Guerre contre le Président Gbagbo: Comment l’Onu a été manipulée. Les documents qui trahissent la Droite française

Jeudi 28 Mars 2013 - 09:03


Guerre contre le Président Gbagbo: Comment l’Onu a été manipulée. Les documents qui trahissent la Droite française
Le complot international monté par la Droite française  contre le Président Gbagbo se dévoile. Des câbles issus des services de renseignements et de la diplomatie française ont été pu - bliés exclusivement aujourd’hui (ndlr : samedi 23 mars 2013) par Inner City Press  sur son site Internet. Ces documents mettent à nu les manigances ombrageuses de la France, dans la crise ivoirienne. Cela passe par la manipulation de l’Onu et  de la Communauté internationale à travers des rapports éhontés sur le dispositif militaire ivoirien, l’organisation de la rébellion et la stigmatisation des leaders jeunes déterminés à s’affranchir désormais de la colonisation. Dans le premier document, le général de division Elrick Irastorza de la Force Licorne écrit au Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu en charge de l’Onuci pour attirer son attention sur le suivi des armes et munitions de l’armée régulière ivoirienne, en laissant transparaître que cette armée détient des munitions à forte capacité destructrice du fait d’un manque de contrôle à l’aéroport d’Abidjan. Curieusement, il ressort plus récemment, que c’est la France qui est accusée de violer l’embargo sur les armes en fournissant des armes aux forces rebelles d’Alassane Ouattara. Lisons ce courrier ultra confidentiel. «Port-Bouët, le 23 novembre 2005 N°233/comanfo - ricablcd-sf Le général de division Elrick Irastorza commandant les forces interarmées de l’opération Licorne. Monsieur Pierre Schori. Représentant Spécial du Secrétaire General des Nations Unies. Objet: contrôle de l'embargo et suivi des armes et munitions à fort pouvoir de destruction. Ré - férence: RCS~'U 1572 du 15 novembre04. pJ : un dossier récapitulatif. J'ai l'honneur de Vous adresser en pièce jointe un document faisant un point de situation sur l’efficacité du contrôle de l'embargo sur l'aéroport d'Abidjan, les munitions à fortes capacités destructrices détenus par les FDSCi et l’état des aéronefs militaires ivoiriens. Je me permets d'attirer votre attention sur les points suivants : Le contrôle des avions étrangers sur l’aéroport d'Abidjan est très insuffisant et mériterait d'être sérieusement renforcé voire systématisé. L'armée ivoirienne est toujours détentrice d'un stock de munitions à fortes capacités destructrices et d'armes à haut pouvoir de destruction (BM 21) sans rapport avec les menaces pesant à ses frontières, ou désormais inutiles faute de vecteurs pour les transporter (bombes d'avions). Stockées de façon anarchique, ces munitions, récemment évacuées de l'aéroport d'Abidjan, constituent toujours une menace pour les populations vivant à proximité de ces dépôts de circonstances. Une partie de ces munitions pourrait être dévoyée, si ce n'est déjà fait, à des fins terroristes en cas de détérioration grave de la situation. Enfin, l'état de l’aviation montre que si la plupart des appareils nécessitent d'importantes réparations, deux des trois IAR 3130 peuvent être équipés de paniers de roquettes ce qui porte à trois, avec le MI 24 encore opérationnel, le nombre d'hélicoptères de combat encore en service. En conséquence, je ne saurais trop suggérer que la prochaine résolution sur l'embargo permette sans ambigüité un contrôle plus strict du trafic aérien et organise la mise sous contrôle des Nations Unies de l'armement lourd des forces en présence et des stocks de munitions désormais inutiles» , a écrit l’ex-patron de la Licorne.
On se souvient des résolutions farfelues de l’Onu, que prenait le Conseil de sécurité à l’encontre uniquement de l’Etat ivoirien. Le second document démontre la parfaite connaissance française de l’ex-rébellion conduite et diri - gée par Guillaume Soro ainsi que son organisation, ses sources financières et ses abus. Pourtant, la France a couvert avec joie ces ex-rebelles rien que pour affaiblir et chasser le président Gbagbo. Voici ce que dit ce document : «Côte d’Ivoire : organisation financière de la rébellion. L’organisation administrative et territoriale dans la zone Nord de la Côte d’Ivoire  (2) répond au besoin de la hiérarchie des Forces nouvelles (Fn) de rationaliser le fonctionnement financier et la gestion des recettes budgétaires perçues sur l’activité économique de la région. Cette structure administrative et financière, n’empêche pas la poursuite des actes de racket et de taxations abusives menés sur le terrain affectant la production, la commercialisation  ou le transport des denrées. La fréquente absence de probité des cadres de la rébellion est à l’origine de nombreux détournements de recettes. Ces malversations ne font qu’aggraver les dissensions et les rivalités entre chefs de guerre et chefs politiques qui divisent le mouvement. I : organisation financière. Afin de renforcer son contrôle sur les chefs militaires de la rébellion et tenter de ré - duire leurs attributions financières, Guillaume Soro secrétaire général des Fn, a décidé à la fin du mois de novembre 2005 de renforcer le rôle des cabinets civils. Mis en place auprès de chacun des commandants de zone, ceux-ci sont notamment chargés de la captation des ressources financières qui sont ensuite gérées par la centrale (2). Des régisseurs responsables du bon fonctionnement des circuits de perception des différentes taxes et des directeurs administratifs et financiers (Daf) dont la tâche est de gérer l’ensemble des recettes perçues au sein de chaque zone des Fn, ont également été désignés et agissent directement au profit de la centrale. Fofié Kouakou commandant de la zone de Korhogo, promu au grade de commandant au mois de juillet 2005, a été nommé responsable de la sécurité de la zone et détient à ce titre, un droit de regard sur les  finances de l’ensemble de cette zone. Cette organisation mise en place à la fin du mois de novembre 2002 a évolué en fonction des évènements : au début de l’année 2005, elle s’articulait en six zones subdivisées en secteurs voire en sous-secteurs. Depuis la mi-août 2005, elle en compte quatre de plus. La centrale a été créée le 28 juin 2004, succédant à la Dirmob créée un an auparavant. Cette structure est l’organe de gestion et d’extraction des ressources des zones sous contrôle de la rébellion. II Persistance des taxations illégales et du racket. En dépit de la volonté politique des Fn de rationaliser la perception des taxes dans l’ensemble de la zone Nord, de nombreuses pratiques illégales persistent en matière de racket ou de taxes supplémentaires imposées localement et de façon arbitraire. Les activités de commerce de détail sont particulièrement victimes de ces agissements. A titre d’exemple, dans la zone de Korhogo, les taxes payées par les commerçants représentent la majeure partie des recettes perçues par la rébellion. Variables (3), elles sont définies en fonction du chiffre d’affaires du magasin. Leur montant est arrêté à l’issue de réunions organisées avec le syndicat des commerçants (…)». Dans le troisième document, la France sans doute déçue par l’échec d’une visite de trois chefs d’Etat africains en Côte d’Ivoire, à savoir Obasanjo du nigeria, Thabo Mbeki de l’Afrique du Sud et Tandja du niger, imagine déjà la possibilité d’une intervention de la communauté internationale à «imposer une solution». Car selon elle, le temps joue en faveur du Président Gbagbo. Rappelons que cela se passe en 2006. «Objet : échec de la mission des chefs d’Etat africains. Les trois chefs d’Etat arrivés à Abidjan le 22 novembre 2006 pour finaliser la nomination du premier ministre ivoirien, sont repartis bredouilles. Le président Mbeki a atterri vers 9 heures, il a été accueilli par M. Gbagbo et a noué quelques contacts privés. Les présidents Obasanjo et Tandja sont arrivés à Abidjan à la mi-journée. Une pre - mière réunion a eu lieu à la résidence de la république vers 15 heures. Elle s’est prolongée plus longtemps que prévu mais n’a débouché apparemment sur aucun résultat concret. M. Gbagbo aurait rejeté les deux noms proposés (MM Ouassenan et Yadé Coulibaly). La seconde réunion prévue avec les  responsables des partis signataires de l’accord de Marcoussis, a duré moins de quinze minutes. Les trois chefs d’Etat ont reconnu que leur mission n’avait pas abouti au résultat escompté. Ils ont envisagé de changer de méthode. Ils ont annoncé qu’ils rentreraient chez eux et  prévu de revenir dans une dizaine de jours. Les présidents Mbeki et Obasanjo sont partis vers 20 heures. Le président Tandja a passé la nuit à Abidjan. Commentaires : les trois présidents africains se sont donc déplacés à Abidjan pour rien.  Le blocage de la situation alimenté par l’entêtement de toutes les parties profite pour l’instant  au chef de l’Etat. Le premier ministre se repose à Dakar. Le gouvernement ne se réunit plus. Bien que son mandat soit arrivé à expiration le 30 octobre, M. Gbagbo  continue de gouverner comme si de rien n’était.  Le temps qui passe joue en sa faveur. Cette situation pourrait se prolonger aussi longtemps que la communauté internationale n’aura pas décidé de prendre résolument les affaires en main et d’imposer une solution. Celle-ci passe sans doute par des sanctions» , affabule la France. La suite est connue. La communauté internationale après avoir utilisé tous les moyens en sa possession a imposé sa solution militaire suite aux élections tronquées au président Gbagbo. Dans le quatrième document, la France relève pour le déplorer, la neutralité de l’Afrique du Sud conduite par le Président Thabo Mbeki. Elle voulait avoir la nation arc-en-ciel, la première puissance militaire du continent noir dans son escarcelle pour  clouer au pilori le président Gbagbo. Au niveau du cinquième dossier, la France analyse la situation politique au Libéria, pays voisin de la Côte d’Ivoire. Elle remarque mal - gré la victoire d’Ellen Johnson Sirleaf, sa difficulté à pouvoir réaliser ses promesses électorales, également, la France re - marque que cette dernière a préféré s’attacher les services américains pour sa sécurité. Le sixième document est le constat fait par la France sur le silence observé par le gouvernement malien et sa presse vis-à-vis de la crise Ivoirienne. La France trouve que cette décision a le mérite de ne pas échauffer les esprits dans un pays où la stabilité politique est remarquable et nécessaire pour lui permettre de faire face aux défis de la pauvreté. Le septième document est un récapitulatif du projet de sanction et la réaction des personnalités visées (Charles Blé Goudé et Eugène Kouadio). En parcourant ces documents, l’on se rend compte que ce qui arrive en Côte d’Ivoire aujourd’hui est l’aboutissement d’un processus minutieusement préparé par la France.

Fabrice Tété

Source: Wikileaks Actu et Inner City press

Source: Le Temps n ° 2 8 6 1 l M A R D I 2 6 M A R S 2 0 1 3




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