Hamed Bakayoko ne rassure pas

Lundi 18 Juin 2012 - 00:05


Hamed Bakayoko ne rassure pas
Hamed Bakayoko ne rassure pas et il ne pouvait en être autrement. L’homme est pris dans sa propre nasse. Il faut plus que son show télévisé d’hier pour convaincre les moins sceptiques d’entre nous et rassurer ceux qui ont des raisons objectives de s’inquiéter. Aujourd’hui la question que la plupart des ivoiriens se posent est de savoir si Dramane Ouattara et ses hommes maitrisent la situation sécuritaire actuellement dans le pays ? Avant-hier un ami m’a sorti d’un demi-sommeil pour me demander de faire l’effort de jeter un coup d’œil sur la RTI. Hamed Bakayoko était en train de faire l’exposé de ses fameuses preuves. Au bout d’une heure, j’ai eu droit à une déclaration d’un certain Kato Gnatoa, les prétendus aveux de coup d’Etat du ministre Lida Kouassi et quelques copies d’email que ceux qu’il identifie à des comploteurs ont échangé. Autour de ces trois petits « trucs » Hamed Bakayoko a produit une logorrhée inutilement hautaine et insultante. Dans un état de droit, Lida Kouassi n’avait pas à faire des aveux télévisés. C’est la meilleure façon de semer le doute dans la tête des citoyens. Cet élément n’a été rien d’autre que la confirmation que nous sommes dans un Etat d’exception parce que rien ne nous dit que pour le besoin de la cause, le ministre qu’on a extradé en dépit de tout protocole régissant le droit des réfugiers, n’a pas été torturé pour qu’il dise ce qu’on veut entendre. C’est à la même logique que répond la vidéo de la déclaration de Kato Gnatao. Cette video dont on ignore la date de réalisation aurait été crédible si le sieur n’était pas dans les geôles du régime depuis belle lurette. Quant au contenu des SMS, c’était désastreux. Non seulement il n’y avait pas de quoi fouetter un chat du point de vue du contenu, mais je me suis rendu compte à quel point nous sommes passés d’un état démocratique à un état policier avec Dramane Ouattara. Nous sommes tous sur écoute. Même nos SMS sont scrutés au non d’une certaine raison d’Etat. La dictature ne peut plus se nier quand la raison d’Etat prend le pas sur les libertés individuelles et qu’un ministre d’Etat ne s’encombre plus de scrupules pour le montrer. A l’endroit de Lida Kouassi lui-même, une petite réflexion me vient à l’ instant. Les faits politiques sont généralement comme des bois de boumerang. Quand vous l’avez lancé, et que la cible n’a pas été atteinte, il faut s’attendre a ce qu’il vous revienne en plein visage. Il n’était pas obligé de se prêter au jeu des faux aveux. C’est à cela que Laurent Gbagbo n’a pas cédé dans le goulag du nord. Mais que voulez-vous, tout le monde ne peut être Laurent Gbagbo !



Joseph Marat

 
 




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