Inéligibilité de Ouattara en 2015: Ouattara s’offre une crise ouverte avec Hollande

C’est le feuilleton de la fin d’année. Alors que tout semblait bien aller entre eux, du moins en apparence, le chef de l’Etat ivoirien s’est payé une fronde contre le numéro un français au sommet de la francophonie, lui répondant qu’il « nous appartient nous africains De saisir les aspirations de nos peuples, notamment de notre jeunesse, mais nous n’accepterons pas de leçons extérieures ». Depuis lors, les invités Afrique de RFI se succèdent et leurs avis sont sollicités. Ce fut encore le cas hier avec la sénégalaise Penda M’bow, historienne, représentante personnelle du président sénégalais Macky Sall auprès de l’organisation internationale de la francophonie. Interrogée sur la petite déclaration de Ouattara, sa réponse fut cependant cinglante contre « certains qui n’hésitent pas à faire appel à la France » et qui justifient l’actuelle « position du chef de l’Etat français »

Samedi 6 Décembre 2014 - 07:58


Inéligibilité de Ouattara en 2015: Ouattara s’offre une crise ouverte avec Hollande
L’essentiel
Contexte


 Interrogée hier au débat africain de RFI sur la réponse donnée par Alassane Ouattara à François Hollande qui rappelait aux chefs d’Etat africains qu’ils ne doivent pas modifier les constitutions pour assouvir leurs propres intérêts, Pendant M’bow a rappelé aux bons souvenirs de Ouattara ses appels à la France en 2011 en particulier.

Enjeu

Mais désormais Ouattara s’est offert une crise ouverte avec le chef de l’Etat français qu’ il avait pourtant longuement  dragué

Au Burkina Faso, tout avait commencé par les mêmes prises de position ouvertes de François Hollande ( voir sa lettre au président du Faso) contre la modification de la constitution à des fins personnelles. Et comme là-bas, Blaise Compaoré, assuré du soutien de sa majorité parlementaire, avait répondu qu’il n’allait pas laisser les étrangers dicter leurs lois aux burkinabés. Pour un homme qui fut durant son existence l’instrument de la françafrique, une telle réaction sonnait faux. Et puis, un matin du 30 novembre, le beau Blaise dût faire ses bagages pour rentrer précipitamment en Côte d’Ivoire, première partie de son exil qui le conduisit ensuite au Maroc où il n’est malheureusement pas encore le bienvenu. Ouattara est-il sur le même chemin ? On est bien obligé de l’admettre vu similitude des situations burkinabé et ivoirien. Comme Blaise Compaoré, Alassane Ouattara doit en effet obligatoirement modifier la constitution s’il tient à se présenter à l’élection présidentielle de 2015 pour laquelle il a déjà obtenu la candidature unique du RHDP. Cette modification a en effet pour but de régler son problème personnel d’éligibilité, c’est-à-dire qu’elle tombe sous le coup de ce que dénonce François Hollande. D’ailleurs, signe que l’éligibilité de Ouattara est problématique sous l’angle de cette mise en garde du président français, radio France internationale (RFI) multiplie les points de vue de l’élite africaine, surtout au regard de la réponse donnée par le chef de l’Etat ivoirien qui, contrairement à ses habitudes, a embouché la trompette du souverainiste pur jus. Exactement comme Compaoré. « il nous appartient nous africains de saisir les aspirations de nos peuples, notamment de la jeunesse, mais nous n’accepteront pas de leçons extérieures », a répondu sèchement Ouattara. Mais hier, l’historienne sénégalaise Penda M’bow lui a rappelé ses appels à l’ingérence. « Mais d’un autre côté, en temps de crise, certains n’hésitent pas à faire appel à la France. Peutêtre c’est le fait que la France intervient dans les crises qui explique les prises de position du chef de l’Etat français par rapport à certaines situations. C’est la raison pour laquelle, à mon avis, nous devons être très cohérents, nous Africains, par rapport à nous même », a affirmé cette proche de Macky Sall. A l’évidence, le chef de l’Etat ivoirien s’est offert, à moindre frais d’ailleurs, une crise ouverte entre lui et le président français qu’il n’avait pourtant eu de cesse de draguer dans les premiers mois de sa présidence et dont la visite officielle en Côte d’Ivoire avait été célébrée par le régime ivoirien comme une victoire décisive. Qu’est-ce qui s’est donc passé entretemps, d’autant plus que la menace d’Hollande  largement générale semblait moins viser Ouattara que les autres dirigeants africains totalisant plusieurs mandats à la tête de leur pays ? Assurément beaucoup de choses, puisque le chef de l’Etat ivoirien s’est automatiquement senti visé par les menaces du président français. Et à l’orée des enjeux électoraux de 015, ce n’est visiblement  pas cette réponse dure de Ouattara qui va améliorer les relations entre les deux hommes.

Sévérine  BLé

Source: Aujourd’hui / N°782

 




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