Gestion des affaires publiques: Quand Ouattara foule aux pieds la constitution

Le mot est-il trop fort quand le parti de Koulibaly Mamadou parle de «hors la loi» ? Une chose est évidente, ce régime a un véritable problème avec le respect de la loi qu’il viole sans sourciller. Aussi bien au niveau de l’exécutif que le législatif.

Jeudi 9 Octobre 2014 - 05:25


Doit-on aujourd’hui s’étonner d’une Assemblée nationale inféodée qui s’est érigée en porte-voix ou en instrument de prolongement de l’action de l’exécutif au lieu de jouer son rôle de contre-pouvoir ? Logiquement non. Les conditions dans lesquelles son chef, Guillaume Soro a atterri au Perchoir laissait déjà entrevoir ce à quoi les Ivoiriens devaient s’attendre : le vote de lois dirigistes que la deuxième institution du pays entérine sans analyse approfondie. En effet, c’est en violation flagrante de la constitution ivoirienne que Guillaume Soro a été élu président de l’Assemblée nationale le 12 mars 2012 à Yamoussoukro alors qu’il n’avait pas encore 40 ans «au moins» comme l’exige la loi fondamentale. Soro ne remplissait pas les conditions pour briguer le Perchoir. Mais le régime Ouattara qui cherchait à caser l’ex-chef de la rébellion et octroyer la Primature que Soro occu- pait au Pdci, a fait du forcing. D’ailleurs, le pouvoir a tenté de justifier son acte en expliquant s’être fondé sur les termes de l’Accord de Ouagadougou signé en mars 2007. Cet accord avait pourtant été signé juste pour aller aux élections.   Mais le chef de l’Etat n’est pas en reste. Alassane Ouattara s’est régulièrement inscrit en porte-à-faux avec la loi fonda- mentale. Il a pendant tranquillement violé l’article 55 de la constitution qui souligne que le chef de l’Etat est tenu de produire une déclaration «authentique» de son patrimoine devant la Cour des comptes «lors de son entrée en fonction». C’est face aux critiques incessantes qu’il a tenté de se soumettre à cet exercice. «Le président va déclarer son patrimoine comme l’exige la constitution. Il aurait dû le faire depuis son entrée en fonction mais cela n’a pas être possible à cause de la situation de crise. Son patrimoine va être déclaré dans le journal officiel», déclarait le porte-parole du gouvernement Bruno Koné le 27 juin 2012 à l’issue d’un conseil des ministres à Yamoussoukro. De quelle crise parle le ministre de Ouattara ? Faut-il attendre plusieurs années pour produire une simple déclaration de biens ? A ce jour, cette déclaration de patrimoine n’a pas été officiellement publiée. L’article 55 de la constitution souligne que les fonctions de chef de l’Exécutif sont « incompatibles » avec celles de dirigeant de parti politique. Mais depuis que Ouattara est à accédé à la magistrature suprême, il n’a encore pas publiquement annoncé sa démission de son poste de président du RDR qui n’a jusque-là pas été pourvu, après plus de trois années au pouvoir. C’est dans cette logique de gouvernance par la banalisation des institutions que le régime détient en toute illégalité des centaines de prisonniers politiques pro- Gbagbo dans les prisons disséminées sur l’ensemble du territoire ou les tortures dans des lieux tenus secrets. Le cas le plus flagrant reste les contre-vérités relayées par le ministre de l’Intérieur Hamed Bakayoko qui déclarait en janvier 2013 que Blé Goudé était en « résidence protégée ». « On vous a fait croire que j’étais dans une résidence. C’est le violon de la DST qui est une résidence surveillée ? Ce n’ai pas vrai », avait démenti Blé Goudé dans un enregistrement vidéo alors qu’il était encore détenu à la DST publié par Le Nouveau Courrier le 30 septembre dernier.

Par Benjamin Silué

Source: Le Nouveau Courrier N°1125 Du Mardi 7 Octobre 2014




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