Hollande est arrivé en Côte d’ivoire pour institutionnaliser le chaos

Mercredi 30 Juillet 2014 - 04:34


Nous avions interpelé le Président François Hollande avant son arrivée en terre ivoirienne, sur les réalités qui, depuis la mascarade électorale, continuent de traumatiser les Ivoiriens.  Nous avions souhaité que notre visiteur, le Président Français, Monsieur François Hollande Spuisse trouver une solution immédiate aux problèmes qui crispent la situation sociopolitique du pays depuis bientôt quatre ans.  Les Ivoiriens savent que les rattrapés et les chefs de guerre qui nous dirigent n’auront jamais la volonté politique de sortir notre pays de l’impasse.  Ils n’ont pas la volonté de libérer les prisonniers: politiques, civils, militaires et tous ceux qui sont encore vivants dans les camps de torture d’Hamed Bakayoko. Ils croient qu’en torturant les jeunes Ivoiriens ou en les faisant disparaitre des prisons, cela leur apportera le bonheur qu’ils recherchent. La Bible nous dit dans Proverbes 1:22 : «jusqu’à quand, stupides aimerez-vous la stupidité…?» Version Louis Se- gond.  Alors laissons l’avenir déterminer la suite de ce cauchemar.  Revenons à notre illustre visiteur du 17 Juillet 2014, Monsieur François Hollande, qui ne fait qu’étonner le monde, surtout les Africains à qui il doit son élection. Il s’est illustré par des promesses non tenues de- puis sa prise du pouvoir en France et a quitté Abidjan sans toucher véritablement aux sujets pour lesquels nous l’avions interpelé, tels que le cas des prisonniers, des exilés et de l’insécurité galopante. Au contraire, Monsieur François Hollande a préféré lancer une menace de disparition au FPI, le parti de Laurent Gbagbo que la France et l’ONU détiennent in- justement à la Haye. Il vient ainsi de planter le décor d’un autre conflit en donnant non seulement son soutien à Ouattara de se maintenir au pouvoir, mais de l’encourager à poursuivre la traque et l’enlèvement des pro-Gbagbo.  Chose curieuse, quand on sait que pendant les campagnes en France, Dramane avait soutenu Sarkozy pour faire tomber Hollande. Cela ne nous surprend pas, du fait que tous les dirigeants occidentaux n’ont qu’un seul véritable objectif: celui de travailler pour les intérêts de leur pays, suivant ainsi les traces de leurs prédécesseurs. Les potentiels candidats en France peuvent se contredire ou s’attaquer pendant les campagnes, mais une fois élus, ils ne travaillent que pour les intérêts de leurs pays, car les dignitaires de leurs pays leur font un lavage de cerveau en leur disant: «Monsieur le Président, tu as tenu de beaux discours pendant les campagnes, mais sache que notre richesse et notre pouvoir viennent d’Afrique. Tu as promis libérer les pays Africains, certes, mais en même temps, es- pères-tu avoir un salaire? Si oui, alors tu as le choix entre travailler et être payé, ou libérer les Africain et travailler sans être payé.»  Donc François Hollande ne pouvait que se détourner des promesses faites aux Africains avant son élection. Monsieur François Hollande, en arrivant en Côte d’Ivoire, savait pourquoi son prédécesseur, Nicolas Sarkozy a mis notre pays dans le chaos, en démantelant l’Armée Ivoirienne pour la substituer à des chasseurs traditionnels, des mercenaires et même des repris de justice de la sous- région.  Il n’ignore pas non plus pourquoi Sarkozy a écarté le Président Laurent Gbagbo, Blé Goudé, Simone Gbagbo et bien d’autres cadres du FPI de la scène politique Ivoirienne, maintenant certains Ivoiriens en prison et en exil. François Hollande qui est bien informé de la situation désastreuse de notre pays, est arrivé en Côte d’Ivoire pour institutionnaliser ce chaos.
La preuve, il n’a fait mention d’aucune préoccupation des Ivoiriens, chose qui doit interpeler les intellectuels Africains. Le Président Français, que certains ont commencé à appeler ironiquement et affectueusement Françoise Yolande, a donc quitté la Côte d’Ivoire pour continuer son périple Africain, après une courte visite de 24 heures. Voici en substance les moments forts de son discours. S’adressant au FPI, il a dit ceci: «Si ce parti (le FPI) veut exister, qu'il aille aux élections.»
Exister veut dire vivre; donc ne pas exister signifie disparaitre ou cesser de vivre. La question que beaucoup d’Ivoiriens doi- vent se poser c’est de savoir pourquoi un parti politique pourrait-il «cesser d’exister» pour n’avoir pas participé à une élection qui est d’avance truffée de fraudes? Comment un parti qui veut exister peut participer à une élection ou un candidat cherche à se maintenir au pouvoir et à se légitimer par tous les moyens? Cette déclaration du Président Français explique clairement l’objet de sa visite en Côte d’Ivoire.
 
François Hollande est venu en Côte d’Ivoire pour (1) rassurer Dramane Ouattara que ce der- nier peut dormir tranquille car la France est derrière lui pour le maintenir au pouvoir en 2015, (2) obliger le FPI à accompagner Dramane Ouattara et ses rebelles afin de légitimer cet autre putsch de 2015 et (3) pour renforcer la France-Afrique qu’il avait promis circonscrire. Bien que les Chancelleries commencent à révéler que le tête-à- tête Hollande-Ouattara a été une séance douloureuse pour le chef rebelle à la tête de l’Etat de Côte d’Ivoire. Le FPI ne peut faire cette erreur monumentale en participant à une telle élection dans le seul but de vouloir exister, quand nous savons que l’homme de Sindou qui n’était même pas légitime en 2010 s’est investi du droit de vie et de mort sur les Ivoiriens. Qu’adviendrait-il lorsqu’il aura eu cette légitimité avec la participation du FPI à l’élection de 2015? Dramane a démontré qu’il n’a de considération pour aucune vie humaine. Cet individu est un criminel qui fait tuer de sang-froid et qui se réclame par la suite être dé- mocrate et homme de paix. Quand on sait qu’il a tenté de faire disparaitre le FPI par tous les moyens, si le FPI fait l’erreur de lui donner cette légitimité en 2015, ce parti disparaitra définitivement de la Côte d’Ivoire, car   il y a des erreurs qu’on ne commet pas en politique. C’est pourquoi Dieu nous a équipés de la sagesse et du discernement. Il faut que cela soit clair dès à présent, dans les conditions actuelles, toute personne qui décidera d’aller à ces élections de 2015 sans que les prisonniers ne soient libérés et les exilés ne soient rentrés, devrait le faire à titre indépendant sans toutefois engager le FPI.  Quant à la menace maladroite et incongrue de François Hollande, Le Président du FPI, Pascal Affi N’guessan a répondu en ces termes: «Tout le monde sait bien que la participation aux élections est un enjeu capital pour toutes les formations politiques, y compris pour le FPI. Lorsqu’il dit si le FPI veut exister, ça veut dire que si nous ne réussissons pas à créer les conditions d’une participation, c’est notre avenir qui sera en jeu. Lorsque nous disons que nous n’entrerons pas dans la CEI tant qu’elle n’est pas crédible, cela participe de ce combat-là. C’est une observation que tous les analystes font. Mais cela ne veut pas dire que nous allons participer aux élections à tous les prix.» De la pure intimidation et de la foutaise de la part de François Hollande La déclaration de Monsieur François Hollande n’est autre qu’une intimidation et une foutaise au FPI, aux Ivoiriens et aux Africains.  François Hollande n’ignore pas les actes belliqueux de son prédécesseur Sarkozy qui a non seulement saccagé notre pays et kidnappé les dirigeants qu’il garde en otage depuis quatre ans mais a aussi détruit l’Armée Ivoirienne pour livrer nos paysans à la vindicte des dozos.  Le Président François Hollande est arrivé dans un pays détruit par son prédécesseur sans exprimer aucun regret. Il s’est contenté de proférer des menaces à l’endroit du parti dont les militants et sympathisants ont été jetés en prison de manière arbitraire.  Nous trouvons donc les propos de François Hollande très irrespectueux et malencontreux.  Aucun parti politique ne disparait parce qu’il pose des conditions avant sa participation à un scrutin. Tout parti politique bénéficie du droit de participer à des évènements ou de se désolidariser si les conditions de sa participation ne sont pas réunies. Peut-être que Monsieur Hollande ne le sait pas mais le FPI sait que notre pays a été détruit à l’issue d’une élection, alors avant de s’engager dans une autre aventure électorale, il faudrait réfléchir Sept fois.  Cette attitude du Président François Hollande laisse à croire que lui aussi nourrit l’intention de bombarder la Côte d’Ivoire si le FPI refusait d’accompagner Dramane Ouattara qui est en quête de légitimité en 2015. Nous pouvons avoir tort, alors attendons de voir!  Monsieur François Hollande vient d’être prix à son propre piège.   François Hollande a choisi de menacer le FPI pendant que la France garde le Président Gbagbo et Blé Goudé  en otage à la Haye, afin de contraindre le FPI à servir de che- val à Ouattara. Après quoi, la France et l’ONU adopteront une résolution farfelue afin de l’autoriser à anéantir ce parti à jamais. Une fois les élections terminées et que Dramane sera légitimé, tous les militants du FPI se retrouveront à nouveau en prison, dans les cimetières ou en exil.  Alors Monsieur Hollande, j’ai une bonne nouvelle pour vous: «Bien que nous soyons noirs,  nous ne sommes pas dupes. Nous sommes intelligents et sages. Alors le FPI ne sera pas le chameau pour transporter les bagages de Ouattara en 2015.» Si le FPI veut exister, il devra rester imperturbable et constant dans ses revendications qui ont été rappelées par Affi Nguessan qui répondait à Jeune Afrique: «Il faut que tous les prisonniers politiques soient libérés, que les exilés politiques puissent rentrer, que leurs biens leur soient restitués. Il faut que les milices, notamment les dozos dans l’ouest, soient démantelées, que les FRCI soient enca- sernées, car la place de l’armée n’est pas dans la rue… .»  (…) Le FPI, membre de l’International Socialiste Le FPI étant membre de l’International Socialiste, quel message le «Président des Socialistes» a-t-il apporté au FPI?  Des menaces!! Nicolas Sarkozy, ami de Dramane Ouattara, libéral comme lui, a dé- logé Laurent Gbagbo, le socialiste du palais par des bombes. Auparavant, il avait privé les Ivoiriens de médicaments en plaçant la Côte d’Ivoire sous embargo et avait fermé toutes les Banques du pays pour affamer les Ivoiriens.  La France de gauche comme de droite est restée la même depuis cinquante ans d’assujettissement des pays Africains.  Pour elle, l’indépendance des pays africains n’est qu’un vain mot; un leurre. Pour la France, il faut garder «ces nègres» sous contrôle à vie, pérenniser leur misère en les poussant sur le ring du «dog-fighting»; c’est-à-dire les opposer les uns contre les autres comme des chiens pour se déchirer, afin que les commanditaires de l’ombre viennent s’imposer en tant que médiateurs et pompiers, pour ensuite profiter de ce désordre pour piller nos ressources. Concernant l’impunité: l’autre slogan creux comme celui de la réconciliation Le Président Français a dit ceci à propos de l’impunité: «Les responsables de crimes, quels qu’ils soient, doivent être traduits devant les tribunaux. L’impunité ne doit pas être tolérée. La Côte d’Ivoire doit respecter la démocratie, les droits de l’homme, et la bonne gouvernance». Bravo!! Monsieur François Hollande pour cette énième déclaration vague et dé- cousue. Nous n’osons pas croire que l’impunité prônée par Monsieur Hollande et ses alliés en Côte d’Ivoire s’articule autour de et se limite au Président Gbagbo et à Blé Goudé pris en otage à la Haye, ou à Simone Gbagbo aussi bien qu’aux milliers de pro-Gbagbo qui croupissent dans les prisons et camps de torture depuis 2011.  Ce ne sont pas ceux que vous gardez en otage qui ont fait la guerre à la Côte d’Ivoire pour crier que «l’impunité ne sera plus tolérée.»  Alors Monsieur François Hollande, pouvons-nous croire que vous venez ici d’ouvrir la voie à tous les criminels pour être interpellés par la CPI?  Si tel est le cas, il faudra procéder par ordre hiérarchique: d’abord par interpeler la Licorne, Armée Française qui a massacré les Ivoiriens à l’Université, devant l’Hôtel Ivoire en 2004 et autour de la Résidence en 2011, ensuite L’ONUCI qui a contribué aux massacres de l’Ouest et enfin les rebelles.  Depuis quatre ans, la France cautionne la justice à double vitesse en Côte d’Ivoire. Quand donc tous les criminels seront-ils interpellés par la CPI? Nous constatons que depuis quatre ans, c’est le même refrain «d’impunité» que l’on répète aux Ivoiriens alors que sur le terrain rien ne change. Ce sont là autant d’incongruités et d’injustice entretenues par la France rien que pour ses propres intérêts. En conclusion, ce que les Ivoiriens en particulier et les Africains en général doivent comprendre de cette visite de monsieur François Hollande en Côte d’Ivoire, c’est que la France ne voit et ne roule que pour ses intérêts. Elle n’a ni amis, ni protégés. Ceux qu’elles protègent aujourd’hui pour piller les ressources de notre pays et servir l’économie Française seront lâchés tôt ou tard demain; ce n’est qu’une question de temps. Que nos compatriotes qu’ils gardent en otage ou en exil meurent dans les prisons ou en exil, les Français n’en ont cure.  C’est pourquoi nous  lançons ce message aux Ivoiriens afin que désormais, ils puissent prendre leur propre destin en main et avoir à l’idée qu’aucun Président Français, quelle que soit sa bonne foi, ne tentera jamais de sortir un pays Africain de l’impasse. Les peuples Africains doivent eux-mêmes arracher leur INDEPENDANCE et leur SOUVERAINETE des mains des néo- colonisateurs. Que Dieu sauve notre Côte d’Ivoire et notre Afrique qui re- gorgent de ressources innombrables. ■

Daman Laurent Adjehi Auteur/Ecrivain


Source:Aujourd’hui / N°693 du Mardi 29 Juillet 2014




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