que 4 ans plus tard. Mais l’anarchie observée vient surtout de ce que quelques-uns d’entre nous prennent, sans aucun doute, leurs instructions ailleurs et ont leur compte à rendre à un autre Coach. Il y a eu des États généraux, vous aviez vu comment ils ont déployé la machine pour m’empêcher de faire le bilan de ma coordination ? Ils savaient ce qu’ils faisaient ! J’aurais dit pourquoi et comment j’ai été empêché de travailler, comment on m’a empêché de construire le site web du CRI- PANAFRICAIN et de la résistance ? Comment des projets viables ont été engloutis. J’allais dire des choses qui auraient pu remettre de l’entrain à notre mouvement. Les vestiaires de la résistance n’ont jamais été sereins, c’est ce qui a rendu la prestation livide et le public parsemé.

 

Civox : Vous évoquiez l'organisation quasi anarchique de la résistance, qui serait à l'origine de la démobilisation des patriotes. Mais cette démobilisation n'est-elle pas aussi due aux querelles entre ses différents leaders?

 

K.G : Évidemment ! J’assimile le tout à un championnat sans fédération où chaque joueur appellerait ses parents et amis pour jouer un match amical, même quand l’équipe nationale joue le même jour. Aucun sport dans ce cas ne saurait conserver son public.

 

Civox : Pensez-vous qu'il y a des corrompus parmi les leaders de cette lutte, corruption qui aurait contribué à son affaiblissement?


 

K.G : Vous ne pensez quand même pas que je dénonce un camarade de lutte, je suis pour dénoncer l’injustice, et non pour dénoncer des camarades. Je n’ignore pas que l’ivoirien est amateur de rumeurs. Notre handicape, c’est que nous évoluons dans un pays qui a connu une tentative d’invasion donc qui sait comment désorganiser une résistance.Je peux juste dire qu’en ce qui me concerne, je peux me tromper mais jamais je ne tromperai les camarades encore moins l’objectif commun.

Je déplore la porosité de notre organisation. N’importe quel inconnu qui participe à une réunion et qui donne un peu d’argent se retrouve dans le bureau sans une enquête préliminaire…
 

Civox : Est-il encore possible de réorganiser cette résistance et comment?

 

K.G : Oui, j’avais tout prévu, étape par étape, avec toutes les éventualités possibles et imaginables, mais les raisons qui m’ont empêché de prendre plus de responsabilités demeurent. Néanmoins, je suis prêt à en distiller à des mouvements bien structurés.J’avais un grand projet d’exposition de la crise Ivoirienne en France, ceux qui ont combattu ce projets se reconnaitrons.

Du temps où je dirigeais le CRI PANAFRICAIN, Je projetais de créer un sit- web, quand j’ai lancé le projet au sein même de mon que nous n’étions pas là pour les même raisons. Certains croyaient pouvoir me manipuler, c’est mal me connaitre !

Pour moi, la résistance est entrée dans sa phase politique, malheureusement, les partis n’ont pas profité de la masse qu’on a mise à leur disposition pour enrôler des adhérents et leur enseigner les bases politiques.Si les données politiques changent, oui, on peut réorganiser la résistance.

 

Civox : Peut-on dire que cette résistance a atteint ses objectifs? S oui, lesquels?

 

K.G : NON, pour l’objectif final, mais comme toute démarche, on peut noter quelques réussites encourageantes même si elles ne sont pas toutes forcément de notre seul fait. Je voudrais citer quelques réussites :

Sortir les Ivoiriens et les Africains de France de leurs groupuscules communautaires, réligieux et culturels pour les réunir en si grand nombre pour une cause commune est un exploit en France qu’aucune autre cause n’a réussi en une période aussi longue.

Ave le MAF en leader, nous avons réussi à faire voter un nombre conséquent d’Africains Français pour faire accompagner la chute du Président Français qui a marché sur la constitution Ivoirienne. Nous sommes ainsi rentrée dans « Son Histoire » : Nous avons restructuré plusieurs Associations Ivoiriennes;nous avons plus aidé les réfugiés que le Gouvernement Ivoirien, dommage que nous n’y pensions plus; nous avons fait beaucoup de bonnes choses avec une malgré notre mauvaise organisation. L’heure du bilan n’est pas arrivée, nous la ferons immanquablement un jour, après la libération du dernier prisonnier politique et donc avant l’entame de la réconciliation.

 

Civox : Les ivoiriens de la diaspora se sont mobilisés pour réclamer la démocratie et la justice en Côte d'Ivoire. Mais sur place, en Côte d'Ivoire, on ne voit pas de patriote débout, ils sont dans la passivité. Qu'en pensez-vous?

 

K.G : « Quand on a un projet de vie, il vaut mieux rester en vie » ; Je ne suis pas de ceux qui encouragent les jeunes à prendre des risques  au su de la terreur que fait régner le pouvoir et la justice de vainqueurs qui l’assiste. Je ne remercierai jamais assez les patriotes pour tout ce qu’ils ont osé pour la souveraineté de la Côte d’Ivoire. Merci aussi à tous leurs leaders et spécialement à Charles Blé Goudé, pour avoir choisi la voie de la non-violence.

 

Civox : Plusieurs personnalités pro-Gbagbo ont été condamnées dans le procès aux assises. Mais que pensez-vous particulièrement de la condamnation de Simone Gbagbo à 20 ans d'emprionnement ?

 

K.G : La partie adverbe est dans sa logique : ce qui me dérange, c’est l’apathie des Ivoiriennes et des Ivoiriens sur le cas Simone, c’est le travail à minima accompli mollement par la Résistance lorsqu’il s’agit d’alerter pour la libération de Simone. Ce qui me dérange, c’est le mutisme des associations féminines et féministes en Occident.Personnellement, je crois avoir suffisamment alerté, même entre le réquisitoire et le verdict. J’ai très mal quand je pense à ce qui lui arrive. Cela aura des conséquences sur l’émancipation de la femme Africaine.

Un Grand merci à Maître Habiba Touré, qui se bat depuis le début pour une grande sœur et non pour une Cliente.

 

Civox : Quel est votre mot de la fin ?

 

En conclusion, j’aimerais lancer un appel à l’union à l’endroit de tous les Camarades. Résister en France contre la Françafrique est moins périlleux collectivement qu’individuellement. Sans une solidarité certaine, nous allons être cueillis insidieusement un à un. Les moyens pour y arriver sont aussi nombreux que les lois de ce pays, votées sans une prise en compte de nos valeurs basiques. Soyons forts ensemble, respectons nous, respectons nos lois associatives.

Un jour il fera jour !

 

Une Interview de Zéka Togui
 
 
LIRE CI-DESSOUS LE TEMOIGNAGE D'ABEL NAKI SUR LE RÔLE JOUEE PAR LE COACH


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