Intervention en Libye. Un rapport étrille Sarkozy et Cameron

CIVOX.NET
Jeudi 15 Septembre 2016 - 15:40


 

En 2011, Nicolas Sarkozy, alors président de la République, aurait pris la décision d'intervenir en Libye pour « accroître l'influence française en Afrique du Nord » et « améliorer sa situation politique en France ». C'est en tout cas ce qu'affirme un rapport de la commission des affaires étrangères du Parlement britannique, rendu public mercredi, qui accable également David Cameron.

Les parlementaires se sont penchés sur le processus de décision qui a transformé une opération censée aider les civils de Benghazi en une intervention militaire visant le régime du colonel Mouammar Kadhafi. Selon le rapport , la menace a été « surestimée » par les différents protagonistes.

David Cameron, le Premier ministre britannique à cette période, aurait manqué « d'une stratégie cohérente » et serait le « responsable final » de l'échec de l'intervention militaire aérienne qui a entraîné la chute de Kadhafi, la guerre civile et la montée des islamistes dans tout l'Afrique du Nord.

« L'intérêt politique personnel » de Nicolas Sarkozy

Mais, selon le rapport, la décision d'intervenir en Libye est « partie de France » qui a notamment poussé à une résolution des Nations Unies.

Des propos rapportés par le conseiller d'Hillary Clinton, alors secrétaire d'État américaine qui s'était entretenue avec les services secrets français, décrivent les objectifs de Nicolas Sarkozy :« Le souhait d’obtenir une plus grande part de la production de pétrole libyenne » ; celui d’« accroître l’influence française en Afrique du Nord » ; de « permettre aux armées françaises de réaffirmer leur position dans le monde » ; de « répondre aux (…) projets de Kadhafi de supplanter la France en Afrique francophone » et, enfin, la volonté d’« améliorer sa situation politique en France ».

Selon le rapport, « quatre de ces cinq facteurs correspondaient à l'intérêt de la France. Le cinquième représentait l'intérêt politique personnel du président Sarkozy ». Les parlementaires britanniques évoquent « les possibles gains électoraux » que le candidat à la présidentielle espérait un an avant l'élection de 2012.

Juppé également visé

Alain Juppé, l'ancien ministre des affaires étrangères, est également visé par le rapport pour sa présentation jugée alarmiste de la situation en Libye. « La situation sur le terrain est plus alarmante que jamais », avait dit Alain Juppé. « Il nous reste très peu de temps, c’est peut-être une question d’heures. »

« Nous avons été entraînés à intervenir par l'enthousiasme des Français » alors que la menace avait été « nettement exagérée » a déclaré mercredi matin sur la BBC Crispin Blunt, le président de la commission des affaires étrangères des communes.

Les résultats de l'intervention sont désastreux conclut le rapport, conduisant à « un effondrement politique et économique, des affrontements entre milices et tribus, des crises humanitaires et migratoires, des violations des droits de l'homme à grande échelle, la dissémination des armes du régime de Kadhafi dans toute la région et l'expansion de l'État Islamique en Afrique du Nord ».

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