Institution anti-démocratique: La Cei, une section du Rdr

Jeudi 14 Mars 2013 - 08:58


Youssouf Bakayoko, président de la CEI
Youssouf Bakayoko, président de la CEI
La Commission électorale indépendante (Cei) qui est actuellement en place n’en est pas une. Le qualificatif indépendant est abusif. Parce que cette institution est plus qu’une section du Rdr. Elle n’est pas une structure indépendante capable de garantir un jeu loyal et transparent. Sur 31 membres qui la constituent, 2 émanent de l’opposition, notamment du Fpi et de ses alliés. De la tête à la base, il n’y a que les militants affichés du Rdr qui l’animent. Son président a depuis longtemps souillé son image. Youssouf Bakayoko, qui est visiblement inoffensif, est un véritable monstre froid qui a fait basculer la Côte d’Ivoire dans la guerre. Seul, il a, en 2010, atterri au Qg d’Alassane Dramane Ouattara à l’Hôtel du Golf. A hui clos avec des ambassadeurs de France, des Etats-Unis et de la presse française, Youssouf Bakayoko a proclamé ce qu’il croit être des résultats de la dernière présidentielle. Qui, au deuxième tour, opposait Laurent Gbagbo à Alassane Dramane Ouattara. Après avoir mis le feu au pays, ses parrains l’ont envoyé en France pour un repos mérité. C’est ce même personnage controversé qui se trouve encore à la tête de la Cei. Pire, les mouvements rebelles tels Mpigo, Mjp, Mpci, qui se réclament publiquement du Rdr, continuent de siéger à la Cei. Avec eux, on note les représentants de tous les partis du Rhdp, rassemblement des partis politiques qui ont porté Ouattara au pouvoir. En clair, l’actuelle Cei est une autre version du G7. Rappelons que le G7 était l’assemblage des mouvements rebelles (Mpci, Mpigo, Mjp) et des partis politiques (Pdci, Mfa, Udpci, Rdr). Toutes ces entités constituent le Rhdp dans sa forme actuelle. Pour dire que la Cei actuelle est très loin d’être indépendante. C’est à une telle institution très partisane et discréditée qu’Alassane Ouattara s’accroche sans gêne. L’actuel chef de l’Etat tente de l’imposer à ses adversaires politiques. En plus de ces graves anomalies qu’on ne peut tolérer, la Cei doit être recomposée. Quand on le dit, certains pensent à une dissolution de cette institution. Non ! En tant qu’institution nationale chargée de l’organisation des élections, la Cei doit demeurer. On ne doit pas la dissoudre pour revenir à l’ancien système qui confiait l’organisation des élections au ministère de l’Intérieur. Reconnaissons que la Cei est un acquis capital de la Côte d’Ivoire dans sa quête de la démocratie. Mais, dans sa composition actuelle à très forte dose de militants du Rdr, cette Cei doit être revue. Cela veut dire que Youssouf Bakayoko et tous les militants du parti au pouvoir n’ont plus leur place à la Cei, si l’on veut qu’elle soit considérée comme une institution sérieuse dans un pays qui a des ambitions démocratiques. Si Youssouf Bakayoko a de la considération pour lui- même et pour les Ivoiriens, il ne devrait pas attendre qu’on le remette en cause. Il est le prototype de personnes en qui la nation ne doit pas avoir confiance. Autant tous les représentants des bandes rebelles devraient rendre eux-mêmes le tablier. Il faut insister sur le fait que la composition actuelle de la Cei avait une durée de vie. Elle était chargée d’organiser la présidentielle et les législatives. Après ces deux scrutins, cette institution devrait connaître une nouvelle composition. Malheureusement, les tenants du pouvoir actuel sont réticents. Convaincus qu’ils sont arrivés là par un coup d’Etat, ils refusent de jouer franc-jeu. S’ils essaient de s’ouvrir à la démocratie, ça sera fini pour eux, car ils auront signé leur arrêt de mort. Le sachant, Alassane Ouattara garde cette Cei sous son aisselle et fait la sourde oreille face aux revendications de l’opposition. Ce qui rend la situation politique explosive. Parce qu’en face, l’opposition ne veut pas se prêter à un jeu de dupes. Elle refuse d’être conduite à l’abattoir en allant à une quelconque élection en pareilles circonstances. La preuve, il n’y a pas longtemps, la présidente de l’Urd, l’ancienne ministre Danièle Boni Claverie, et trois autres formations politiques ont décidé de ne pas aller aux prochaines élections locales. Leurs griefs étaient liés à l’actuelle composition de la Cei que Ouattara refuse de rendre plus crédible. Alors qu’il peut la confier à des personnes jugées neutres. Dans d’autres cas, pour plus d’assurance, Ouattara peut confier la Cei à son opposition. N’est-ce pas lui et ses partisans qui disaient que Paul Yao-N’Dré était un proche de Gbagbo que ce dernier avait placé au Conseil constitutionnel ? Il a l’occasion de montrer qu’il peut faire mieux que Gbagbo. Laurent Gbagbo avait cédé la Cei à ses adversaires qui y étaient majoritaires.

B.K.

Source: Notre Voie N° 4366 du mercredi 13 mars 2013







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