Incarcération de Michel Gbagbo et des prisonniers politiques : Des patriotes ivoiriens ont manifesté ce week-end à Lyon.

Une année de plus vient de s’achever pour la résistance patriotique des ivoiriens de la diaspora. Une fin d’année 2012 marquée par la manifestation du week-end dernier à Lyon (France). Les ivoiriens et leurs camardes panafricanistes se sont retrouvés dans l’après- midi à la place Bellecour de Lyon, suite à une marche qui a débuté devant le Consulat de Côte d’Ivoire dans cette ville. A cette manifestation étaient présents Alain Cappeau, Conseiller spécial du président Laurent Gbagbo et Jacqueline Chamois, la mère de Michel Gbagbo.

Mercredi 2 Janvier 2013 - 03:47


au centre Alain Cappeau tenant le micro et la mère de Michel Gbagbo, Jacqueline Chamois, à sa gauche
au centre Alain Cappeau tenant le micro et la mère de Michel Gbagbo, Jacqueline Chamois, à sa gauche
C’était à l’initiative du MFIRA (Mouvement des Femmes ivoiriennes du Rhône-Alpes), présidé par Madame Monique Berthelot. Le but de cette énième manifestation était de protester contre la détention arbitraire des prisonniers politiques du régime dramanien et de demander leur libération. Lyon n’a pas a été un choix hasardeux pour les patriotes ivoiriens. C’est la ville où est né Michel Gbagbo, l’un des illustres prisonniers d’Alassane Ouattara. A travers le choix de Lyon les organisateurs voulaient mettre un accent tout particulier sur la nécessaire libération du Michel Gbagbo et, à travers lui, tous les autres prisonniers politiques. Michel Gbagbo, faut-il le rappeler, est aussi français de par sa mère Jacqueline Chamois. Pour les manifestants, majoritairement venus de Paris pour s’associer à leurs compatriotes de Lyon, il était donc question d’attirer encore une fois  l’attention des autorités françaises, et particulièrement celles de Lyon, sur le cas Michel Gbagbo. Leur message à l’endroit des autorités françaises étaient  bien lisible sur les tee-shirts de plusieurs manifestants confectionnés pour l’occasion. Sur ces tee-shirts à l’effigie de Michel Gbagbo l’on pouvait lire : « Libérez l’otage, libérez le citoyen Michel ».
Face au cas Michel Gbagbo, le silence de la France reste ambiguë pour certains,  troublant et inquiétant pour d’autres. Ils étaient donc question d’interpeller la France, qui a toujours défendu les otages français et travaillé à leur libération, afin qu’elle s’active résolument pour obtenir la libération de l’otage Michel Gbagbo, qui est aussi un citoyen français. Une réalité que ne saurait occulter le fait qu’il soit le fils de Laurent Gbagbo.
 

Incarcération de Michel Gbagbo et des  prisonniers politiques : Des patriotes ivoiriens ont manifesté ce week-end à Lyon.
Monique Berthelot : « Notre ennemi, la France, notre adversaire Dramane Ouattara et ses acolytes.

Comme de coutume, plusieurs intervenants se sont succédé à la tribune pour s’adresser aux manifestants et aux autorités françaises. Il est naturellement revenu à Monique Berthelot, présidente du MFIRA d’adresser le mot de bienvenu et de remerciement aux manifestants au nom de son Association. Dans une seconde intervention, elle a appelé les patriotes ivoiriens engagés dans la résistance à l’unité. Elle n’a pas manqué de fustiger les divisions, les animosités et les querelles régnant au sein de la résistance et qui la fragilisent davantage. Selon la Présidente du MFIRA, « il y a d’autres qui se trompent de combat, il y a d’autre qui se trompent d’adversaire ». Or « nous avons un ennemi, la France, la communauté internationale, nous avons un adversaire,  c’est Dramane Ouattara et ses acolytes. »

Alain Cappeau,  à propos de l’audience du 19 février 2013 à la CPI : « Ce n’est qu’un procès politique. Tout peut arriver. »

Il est revenu à Alain Cappeau  de donner les dernières nouvelles du président Gbagbo : « il va bien » a-t-il lancé de façon laconique, sans plus de précision. Le Conseiller spécial du président Gbagbo a dénoncé le délit de patronyme dont Michel Gbagbo fait l’objet. Il a également dénoncé son incarcération  « dans des conditions qui sont drastiques, qui sont minables, qui sont catastrophiques ». Puis de poursuivre en s’interrogeant : « Pourquoi lui, français, est incarcéré depuis deux ans alors que monsieur Le Drian, cousin du ministre français de la Défense, Jean- Ives Le Drian, a été libéré manu militari à la demande de monsieur Ouattara ? Est-ce que l’un est plus français que l’autre ? Il faut qu’on se pose cette question là. » Alain Cappeau a également délivré le message du président Gbagbo aux patriotes ivoiriens engagés dans la résistance : « Le président m’a dit : « Alain, il faut que tu dises à tous ses gens là de continuer ce qu’ils sont en train des faire, parce que tôt ou tard la vérité paiera. » ». S’agissant de l’audience de confirmation ou d’infirmation des charges contre le président Laurent Gbagbo prévue pour le 19 février prochain,  Alain Cappeau a laissé entendre que tout se passe bien au niveau des avocats. Il a toutefois prévenu : « Ce n’est qu’un procès politique, tout peut arriver. »

Jacqueline Chamois, mère de Michel Gbagbo : « Nous espérons que Michel soit très rapidement libéré, ainsi que tous ceux qui partagent son sort. »
 
Jacqueline Chamois, avec un visage de mère digne et sereine dans l’épreuve, a évoqué dans une brève intervention,  la douloureuse épreuve de  l’incarcération de son fils. Une épreuve douloureuse pour la famille, la femme et les enfants de Michel. Elle a également rappelé la plainte déposée par son fils le 25 juin dernier contre Soro Guillaume et neuf « comzones » (Chefs rebelles intégrés dans les FRCI), pour « enlèvement séquestration et traitement inhumain ». Elle a terminé son propos par ce message d’espoir : « Nous espérons que Michel soit très rapidement libéré, ainsi que tous ceux qui partagent son sort. »

Willy Bla, porte-parole du Cri-panafricain : « nous ne devons pas nous satisfaire de libérations faites pour nous distraire »


Selon Willy Bla, la récente libération de quelques prisonniers politiques est un fait qui, bien que remarquable, ne devrait pas occulter le maintien en détention de plus de quatre cent prisonniers politiques par le régime d’Alassane Ouattara. « Nous ne devons pas nous satisfaire de libérations faites pour nous distraire », a-t-il martelé. Il  a également critiqué le Président français, François Hollande, pour ses promesses non tenues.  Hollande avait déclaré que « le changement c’est maintenant » et qu’il n’allait pas soutenir des dictatures. Mais la réalité est toute autre, au regard du soutien du gouvernement français dont bénéficie Ouattara. C’est pourquoi le porte-parole du Cri-panafricain (Conseil pour la résistance ivoirienne et panafricaine) considère qu’« hollande, aujourd’hui, nous a menti ». C’est par un appel à la mobilisation que Willy Bla a conclut son intervention. Il a appelé les ivoiriens à redescendre dans les rues. Bien avant cet appel, il a de façon très acerbe critiqué le fait que la démobilisation des patriotes ivoiriens soit dûe « à quelques vendus, à quelques traitres, ceux qui pensent que le temps de Gbagbo est révolu et que leur temps est arrivé. »
 
Jonas Zadi, Porte-parole du NPR : « France, ne perds pas ton âme ! »

L’occasion a été donnée au porte-parole du NPR (Nouveau Parti pour le Rassemblement) de rappeler le rôle fondateur joué par la région du Rhône-Alpes dans la résistance française lors de l’occupation Nazi.  Il a également demandé la libération de Michel Gbagbo et de tous les prisonniers politiques, afin que la démocratie reprenne ses droits en Côte d’Ivoire. Jonas Zadi a tenu particulièrement à interpeller les autorités françaises sur la situation en Côte d’Ivoire.  « France, ne perds pas ton âme ! Car la France est pour nous la terre des libertés et des droits l’homme, cela même qui a inspiré la déclaration universelle des droits de l’homme de 48 ; la France ayant pris part à la création d’un monde libre, nous  demandons aux autorités françaises de ne pas rester silencieuses, car nous savons que ce sont elles qui tirent les ficelles en Côte d’Ivoire».

Incarcération de Michel Gbagbo et des  prisonniers politiques : Des patriotes ivoiriens ont manifesté ce week-end à Lyon.
Christine Tibala et Brigitte Kuyo ont également pris la parole pour s’adresser aux manifestants. La première a fait remarquer que plus de 400 prisonniers politiques croupissent encore dans les prisons dramaniennes. Elle n’a pas manqué de rappeler les enjeux économiques de la présence française en Côte d’Ivoire. Selon elle, la France n’y est pas pour des raisons humanitaires mais pour piller les riches du pays. Quant à Brigitte Kuyo, ex Représentante du FPI en France,  elle exhorté les résistants à continuer le combat et à ne pas écouter les discours de division qui tentent d’affaiblir leur détermination. « La lutte, a-t-elle poursuivi, n’est pas terminée. Ne nous laissons pas décourager, ne nous laissons pas fragiliser. »
Aux nombre des leaders qui se sont succédé à la tribune il faut compter Zap Krasso, Responsable du COJEP-France, Anne Gnizako, présidente des 3000 Femmes pour la Côte d’Ivoire, ainsi que bien d’autres Responsables d’Associations.
Des artistes engagés dans la résistance faisaient partie du convoi venu de Paris, mais qui n’ont jouer leur partition devant les manifestants. Il s’agit  de Maga Dindin, Mahely Ba et Séhizo. Ils ont eu l’occasion d’exprimer leur art musicale en marge de la manifestation. C’est au cours d’une soirée dansante dans la nuit du samedi au dimanche qu’ils ont fait preuve de leurs talents en assurant le show, en faisant danser le public.
Est-il besoin de rappeler que c’est l’ex garde des sceaux et Ministre de la Justice Ahoussou Kouadio Jeannot, qui,  subrepticement, à son insu, interpellait  l’opinion nationale et internationale sur la situation d’otage de Michel Gbagbo. «Michel Gbagbo est en prison à Bouna, parce qu’il était avec son père lors de l’arrestation de celui-ci», dit-il à l’occasion d’une interview télévisée. Ces propos d’Ahoussou Jeannot étaient bien le témoignage qu’aucun délit, aucun sérieux ayant une existence matérielle, n’était imputable  au fils de Laurent Gbagbo pour justifier son arrestation et sa détention. Son seul crime est d’être le fils de son père Laurent Gbagbo.
 
ZEKA TOGUI
 
  QUELQUES IMAGES DE LA MANIFESTATION

Incarcération de Michel Gbagbo et des  prisonniers politiques : Des patriotes ivoiriens ont manifesté ce week-end à Lyon.

Incarcération de Michel Gbagbo et des  prisonniers politiques : Des patriotes ivoiriens ont manifesté ce week-end à Lyon.


Incarcération de Michel Gbagbo et des  prisonniers politiques : Des patriotes ivoiriens ont manifesté ce week-end à Lyon.





Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !