Humour et libre opinion/ Le coup de fil d’un partisan d’Alassane Ouattara à Roska

Un inconnu m’a appelée pour me donner son point de vue sur la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire. Il s’est présenté comme étant un partisan d’Alassane Dramane Ouattara. Nous avons eu des échanges très enrichissants bien que j’ai été choquée sur certains points. Malheureusement pour une question de temps nous avons été obligés d’interrompre notre conciliabule. Appréciez le peu qu’on a pu avoir…
Le téléphone sonne chez Roska.

Jeudi 30 Août 2012 - 08:00


Humour et libre opinion/  Le coup de fil d’un partisan d’Alassane Ouattara à Roska
Roska: Hallo!
Sylla: Hallo ! Hallo !
Roska : Hallo, je vous entends : C’est qui?
Sylla : Hallo ! Hallo !
Roska : Mais, Monsieur criez doucement ; je vous dis que je vous entends. Qui est à l’appareil svp?
Sylla : Zé vé paler à Roska
Roska : Elle-même à l’appareil. Qui êtes-vous svp?
Sylla : Moi c’est Sylla. Zé di ho! Vous là qui eclivé sur intrênet pour nous insilte-là, vous cloyé qué quoi ? Quand votre batar-là était au commandément vous avez fait pli que ca !
Roska : Bonjour mon frère : de quoi est-il question ? De quoi vous parlez Monsieur?
Sylla : Ze dis, votre Gbagbo là il n’est pas mié que ADO. Il faut venir voir ce que ADO a fait ici en un an sèlment avant de parler.
Roska : Ohhh, vous parlez du Bilan de Gbagbo et d’Alassane?
Sylla : Moi zé né parle pas de bilan, zé parle de cé qué sakin a fait. Gbagbo lui il a gaté les wroutes ici! Nous tous on a vi ça ici! ADO lui il a alanzé tout ça!
Sylla : Iniversité même on parle pli. Tout était gaté. Les zan de la feshi i zont gâté tout mais Gbagbo il voyait tout ca épi il a damé. Faut venir voir cé qué ADO il a fait ici. Si ti vé éclire il faut connaitre la vérité d’abord!
Roska : Mon frère, comment vous avez eu mon numéro ?
Sylla : Ça c’est un pétit l’affaire ! Abidjan ici là, c’est nous on commande. Tout cé qué on vé avoir, on va avoir. A Paris là-bas là, nous on a nos éléments là-bas! I connaît tous vos numlo!
Roska: Haaa, d’accord! Mais le numéro que vous avez composé n’est pas un numéro de Paris. Mais bref, ça ce n’est pas important.
Revenons à ce que vous venez de dire. L’université dont vous parlez, elle n’a jamais été payante. Pourquoi vous voulez faire payer maintenant ? Qu’allez-vous faire de ceux qui n’ont pas les moyens?
Sylla: Nous on s’en fout de ca! Si i zont pas larzent faut pas i vont patri à l’école! Est-ce qué c’est forcé? Cé qui zont larzent i vont patri, cé qui n’ont rien ils vont rester. Ça c’est pas un ploblème. Si é ils avaient voté ADO, le vié père pouvait voir leur cas! Mais é-mêmes les étidiants-là, i zont voté Gbagbo! Gbagbo n’a qu’à venir payer pour é maintrant!
Roska : OK ! Et vous trouvez ca juste? Vous trouvez normal ce que vous êtes en train de me dire là? C’est donc une punition pour ne pas avoir voté Alassane?
Sylla : Ma sère, moi zé n’ai pas dit que c’est pinition, mais ils vont payer pian! Comme ca on va voir si i vont coulaze pour casser encore.
Roska : Mon frère, on va revenir sur ce que vous êtes en train de dire, par rapport à l’école. Mais comment expliquez-vous le fait que toutes les nominations d’Alassane sont à consonance nordique ?
Sylla : Vous di qué ADO nomme les zans di nord sèlment là oh ! Mais quand é i zétaient au pouvoir ici là on a vi pli qué ça! Tous les bété qui n’avaient pas diplôme là, é tous étaient deveni policié ici! É tous travaillaient dans les bulo ici! Maintrant qué c’ést notre tour c’est là vous voulez parler. Parlez ! Nous on s’en fou de vous. Vous parlez mais le pays avance sans vous. Et pi nous, on s’en fout de vous, voilà!
Roska : ça se voit mon frère, que vous vous en foutez vraiment… Et ca ne vous dit rien de voir le peuple souffrir à ce point? Ce que vous faites, ce ne sont pas seulement les partisans de Gbagbo qui en souffrent, mais tout le peuple ! la preuve, moi je ne suis pas partisane de Gbagbo, mais j’en souffre pour l’Amour que j’ai pour mon pays!
Sylla : Quel péple? É i n’ont pas dit qué ADO il est Broukinabé ? Ils n’ont qu’à venir parler maintrant! Vous les Ivoiriens-là vous n’avez pas dit que vous avez bousse! Il faut parler maintrant! ADO lui, il est garçon ; mais vous, vous parlez on dirait femmes-là, on se connaît ici!
Roska : Mon frère, moi je suis une femme, donc c’est tout à fait normal si je parle comme une femme!
Sylla : Moi, zé né parle pas de toi. Zé parle de cé qui di ils sont garçons alors qué y a fohi! ADO est qualé pour 5ans pian! Et si il vé, nous on va le qualer encore pour 5 ans encore.
Roska : Mais là vous me donnez une information capitale sur la situation de pays mon frère! Les attaques repetées que qu’a enregistrées le pays ces derniers jours ne peuvent être que l’œuvre de garçons. Est-ce à dire que c’est entre-vous garçons que vous vous attaquez?
Sylla : Attaque-là, nous tous on sait que c’est les gars de Gbagbo! E i cloi qué Gbagbo va revenir gouvéner pays-la encore. Nous ca nous fait rire même quoi! Gbagbo c’est fini pour lui! Quand on disait i n’a qu’à quitter là lui i cloyait que c’était amizement. Nous on na propro ça tchê ! É pi y a fohi!
Roska : Mais mon frère, il ne s’agit pas de Gbagbo actuellement ! il s’agit de la vie du peuple Ivoirien! Et le peuple est composé de ceux qui ont voté comme de ceux qui n’on pas voté. Quand on dirige, on prend tout le monde en compte et on s’occupe de tout le monde de manière équitable! Aujourd’hui, avec l’insécurité dans le pays, la peur qui règne, pensez-vous que ce sont les pro-gbagbo seulement qui en souffrent? Les militaires qui ont été tués dans les camps militaires les semaines passées, pensez-vous qu’ils sont pro-gbagbo ou pro-alassane?
Sylla: Oui mais, c’est ça la guerre! Si é i sont militaires, i sont prêts à tout! Mais nous on sait qui est derrière tout ça et on va gérer ça.
Roska : Cette fois-ci vous n’allez pas dire que c’est Gbagbo qui est derrière ça hein mon frère, parce que lui il est à la Haye!
Sylla: Mais Madame Roska, nous on sait qué c’est les gars de Gbagbo. É i dit qué c’est pas é, mais nous on connait.
Roska : Ok! Vous êtes mieux informé que moi à ce niveau, donc je ne vais pas discuter avec vous sur ce point. Ce que je vous demande, Mr Sylla, c’est de dire à vos supérieurs, à vos patrons et autres que les Ivoiriens ont besoin de paix, de sécurité et de moyens de survie. La vie est trop chère, les gens ont peur à cause de l’insécurité; et on a l’impression que les dirigeants font tout pour ne pas que les Ivoiriens se réconcilient. Dites-moi mon frère, la réconciliation n’arrange pas vos patrons ou quoi? Pourquoi ils font tout pour boycotter cette réconciliation? Tous leurs agissements ne font qu’activer la haine et ne favorisent pas le rapprochement du peuple! Pourquoi vous faites ça?
Sylla: On fait quoi?
Roska : Hummm! Pourquoi vous ne faites rien pour réconcilier les Ivoiriens et puis vous agissez pour les diviser d’avantage?
Sylla: Mais ma sère, réconciliation ça c’est affaire de Banny, c’est pas ADO! ADO lui i lè plésident, c’est pas lui i va faire travail de réconciliation. Lui i la nommé Banny pour ça!
Roska : Ahhh bon hein ! C’est ce que vous croyez? Mr Sylla, si Alassane nomme les gens compétents à la place qu’il faut, libère les ivoiriens qu’il a fait prisonniers, arrête de traquer ses adversaires politiques pro-gbagbo, passe plus de temps en Côte d’Ivoire qu’à l’étranger, demande sérieusement et humblement pardon aux Ivoiriens et aux Africains, arrête le plan d’expropriation des terres des Ivoiriens au profit de nos voisins Burkinabé, demande aux Français et alliés d’arrêter de nous voler et de faire de notre pays leur éternel pré-carré de négriers, demande à ses soi-disant amis qui en fait n’ont pas d’amis mais n’ont que des intérêts, de libérer Gbagbo, redonne à Gbagbo et à son épouse Simone leur dignité d’être humain et de gens ayant dirigé notre pays, comme Gbagbo lui-même lui a fait hier ainsi qu’à Bédié, etc., alors ne pensez-vous pas que la réconciliation serait un acquis? Ce qui nous aiderait probablement à éviter une autre catastrophe humaine malheureusement en préparation selon les voix du ciel!
Sylla: Madame Roska, nous on n’a pas lé temps de tout ça! Céli qui vé sé réconcilié i lè avec nous. Céli qui vé pas aussi, nous on s’en fout. Nous on avance. Lé pays avance, viens voir cé qué ADO il l’a fait ici! Les wroutes, les iniversités, tout ça! On n’a pas vi ça avec Gbagbo!
Roska : Ok, mon frère, je pense qu’on va arrêter pour aujourd’hui. Merci pour le coup de fil et sois béni mon frère! Au revoir!
Sylla: Orovoi.
Entretien rapporté par Roska (29 Août 2012)
 




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