Grand Soulagement de Soro―Gbagbo lui a accordé son pardon

Jeudi 27 Juillet 2017 - 04:03


Guillaume Soro
Guillaume Soro

Depuis le vacarme des armes de 2010 orchestré par le RDR, et rythmé par sa rébellion, Soro Guillaume a toujours traité le président Gbagbo comme le pire des criminels que l’Afrique n’aurait jamais eu. En retraitant un certain nombre de videos contenant ses propos sur ce célèbre prisonnier de La Haye, on constate qu’il n’a jamais eu l’humilité d’ajouter au nom Gbagbo, le titre ‘président,’ ou ‘ex-président,’ ou ‘ex-chef d’Etat,’ ou même ‘Monsieur’ pour le designer.

Au temps fort de sa gloire en 2011, il avait maladroitement déclaré, ‘Laurent Gbagbo ne reviendra plus jamais en Côte d'Ivoire, oublions le et avançons car le pays est en marche.’ Six ans après, cette phrase tristement célèbre, résonne encore comme si elle avait été prononcée hier.

 

Soro, première victime de son ‘hostilité’ pour Gbagbo

 

Malheureusement pour Soro, la haine n’est jamais sans conséquence. Le psychiatre Leon J. Saul, dans son livre ‘The Hostile Mind,’ publié en 1956 ‘crois que l’hostilité de l’homme pour l’homme est le problème central des affaires humaines… que c’est une maladie à guérir et à prévenir tout comme le cancer, la tuberculose ou la variole, et que sa cure résultera d’un mode de vie meilleur, plus sain―pas seulement pour la société en général mais pour chaque individu en particulier.’ Ce diagnostique s’applique à Soro.

Il est malade de son ‘hostilité’ pour Gbagbo. Il court après la guérison. L’indulgence de Gbagbo. Le ‘pardon’ qui a une puissance psychologique et spirituelle sans pareil comme le montrent tous les livres sacrés.

 

Dévasté par une conversation interne haineuse

 

Le ‘pardon?’ Soro le recherche pour guérir du dialogue interne meurtrier qui le ronge. Cette communication intérieure où l’on parle à soi-même et qui peut être ruineuse. Surtout quand elle n’a été fait que de mots de colère, de rancunes, et des sentiments négatifs. Comme cela a été le cas pour Soro Guillaume à l’endroit du président Gbagbo. N’ayant pas pu gérer cette conversation interne haineuse, elle a provoqué un ensemble d’événements et des situations indésirables au centre duquel, il se retrouve.

Sa ‘carrière politique(?)’ et ses relations tiennent sur un fil de rasoir. S’il ne fais rien pour changer et transformer la donne, il court le risque de voir son cercle se rétrécir et les mâchoires de la justice se refermer sur lui.

 

Du braquage des banques, des armureries, au braquage spirituel

 

Alors, pour parer à toute éventualité déshonorante, Soro a opté pour le ‘pardon.’ Puis, informé qu’il a ‘placé la première année’ de sa seconde ‘législature sous le triple sceau de la Repentance, du Pardon et de la Réconciliation.’ Mieux, ce séminariste saisonnier qui pouvait braquer ‘son’ diocèse pour réclamer un avancement, s’il avait parvenu à porter la soutane, soutient son tri-type―Repentance, Pardon, Réconciliation avec un extrait du Livre de Matthieu. ‘Laisse-là ton offrande, et va te réconcilier avec ton frère’ (Matthieu 5 :24), qui est aussi, informe-t-il, le thème de l’Année pastorale.

Belle initiative pourrait-on dire. Puisque ‘la chambre du pardon, aucun homme sage ne la ferme, car pardonner est belle victoire de guerre.’ A dit Dante Alighieri. Mais solliciter ou accorder le ‘pardon’ est plus complexe que Soro ne pense. Il n’est pas fondé sur le communicationnel. Mais plutôt sur une décision consciente de l’offenseur-Sorode solliciter l'indulgence de quelqu'unGbagbo, suite à une faute commise.

La complexité de l’acte de ‘pardon’ s’accomplit dans trois sens, ‘se’ pardonner, pardonner aux ‘autres,’ et ‘accepter’ le pardon de ses offenseurs. ‘se’ pardonner nécessite que Soro reconnaisse qu’il a offensé la miséricorde de Dieu. Qu’il accepte d’autre part qu’il a commis un sacrilège en arrachant des vies. Et admette enfin qu’il a violé les lois de la nature et de l’univers. Puis, se repentir pour renouer avec ces entités, et l’offensé.

Mais les enjeux politiques incertains de la Côte d’Ivoire, et les conflits et pièges que chérissent les acteurs politiques au pouvoir, ne lui ouvrent aucune fenêtre de sa reconversion. Ou de sa réadaptation à de nouvelles conditions qui consisteraient non pas à chercher à changer l’autre mais à se changer soi-même.

Ne pas procéder ainsi, Soro confirmerait l’analyse de Paul-Jean Toulet pour qui ‘le pardon n’est parfois qu’une figure de vengeance.’ Alors le pardon de Soro dans ce cas ressemblerait à un braquage spirituel après le braquage des banques et des armureries.

 

Gbagbo a pardonné à Soro depuis longtemps

 

Aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent’(Matthieu 5:44). C’est ce commandement du Christ que Gbagbo a appliqué vis-à-vis de ses adversaires. Conséquences, il est perçu comme un ‘des enfants du Père céleste’ qui ‘fait luire son soleil sur les méchants aussi bien que sur les bons, et il accorde sa pluie à ceux qui sont justes comme aux injustes’(Matthieu 5:45).

Bien qu’ayant été victime d’une injustice imméritée depuis 2002, Gbagbo n’a posé aucune action vengeresse, ni exigé le pardon, ni réclamé une justification. Même pas une réparation ou une compensation auprès des media Français, Le Monde ou Libération, qui ont perdu des procès contre lui. Le président Gbagbo a considéré que pardonner est un commandent (Ephésiens 4:25-32 ; Colossiens 3:12-17,…).

Mieux, il a accepté l’injustice que lui ont imposé ceux qui ont manigancé pour sa déportation comme une correction du Divine. Puisque Dieu ‘reprend,’ ‘corrige,’ et ‘châtie’ celui qu’Il aime et reconnaît comme son fils. Alors que le grand-père cajole, comme explique Dr. David Jeremiah dans la série de vidéos qui accompagne son livre ‘God Loves You: He Always Has―He Always Will,’ publié en 2012.

 

Retombées du respect de la souveraineté de Dieu

 

Le président Gbagbo a pardonné à tous. Respectant par cette démarche la souveraineté de Dieu dans son parcours. Reconnaissant que tout ce qui secoue sa quiétude n’est pas sans l’approbation de Dieu (Job:1,2)pour son bien(Romains 8:28).

Prisonnier le plus populaire de Scheveningen. Souverainiste et panafricaniste reconnu. Réputation acquise et croissante dans le monde. Plaque tournante de la réconciliation et d’une politique sereine en Côte d’Ivoire…plus le déroulement de son procès qui lui donne raison à chaque séquence ou au passage de chaque témoin, et bien d’autres faits en sa faveur, sont les retombées du ‘pardon’ qu’il a accordé avec son cœur et son âme, et non du bout des lèvres comme le trio Bédié-Ouattara-Soro.
 

Aucun voyage nécessaire pour La Haye
 

Soro n’est donc pas obligé de se déplacer pour aller demander ‘pardon’ au président Gbagbo. D’abord parce qu’il a déjà été pardonné. Ensuite parce que Jean-Paul II donne un enseignement sur le ‘pardon’ que Soro n’a pas encore assimilé et appliqué. Il dit. ‘L'homme qui pardonne ou qui demande pardon comprend qu'il y a une vérité plus grande que lui.’

Soro a-t-il déjà reconnu la vérité des urne de 2010? A-t-il déjà reconnu la vérité sur sa trahison depuis 2002? Ces vérités qui sont au-dessus des chapelles politiques puisque c’est la Côte d’Ivoire qui boit la tasse. En invitant ‘les acteurs politiques sans exceptions, à faire preuve d’humilité et de grandeur,’ Soro a peut-être ouvert la bonne vanne. Il lui faudrait donc convaincre les gangsters Bédié-Ouattara, et leurs acolytes qui se sont abattus sur la Côte d’Ivoire comme des hyènes, pour qu’ils libèrent la proie. Le faisant, ils seront purifiés de ‘l’amertume, de l’irritation, de la colère, des éclats de voix, des insultes, ainsi que de toute forme de méchanceté’(Ephésiens 4:31) qui les ruinent.

En rétablissant ces vérités, Soro demanderait ainsi pardon à tout un pays. S’il le fait, tous les Ivoiriens, en se référant à lui, diront comme Alexander Pope que ‘l'erreur est humaine, le pardon divin.’ Soro et les autres pourraient alors être acceptés dans la société Ivoirienne qui les a rejetés malgré les apparence externes.

 

Gbagbo à l’instar de Joseph

 

Dans tous les cas, que Soro le fasse ou pas, Gbagbo est à l’instar de Joseph, l’enfant vendu à l’étranger par ses frères, mais que Dieu a relevé.

Le président Gbagbo peut dire, ‘vous aviez projeté de me faire du mal, mais par ce que vous avez fait, Dieu a projeté de faire du bien’(Genèse 50:20). L’autre leçon du pardon vrai de Gbagbo, permet d’apprendre que la force de Dieu est démontrée dans nos faiblesses (2 Corinthiens 12:7-9).

 

Livre sacré pour livre sacré

 

Comme à son habitude Soro a brandi un extrait de la Bible pour chercher convaincre. Alors cette plume l’a suivi en glanant quelques instructions qu’il ne connaît sûrement pas sur le sujet qui lui tient à cœur.

Feumba Samen

 





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