« Il y a une politique de vengeance en Côte d’Ivoire »: Pourquoi Fatou Bensouda hausse le ton

Lundi 27 Mai 2013 - 17:30


« Il y a une politique de vengeance en Côte d’Ivoire »: Pourquoi Fatou Bensouda hausse le ton
Opération de communication tous azimuts du bureau du procureur alors que le verdict des juges de la Chambre préliminaire I sur la confirmation des charges contre le président Gbagbo s’approche. Fatou Bensouda a répondu, par l’entreprise de la radio internationale hollandaise RNW, aux questions des internautes sur la situation en Côte d’Ivoire. Et en a profité pour essayer de convaincre l’opinion d’une impartialité à laquelle plus personne ne croit. «Nous n’avons pas encore fini les investigations en Côte d’Ivoire (…) Il y aura d’autres cas. C’est la seule manière d’arrêter la politique de revanche qui a lieu ou qui a eu lieu en Côte d’Ivoire. (…) Des deux côtés. Indépendamment et sans parti pris, mais nous devons commencer quelque part», a-t-elle affirmé. Les propos de la procureure auprès de la CPI, qui contiennent pour la première fois des critiques directes au sujet de la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui,  donc de Ouattara, où une « politique de ven - geance » existerait,  traduisent en réalité son malaise. L’opinion africaine, les défenseurs honnêtes des droits de l’Homme et même une partie des fonc - tionnaires et des magistrats en service à la CPI ne digèrent pas que, plus de deux ans après la fin de la guerre post-électorale, et dans un contexte de violences continues, seuls Laurent et Simone Gbagbo aient été formellement accusés par le bureau du procureur. Il faut donc donner des gages, à ce moment crucial où certains juges pourraient exprimer leur mauvaise humeur en mettant en cause l’Accusation dans leur verdict sur la confirmation – ou l’infirmation – des charges contre Gbagbo. Mais tout cela relève d’abord et avant tout de la communication, voire de la propagande pure et simple. En effet, la démarche de Fatou Bensouda aurait paru crédible si elle avait mis fin au striptease de la divulgation progressive de mandats d’arrêt émis sous scellés depuis février 2012. Pourquoi ne sont-ils pas rendus publics dans leur intégralité ? Il est évident que c’est dans l’objectif de ménager Ouattara et de consolider son pouvoir, là où certains alliés, tenus au courant de l’épée de Damoclès pesant sur eux, pourraient être tentés de le mouiller ou de le mettre hors d’état de les traduire devant la justice internationale. En réalité, la CPI attend de Ouattara qu’il lui fasse quelques menus sacrifices, qu’il lui « file » des sous-fifres qui pourront donner une fausse impression d’équilibre et d’indépendance. Là où il n’y a que parti pris grossier et soumission à l’agenda politique des grandes puissances occidentales. Les choses s’arrêtent là.

Philippe Brou

Le Nouveau Courrier N° 806 Du Vendredi 24 Mai 2013




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