Indiscipline des ex-chefs de guerre, floraison de bandes armées: Ouattara peut-il combattre – efficacement – ses monstres?

Deux ans après sa prise du pouvoir, Alassane Ouattara a encore du mal à apprivoiser véritablement les ex-chefs de guerre, et surtout à calmer ses miliciens et supplétifs dozos qui ont combattu pour sa prise de pouvoir et dont un grand nombre s’est reconverti en dangereux coupeurs de route et autres braqueurs de tout acabit qui foisonnent dans les villes du pays.

Vendredi 27 Septembre 2013 - 07:29


Indiscipline des ex-chefs de guerre, floraison de bandes armées: Ouattara peut-il combattre – efficacement – ses monstres?
Au-delà des slogans tels «la sécurité est de retour », pour séduire les investisseurs étrangers et autres bailleurs de fonds, la réalité semble rattraper les «rattrapeurs» au pouvoir. En effet, depuis quelques semaines, les bandes armées ont le contrôle des principales routes du pays, où elles règnent en maîtres absolus. Défiant les forces de sécurité qui ont enregistré, ces dernières semaines près d’une dizaine de pertes en vies humaines. C’est un secret de polichi- nelle que de dire que de nombreux ex- combattants désillusionnés par le pouvoir, ont vite fait de se reconvertir en coupeurs de route. Et ce, afin de se «payer sur le terrain», un langage propre aux supplétifs Frci qui pullulaient dans les rues d’Abidjan il y a de cela quelques mois. Si de pseudo-securocrates du pouvoir tentent de minimiser l’ampleur des attaques des bandes armées, en arguant que ce phénomène est antérieur à leur arrivée au pouvoir, force est de reconnai- tre, la multiplicité des actes de cette nature, avec un armement digne des expéditions guerrières. Alassane Ouattara lui-même en tournée politique dans le nord, début juillet 2013, n’a pas fait de mystère sur l’identité des nouveaux coupeurs de routes qui «contrôlent» les axes routiers, en les identifiant comme étant des ex-combattants. «Oui, c'est vrai, vous avez participé aux com - bats. Certains d'entre vous n'ont pas encore eu du travail, d'autres sont deve - nus des coupeurs de route, je vous demande de laisser les kalachnikovs à la maison», avait lancé Ouattara aux ex- combattants, leur assurant que le gouvernement allait «trouver du travail pour tous». «En général, tous les coupeurs de route qui ont été pris sont à 80% des ex-combattants ou des jeunes qui ont été associés aux combats lors de la crise posté - lectorale de 2010-2011 et de la rébellion armée déclenchée en septembre 2002 », avait révélé à l’Agence de presse Xinhua quelques mois auparavant une autorité préfectorale. Aujourd’hui, Alassane Ouattara peut-il combattre efficacement ces  «monstres» nés de frustrations et de désillusions accumulées, transformés à ce jour en véritable tueurs froids, puissamment armés. En vérité, il serait difficile pour le gouvernement de traquer efficacement ces bandes armées, qui mènent une guerre asymétrique au régime, avec la prolifération des attaques généralisées à travers le pays. Et qui ont déjà fait de nombreuses victimes civiles comme militaires. Mais au-delà de cette guerre, le régime Ouattara doit faire face à ses propres turpitudes, avec les ex-chefs de guerre.
L’indiscipline chronique des ex-chefs de guerre agace Ouattara S’il y a une chose qui agace par-dessus tout Alassane Ouattara, au point de le mettre hors de lui en ce moment, c’est bien l’indiscipline chronique des ex- Com’zones. Ouattara ne supporte pas le fait que malgré les interpellations de son ministre de la Défense, les ex-chefs de guerre continuent à se répandre dans la presse, foulant au point les instructions et surtout la discipline militaire. Le gouvernement a beau interpeller ces derniers, la situation reste inchangée. Mais à la réalité, Ouattara reste impuissant face à ses ex-chefs de guerre qui continuent de faire la pluie et le beau temps et qui gardent pour la plupart la mainmise sur les ex-zones CNO. Un peu dépité, le ministre en charge de la Défense a pré - féré s’en remettre aux patrons de presse pour l’aider autant que faire se peut à faire respecter la discipline aux ex-chefs de guerre et autres commandants des Frci. «La discipline est quelque chose de fon - damentale dans l’armée. C’est pourquoi dans les vieilles démocraties comme la France et les Etats-Unis, il est rare de voir un militaire, qui n’est pas porte-parole ou qui n’a pas été expressément instruit dans ce sens, donner des interviews aux medias. Dans l’armée, chacun doit connaitre sa place», s’est lamenté Paul Koffi Koffi. Qui montre toute leur impuis - sance face à la media-propagande des Wattao, Jah Gao, Koné Zakaria et autres ex-chefs rebelles. Le ministre délégué à al défense continue de brandir la menace de sanctions sans jamais oser. Parce qu’en réalité, peut-il oser sanctionner des «seigneurs de guerre» qui ne lui doivent absolument rien ?

Par Frank Toti
Source: Le Nouveau Courrier N° 888 Du Jeudi 26 Septembre 2013




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