Injustement incarcéré à la Haye / Les actes de Gbagbo qui confondent Ouattara et la CPI

Laurent Gbagbo est incarcéré à la Haye depuis novembre 2011. Mais depuis, l’accusation a de la peine à apporter des preuves à ses allégations. C’est que des preuves d’un Gbagbo homme de guerre n’existent vraiment pas. En revanche, foisonnent des actes d’un homme de paix résolument tourné vers le bien-être de ses concitoyens.

Vendredi 7 Mars 2014 - 00:30


Quand le 2 juillet 2001, le ministre de l’Economie et des Finances de l’époque annonce que la Côte d’Ivoire vient de renouer avec les institutions de Bretton Woods, Laurent Gbagbo est président de la République de Côte d’Ivoire depuis seulement 8 mois. Mieux, un mois plus tôt, la Côte d’Ivoire relance sa coopération avec l’Union européenne. C’est la mauvaise  gouvernance d’Henri Konan Bédié qui avait suscité cette rupture.  Le désamour  accentue avec le coup de force de décembre 1999. Mais après la présidentielle d’octobre 2000, en moins de 9 mois de gouvernance, Laurent Gbagbo pose des actes économiques, politiques et sociaux qui ramènent la confiance. Et même quand son régime est confronté à une rébellion qui coupe le pays en deux, il ne s’arrête pas. Bien au contraire.  Aujourd’hui, lorsqu’on passe en revue tous ces actes, alors que l’ancien président est incarcéré à la Cour pénale internationale (CPI), on prend conscience de trois choses : le degré de cruauté et de mauvaise foi de ceux qui l’y ont amené, l’incompétence du régime Ouattara et l’impossibilité pour la procureure de la CPI de trouver des preuves  irréfutables susceptibles d’attester que Gbagbo est un homme de guerre.  Au plan économique, en plus des performances précoces qui ramènent la confiance de la communauté financière inter- nationale, Gbagbo met  un point d’honneur à la compétence. Il recrute par appel à candidatures les responsables des régies financières. Ce qui n’est pas le cas sous Ouattara. Ce dernier recrute sur des critères ethniques et partisans. C’est qu’il a appelé lui-même  le rattrapage ethnique. Gestion autocentrée De la  différence des deux modes de désignation découlent des résultats contraires.  Une gestion autocentrée pour Gbagbo et une gestion extravertie pour Ouattara. Et ce malgré l’obtention du point d’achèvement de l’Initiative des Pays pauvres très endettés(PPTE). C’est sous Gbagbo que ce processus d’effacement de la dette débute. Et son gouvernement promet la revalorisation des revenus des travailleurs. En attendant, au plan social, il étonne  les Ivoiriens. Les fonctionnaires perçoivent régulièrement leurs salaires malgré une Côte d’Ivoire divisée en deux par une rébellion armée qui pille toutes les richesses de la moitié du pays. Il applique la gratuité de l’école et rend non obligatoire le port de l’uniforme scolaire. Cette mesure soulage les parents pauvres des campagnes et des bidonvilles d’Abidjan. Ouattara au pouvoir, le port de l’uniforme est redevenu obligatoire, la gratuité de l’école reste au stade théorique. incompétence Les multiples modes d’inscription en ligne et autres pressurent les parents d’élèves. L’université publique est désormais un lieu pour les enfants des plus nantis. Les frais d’inscription explosent. De 6000FCFA à  50.000FCFA, 100.000FCFA, 200.000FCFA et 300.000FCFA, selon les niveaux d’étude. Les autorités estiment que cela permettra de produire des diplômés mieux formés, mieux armés et plus compétitifs. Ce qui ne ré- siste pas à la critique puisque la performance n’est pas fonction du coût de la scolarité.  En réalité c’est une autre illustration de l’incompétence du  gouvernement.  Aucune ingéniosité pour mobiliser des fonds sans étrangler les populations.  C’est cette carence qui est aussi à la base de l’augmentation des prix des services de grande consommation. Les indemnités de logement au profit des instituteurs, la fin des salaires à double vitesse instaurés par Ouattara en 1990 dans l’enseignement, la relance du profil de carrière des enseignants sont autant d’autres actes qui portent la griffe de Gbagbo et confondent Ouattara. Volonté de paix Au plan politique,   Gbagbo pose des actes dénotant de sa volonté de paix. Il était conscient de la fracture sociale suscitée  par la confrontation Bédié-Ouattara, le coup d’Etat contre Bédié, la non participation de Bédié et Ouattara à la présidentielle de 2000. Dès sa prise de fonction, il demande à Ouattara et à Bédié de mettre fin à leur exil. Il forme un gouvernement d’union nationale.  Du 9 octobre au 19 décembre 2001, il organise à Abidjan le Forum de réconciliation nationale. Le 22 janvier 2002, se tient à Yamoussoukro le sommet des quatre grands : Gbagbo, Bédié, Ouattara, Guéi.  Malgré ces actes, le 19 septembre 2002, des militaires et civils pro-Ouattara tentent un coup d’Etat qui se mue en rébellion. Dès lors, il passe de négociations en négociations, espérant obtenir la paix. La France fait échouer celles de Lomé pour organiser celles de Linas-Marcoussis. Début 2003, Gbagbo est obligé de se séparer de Pascal Affi N’guessan, son dynamique Premier ministre et de faire entrer des ex-rebelles au gouvernement. La contrepartie devait être le désarmement. Mais rien ne suit. Rente viagère C’est dans ce contexte que, le 15 juillet 2005, il décide du financement des partis politiques. Gbagbo décide également d’accorder des rentes viagères aux anciens chefs d’Etat, aux anciens Premiers ministres et anciens chefs d’institution. Ouattara et Bédié en bénéficient jusqu’en avril 2011. Le 29 mars 2007, Gbagbo nomme Guillaume Soro comme Premier ministre, après l’Accord politique de Ouagadougou qu’il initie. Toujours en 2007,  le 8 novembre, il supprime la carte de séjour. Elle a été instituée par Ouattara quand il était Premier ministre. Elle a fait beaucoup de tort aux ressortissants de la CEDEAO. Bien avant ces actes, du 3 au 6 avril 2005, ont lieu les négociations de Pretoria, Une décision capitale : la possibilité de tous les partis signataires des accords de Linas-Marcoussis de présenter des candidats à la prochaine présidentielle s’ils le veulent. Gbagbo concrétise cette mesure en usant de l’article 48 de la constitution pour faire de Bédié et Ouattara des candidats exceptionnels. En 2010, les élections. Ouattara et Gbagbo au second tour. Gbagbo déclaré vainqueur par le Conseil Constitutionnel. Ouattara est fait vainqueur à son QG. Il s’en  suit un conten- tieux. Gbagbo propose le recomptage, Ouattara opte pour l’intervention militaire. Cette dernière option est soutenue par la France, les Etats-Unis et l’ONU. Ces derniers envoient même des troupes sur le terrain. Les affronte- ments font de nombreux morts. Voici ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire. Voici ce qu’a fait Laurent Gbagbo. Il a posé beaucoup d’actes et fait beaucoup de propositions  de paix. Ces actes plaident objectivement en sa faveur. Et c’est ce qui coince et Ouattara et la CPI. Devant la justice de Dieu, l’actuel chef d’Etat a des comptes à rendre. Et ce n’est pas fortuit si la justice des puissants  de ce monde éprouve des difficultés à trouver des preuves.  Mais la CPI a-t-elles une alternative objective de ne pas relâcher Gbagbo ? Non. C’est pourquoi la dernière convention du FPI a exigé cette libération.

Dan Opéli

Le Quotidien d’Abidjan n°1101 du jeudi 06 mars 2014






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