Gestion du pouvoir : Les contradictions flagrantes du régime Ouattara

Dire une chose et son contraire semble être la ligne de conduite du gouvernement. Les dignitaires du régime, Alassane Ouattara en tête, ne cessent de se contredire, quand ils ne débitent pas des contrevérités.

Mardi 7 Mai 2013 - 07:49


L'équipe gouvernementale du régime outtara
L'équipe gouvernementale du régime outtara
Le régime Ouattara aura finalement habitué les Ivoiriens aux voltefaces les plus inattendues. En la manière, la visite du chef de l’Etat dans le Tonkpi a été riche en enseignement. Alors qu’il déclarait il y a quelques jours à Paris qu’il n’était pas «possible» de tenir ses engagements de campagne dans les trois années qui nous séparent de la fin de son mandat, le chef de l’Etat a une semaine après soutenu être en mesure de «réussir» d’ici 2015. Ainsi, le régime a multiplié les revirements au cours de son déplacement dans l’ouest. Jeudi dernier déjà, le porte-parole du gouvernement Koné Bruno mettait en doute la fiabilité des accusations de pillage et de prédation de l’économie ivoirienne contre les ex-chefs de guerre relevées par les experts de l’ONU chargés du surveiller l’embargo sur les armes. «Ce que nous voulons dire avec certitude aujourd’hui, les choses qui ont été décrites dans ce rapport de l’ONU ne peuvent pas avoir eu lieu en Côte d’Ivoire», estime le ministre. Sur la question, le locataire du palais présidentiel du Plateau, lui, a plutôt fait profil bas, prenant même le contre-pied du porte-parole du gouvernement. «Nous attendons que ce rapport nous parvienne. Je signale que c’est un rapport d’experts et par conséquent je ne mets pas en doute bien sûr la compétence de ces experts, mais notre volonté c’est de clarifier les choses et de prendre des décisions qui sont nécessaires», a déclaré Alassane Ouattara samedi à Man, à l’occasion de la conférence de presse qui a sanctionné sa visite dans le Tonkpi. Réagissant à un éventuel remaniement ministériel annoncé, le chef de l’Etat a affirmé que «l’équipe actuelle me donne satisfaction». Même s’il fait savoir que certains membres du gouvernement ont décidé volontiers «aller diriger des conseils régionaux».  Pourtant, c’est cette équipe dont il est satisfait du travail aujourd’hui à qui Alassane Ouattara a remonté les bretelles il y a moins de deux mois, invitant ses ministres à redoubler «d’imagination» face aux différents «manquements». C’était le mardi 12 mars dernier à l’ouverture du séminaire gouvernemental. «A plusieurs occasions, j’ai interpelé certains ministres, le ministre chargé de l’Energie par rapport aux coupures d’électricité, le ministre chargé des Infrastructures pour les problèmes d’eau à Yopougon et ailleurs. Donc ce sera une occasion pour dire quelle réponse vous donnerez à nos compatriotes sur ces différents manquements», avait-il  déclaré. S’agissant du cas Amadé Ourémi qui continue d’écumer la forêt du Mont Péko dans l’ouest en toute impunité, le régime continue de souffler le chaud et le froid. «Dans le mont Péko, un certain Amadé Ouérémi… Ce sont des dossiers qui sont en cours de traitement, il n’y aura pas d’impunité. Le ministre de la Défense a eu les instructions nécessaires, avec le ministre de la Sécurité», s’est défendu Ouattara comme l’a fait le premier ministre Duncan le 4 avril dernier. Encore et toujours la fuite en avant, la diversion… pour tromper le peuple. Depuis de longs mois, l’ultimatum lancé à Amadé Ouérémi et autres occupants pour déguerpir de cette forêt qu’ils exploitent en toute illégalité a expiré depuis le 31 décembre dernier. Sans que rien n’ait changé. Pas un seul signe d’un probable départ n’est perceptible.  C’est le statu quo ! Et ce ne sont surtout pas Babaud Daret, ministre des Eaux et Forêts, et son collègue délégué à  la Défense, Paul Koffi Koffi, dont les sorties n’ont jusque-là rien donné qui diront le contraire. On peut le dire, Ouérémi tient le régime par la barbichette, auquel Ouattara et ses hommes auraient déjà donné force à la loi en mettant à ses trousses l’appareil répressif de l’Etat. Notamment les FRCI dont le rôle semble se limiter à traquer, arrêter et torturer  les pro- Gbagbo quand ils ne leur ôtent pas carrément la vie.

Par Anderson Diédri

Le Nouveau Courrier N°792 du Lundi 06 Mai 2013




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