Human Rights Watch: MATT WELLS, un chercheur devenu SOFA de Ouattara

Lundi 14 Mai 2012 - 01:05


Human Rights Watch: MATT WELLS, un chercheur devenu SOFA de Ouattara
 
Les assises de grand Bassam, on le sait, ont accouché d’une grosse souris. Ceux qui avaient juré que ces assises ressembleraient aux prouesses amoureuses de Don Juan se sont royalement trompés. Grand Bassam fut un échec que les termes diplomatiques et flatteurs du communiqué final ne peuvent démentir. Au sortir desdites assises l’on a pu entendre un participant soutenir qu’un parti politique en valait un autre, allusion faite au FPI qui n’avait pas apposé sa signature au bas de ce communiqué. Pourtant depuis la fameuse signature du communiqué final, aucun parti signataire n’a prouvé que son « oui » pouvait faire accélérer les travaux de la Commission Dialogue Vérité Réconciliation (CDVR). Plus cette commission se lance dans des journées de purification nationales et dans des manifestations insignifiantes, plus elle donne moins de chance aux ivoiriens de vivre ensemble. Tout est finalement bloqué.
Dramane Ouattara a du mal à avaler cette pilule, lui qui pensait pouvoir imposer ses vues au FPI. Depuis, la déprime du pouvoir l’a contraint à démultiplier des sorties hasardeuses dans sa presse médiocrement professionnelle. Si des Ministres ne viennent pas se ridiculiser par des tirs groupés sur le parti de Gbagbo, se sont des personnes, qui visiblement ont l’obligation de justifier leurs primes, qui le font. Cette fois ci, le pouvoir a pêché un gros poisson, un chercheur à Human Rights Watch pour l’Afrique de l’Ouest, M. Matt Wells. Le pouvoir s’est, sans doute, frotté les mains croyant qu’il venait de faire un bon casting. Dans une analyse publiée sur le site de Jeune Afrique et reprise le Mercredi 19 Mai 2012 en page 4 par le quotidien «l’Expression», un journal pro-Ouattara, ce chercheur fait le procès par contumace du FPI. Le quotidien a eu l’intelligence de marquer : « Human Rights Watch corrige le FPI ». Le devoir de vérité ne nous autorise pas à fermer les yeux sur les innombrables mensonges qui parcourent cette analyse. Nous avons décidé de combattre le mensonge d’où qu’il vienne c’est pourquoi, sur le présent sujet, nous ferons l’effort de faire quelques précisions utiles avant de vérifier la véracité des faits allégués.

Les précisions utiles

C’est à tord que le journal l’Expression a écrit : « Human Rights Watch corrige le FPI ». En effet, cette organisation a une personnalité distincte de celle de son personnel. Les propos de son personnel ne peuvent l’engager. Ils ne l’engageraient que si l’agent parle au nom et pour le compte de l’organisation. En l’espèce, pouvons-nous dire que Matt Wells parle au nom et pour le compte de Human Rights Watch ? Le journal ne le précise pas. Cependant, notons que ce qui caractérise les agents de ce type d’organisation, c’est le principe de la neutralité. Cela a pour objet de les rendre indépendants vis-à-vis des pouvoirs politiques qu’ils sont censés surveiller et d’accomplir en toute impartialité leurs missions. Ce principe veut que l’agent ne se comporte pas comme un militant de parti politique, surtout dans sa sphère de compétence. Dès lors qu’il brise ce principe, il sort de son rôle et devient un militant, toute chose qui compromet sa mission. C’est ici le cas de Matt Wells qui n’intervient pas dans le cadre de ses missions mais plutôt à titre personnel. Ainsi en témoigne son analyse sur les assises de Grand Bassam et sur les conduites du FPI. Nous ne pensons pas qu’il ait été mandaté par son organisation pour s’adonner à une telle dérive. En agissant ainsi, le chercheur rejoint Y. Choï, (ancien représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU) qui avait affirmé que le FPI était fini. Est-ce l’ONU qui l’avait mandaté? Le Journal n’a donc pas fait preuve d’intelligence en affichant un tel titre. C’est aussi cela le professionnalisme des journaux pro-Ouattara.
Tout porte donc à croire que l’analyse a été commandée par le pouvoir d’Abidjan en vue de déformer la réalité. Et en Afrique, il suffit qu’une personne appelée chercheur, adopte une ligne pour que celle-ci soit considérée comme une parole d’évangile. C’est à juste titre que Matt Wells a été retenu pour la mission. La mission accomplie, il importe dès lors, de se pencher sur la véracité des faits.

La véracité des faits allégués

Toute l’analyse de Matt Wells est une charge contre le FPI. Même si par endroit, il tente d’indexer les crimes du camp Ouattara, ceux-ci se noient dans le long récital anti Gbagbo. Intéressons-nous à deux moments de son accusation avant de voir les crimes des pro-Ouattara qu’il cache.
Des revendications inopportunes et contreproductives
Selon Matt Wells les revendications du FPI notamment celles concernant la libération de Gbagbo et ses proches, sont inopportunes d’autant qu’elles encouragent l’impunité. Mieux, il propose que le parti de Gbagbo fassent pression « pour l’instauration d’enquêtes rapides et efficaces, à la fois au sein de la Côte d’Ivoire et au niveau de la CPI, sur les crimes commis par les forces pro-Ouattara. » Nous considérons que le chercheur fait une mauvaise appréciation des choses. En effet sur le plan purement politique, aucune partie à un conflit ne peut hiérarchiser ou imposer des revendications à un autre camp. Selon ce qui lui semble relever de l’évidence, ce camp peut formuler des exigences dont la résolution devra démontrer la volonté du pouvoir de créer des conditions favorables à une décrispation. Si le FPI fait de la libération de ses cadres une revendication non négociable, il appartient au pouvoir, soit de résoudre le problème, soit de lui faire comprendre que cela n’est pas opportun en donnant des arguments valables. Mais le pouvoir ne résous pas la question, il dit comme Matt Wells que ça serait faire la promotion de l’impunité. C’est un argument ridicule incapable de désarmer les cœurs. Qu’est ce que l’impunité quand des forces pro-Ouattara supposées avoir commis des crimes continuent de faire la pluie et le beau temps en Côte d’Ivoire ? Qu’est ce que l’impunité lorsque des anciens com’zones sont devenus des chefs d’unité ? Des organisations de défense des droits de l’homme n’ont-ils pas accusé certains de ces chefs d’avoir commis de graves crimes contre l’humanité?
De plus, l’échec des assises de Grand Bassam n’est pas lié aux revendications du FPI mais plutôt à l’entêtement de Dramane Ouattara à vouloir imposer les dates du 27 et 28 Avril alors que le FPI avait programmé bien avant sa convention le 29 Avril 2012 (décision du comité central le 25 Février 2012). De toutes les façons, un parti en vaut un autre. Par ailleurs, Matt Wells nous surprend par sa proposition. Il encourage le FPI à faire des pressions sur le pouvoir afin que celui-ci diligente des enquêtes rapides. Faut-il en rire ? Bien sûr que oui. Pourquoi le pouvoir n’a-t-il pas fait d’enquêtes avant de neutraliser les cadres du FPI. Il aurait fallu qu’il fasse d’abord une enquête, établisse les faits et dans une procédure régulière, arrête les cadres mis en cause. Rien de cela n’a été fait, Ouattara et ses hommes ont capturé tous ces cadres, les ont déporté dans leur fief tribal du nord et continue de les séquestrer. Alors pourquoi faire une enquête aujourd’hui et pour quels résultats. Si les enquêtes par miracle n’établissent pas la responsabilité des pro-Gbagbo arrêtés, Ouattara réparera t-il les dommages qu’il leur a causé ? C’est donc une proposition surréaliste.
De la discrimination entre les victimes
Matt Wells fait une discrimination fâcheuse entre les victimes de la crise. Selon lui, il y aurait d’une part les vraies victimes et d’autre part, les fausses. Naturellement les vraies victimes sont celles que l’on compte dans le camp de Dramane Ouattara et leur vie, est supérieure à celle de ceux que les hommes de Dramane Ouattara ont assassinés. Selon lui, « Le FPI serait mieux accueilli s’il se souvenait des véritables victimes.» Le FPI «a perdu de vue les véritables victimes du pays » Voici donc les propos d’un chercheur. Ses propos irresponsables dévoilent une liste de péchés des pro-Gbagbo.
1. Les forces pro-Gbagbo ont lancé des grenades à fragmentation sur des foules de manifestants, ont procédé à des tirs de mortier sur des quartiers très peuplés.
2. Les dirigeants du FPI ont mené une décennie de politique d’ivoirité, une manipulation de l’ethnicité au détriment des Ivoiriens du Nord et des immigrants d’Afrique de l’Ouest.
3. Certains dirigeants du parti ont utilisé régulièrement la chaîne de télévision nationale pour inciter à la haine contre ces groupes pendant la crise. Les militaires et les milices alliés au FPI ont commis des crimes de guerre et probablement des crimes contre l’humanité
Cette liste qui rappelle bien les notes du RDR et de Dramane Ouattara démontre la capacité de nuisance de ce chercheur. Le premier péché du FPI n’existe que dans les songes de Wells. Quel est ce quartier peuplé qui a reçu de telles grenades, des tirs de mortiers ? Il est muet sur la question. La liste des victimes, il ne souffle aucun mot. Pense t-il à Abobo? On peut dès lors le comprendre parce que Choï vient de soutenir que Gbagbo s’apprêtait à raser Abobo. L’intention de nuire à Gbagbo est nettement affichée. Durant la crise post électorale, la presse internationale propagandiste avait soutenu de telles affabulations mais depuis, elle n’a apporté la preuve de son scoop. Sur la question de l’ivoirité, Matt semble se tromper de cible. Pense t-il à Konan Bédié ou à la politique de rattrapage ethnique de Ouattara ? Laurent Gbagbo n’a jamais discriminé entre les nordistes et les autres habitants de la Côte d’Ivoire. Il a mené une politique harmonieuse. Il n’y a qu’à se référer à sa politique de décentralisation pour s’en convaincre. Laurent Gbagbo a travaillé aussi bien avec des hommes du sud que du nord. Il n’a pas hésité à confier à des nordistes des postes stratégiques. Jamais dans ses propos il n’a appelé à exclure les nordistes ou des ressortissants de la CEDEAO. Ce n’est pas sa politique d’assurance maladie universelle qui prouvera le contraire. En effet cette politique prenait en compte tous ceux qui résident en Côte d’Ivoire sans considération des origines. Mieux, il a supprimé la carte de séjour que Dramane Ouattara avait institué pour exclure les non nationaux. Si un parti a fait de l’exclusion son leitmotiv c’est bien le parti de Ouattara dont les amis ex rebelles ont chassé les non ressortissants du nord dans leur zone d’occupation. Sur l’utilisation des médias pour inciter à la haine contre les nordistes, nous dirons que le reproche n’est pas exact. En côte d’Ivoire pendant cette crise il existait deux types de médias, ceux ayant reconnu les décisions du Conseil constitutionnel proclamant Laurent Gbagbo vainqueur et ceux qui s’attachaient aux résultats illégaux de Youssouf Bakayoko. Ces médias sont TCI, une chaine pirate offerte à Ouattara par Sarkozy, Télé notre patrie, émettant depuis Bouaké, la télé du MPCI, ONUCI FM et les médias internationaux. Les dernières cités n’ont cessé de défier l’autorité de l’état. Ce sont ces médias qui appelaient à la violence et à la haine, c’est sur ces médias qu’étaient fait la publicité du commando invisible installé à Abobo, la promotion d’une prétendue révolution orange, l’appel au meurtre en qualifiant Laurent Gbagbo de rat qu’il fallait faire sortir de son terrier. Ces chaînes présentaient un Ouattara souriant annonçant que des mercenaires sud américains viendraient enlever Gbagbo et qu’il fallait faire intervenir les troupes de l’ECOMOG et des mercenaires. L’Etat de Côte d’Ivoire ne pouvait rester impassible devant ces faits. L’émission « Raison d’Etat » fut non une tribune d’appel au meurtre, mais un espace d’information et de formation qui a fini à faire prendre conscience à l’Afrique. L’on se souvient que la RTI avait été retirée du bouquet de Canal Sat, pour avoir diffusé le documentaire « Laurent Gbagbo dans le tourbillon du golf ». En tout état de cause, les visées insurrectionnelles des pro-Ouattara imposaient que soit affirmée l’autorité de l’Etat.
Ces faits bien choisis par Wells expliquent la catégorisation des victimes. Pourtant, dans un rapport de Human Rights Watch d’octobre 2011 (page 9), cette organisation avait estimé que « la tâche la plus urgente du gouvernement Ouattara est de rendre aux victimes des deux camps la justice qu’elles réclament…» Alors d’où vient-il qu’un chercheur de cette organisation s’offre le luxe de faire une distinction entre vraies et fausses victimes? C’est la preuve que Wells parle en son nom propre.
Les crimes oubliés des forces pro-Ouattara
A dessein, le chercheur Matt Wells ferme les yeux sur les atrocités commises par Ouattara depuis le déclenchement de la guerre en 2002. Il ne fait parler qu’une victime des pro-Ouattara à Doké. Pourtant à Doké justement le chef de village et tous ses notables ont été égorgés par les FRCI. Pas plus de commentaires. Il ne dira pas un mot sur les crimes commis par le MPCI au nord dès l’occupation de cette zone, crimes relatés dans l’ouvrage intitulé « Le repère » de Gomé Gnohité Hilaire. Il ne fera pas un clin d’œil aux membres des forces de l’ordre assassinés par les forces pro-Ouattara au nord. Il nous dira certainement qu’il s’agit de parler de la crise post-électorale. Bien sûr mais pourquoi ne fait-il pas mention des ivoiriens assassinés à l’ouest parce que soupçonnés d’être des partisans de Gbagbo? Les crimes commis par les forces pro-Ouattara à l’ouest ne méritent ils pas intérêt ? Mais où a-t-il mis les populations du village d’Anonkoï Kouté dans la commune d’Abobo exécutées nuitamment par les hommes du commando invisible de Dramane Ouattara? Ces personnes calcinées à l’antenne de la RTI d’Abobo sont-elles aussi minables que des insectes? Où sont passés tous ces jeunes raflés par les dozos et mercenaires pro-Ouattara ? Que sont devenues les jeunes civils qui se trouvaient au domicile du Président Gbagbo? Voici des crimes que Matt aurait dû souligner. Mais nous ne le blâmerons pas car sa mission est d’accabler le FPI. Malheureusement au lieu de réussir cette mission, il parvient à se discréditer.
En guise de conclusion, retenons que si Dramane Ouattara tient à réussir sa mission de « neutre réconciliateur », il a tout intérêt à renoncer à sa justice des vainqueurs. Matt Wells devrait travailler dans ce sens et non se comporter comme un Sofa. Le combat qu’il tente de mener est une guerre à l’hivernage parce que la vérité triomphe toujours du mensonge…C’est donc une Guerre perdue d’avance.
Que Matt Wells cherche donc ailleurs les auteurs de l’échec des assises de Grand Bassam.
Alain Bouikalo
Juriste-Consultant
bouikhalaud10@gmail.com
 




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