Gouvernance Ouattara: La mauvaise appréciation de Ousmane Diagana

Mercredi 12 Mars 2014 - 00:21


Kablan Duncan, premier ministre du gouvernement
Kablan Duncan, premier ministre du gouvernement
Des goûts et des couleurs, on n’en discute pas, enseigne la maxime. Cependant,  l’appréciation de la gouvernance Ouattara  par le nouveau directeur des Opérations de la Banque mondiale, Ousmane Diagana, invite à un débat de fond. «(…) Nous pensons pouvoir mobiliser des ressources plus subséquentes. Ne serait-ce que dans le cadre de la gouvernance et de la qualité des politiques publiques  qui,  il  faut le dire, sont meilleures aujourd’hui. Ce n’était pas le cas au moment de la préparation de la Stragie précédente», a-t-il soutenu dans un entretien accordé à Fraternité Matin, publié le 7 mars dernier. Quelques images fixées sur la gouvernance Ouattara, rappelons que la mauvaise gouvernance est justement ce qui  caractérise ce régime. Sans que le maitre d’orchestre ne se décide à sanctionner, à part tenter d’endormir le peuple avec des discours flatteurs sur la gouvernance. Au Nord et à l’Ouest du pays, on continue de piller les ressources agricoles et minières au su du gouvernement.  Il en est, particulièrement, du cacao, de l’anacarde et du coton. On assiste régulièrement à des licenciements massifs, sans justificatif légal,  dans plusieurs sociétés d’Etat et dans les institutions étatiques, après avoir vidé  la présidence de la République, la  Rti, le Port autonome d’Abidjan, la Sadpc, la Sicogi, la Sotra  etc. des militants ou supposés tels de l’opposition.  Pendant ce temps, le régime s’offre  le luxe d’éparpiller plus de 2000 partisans  dans les régies financières sur la seule base du rattrapage ethnique ou politique. Doit-on rappeler les interdictions d’activités politiques des partis pourtant légalement constitués, l’étouffement des libertés syndicales (le cas de la Coordination de la société civile ivoirienne), les emprisonnements des opposants, les enlèvements, les tortures et assassinats. A l’exemple de Grabo, comment peut-on mettre tout un village en prison parce qu’une attaque armée a eu lieu à proximité de ce village ? Doit-on revenir sur l’environnement économique ivoirien décrié par des faits de corruption ?  Quand l’indice Mo Ibrahim révèle que la Côte d’Ivoire figure parmi les pays les plus corrompus au monde, c’est à prendre au sérieux. Doit-on rappeler tous ces scandales de corruption dans les marchés publics que la Banque mondiale, elle- même, continue de dénoncer et dont promesse a été faite de faire un audit ? On refuse de penser que l’audit est biaisé par les certitudes de Oumane Diagana sur la gouvernance Ouattara. Que dire d’un système de gouvernance basé avant tout sur le poids politique des cadres techniques, sinon qu’il ne peut mener qu’à la politisation de tout l’appareil administratif au point de paralyser les vraies transformations dont le pays a be- soin ? Pour ce qui est de la vision, soulignons que Alassane Dramane Ouattara n'a aucune stratégie de production de richesse. Le pays vit de dette. Le directeur des Opérations l’a si bien souligné : la croissance économique de la Côte d’Ivoire est insufflée par le financement massif au profit des  investissements publics. Or ces financements viennent de l’extérieur.
C’est-à-dire que le chef de l’Etat a surendetté la Côte d’Ivoire dans une illusion de développement. Retenons une fois pour toutes que l’un des fléaux qui entravent  le bien-être des Ivoiriens  réside fondamentalement dans la mauvaise gouvernance des affaires publiques.

J-S Lia

Source: Notre Voie  N°4663 du mardi 11 mars 2014





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