Génocide, ils ont lâché le mot

Vendredi 29 Juin 2012 - 06:02


Le premier Aké N'Gbo accusé de crime de génocide
Le premier Aké N'Gbo accusé de crime de génocide
Pour donner plus de poids aux chefs d’accusation contre les prisonniers qu’ils détiennent dans les goulags du nord, Alassane Ouattara et son régime ont mué la notion de crimes contre l’humanité en génocide. Et parmi les génocidaires, il faut compter les personnes insoupçonnables comme Aké N’Gbo, Désiré Dallo, le diplomate Alcide Djédjé… et tous les autres pro-Gbagbo. Qu’ils soient en exil, incarcérés ou en sursis partout dans les rues. La notion de génocide est tellement sensible que son apparition dans le corpus des charges contre ces derniers, est révélatrice du drame qui se prépare sous nos yeux. Devant ce drame, l’idée que le régime neutralise les élites et travaille à compromettre durablement l’avenir de ce pays est une peccadille. Tous les documents qu’ils produisent sur le génocide ne nous dit pas qui sont ceux qu’on génocide. Si c’est le groupe ethnique de l’actuel chef d’Etat qui est visé, l’argument risque apparemment d’être bancal parce que le plus farouche partisan de la cause des prétendus génocidaires se nomme Koné Katina. Un grain de sable dans un engrenage mal monté. Le régime de Ouattara ne peut pas pertinemment traiter un seul homme politique de génocidaire dans ce pays. Parce que personne à part lui, n’est dans une logique de rattrapage depuis la charte du nord jusqu'à la constitution d’une armée de dozos pour conquérir le reste du pays. C’est pourquoi nous appréhendons plus le drame qu’il prépare que l’usage d’un concept vide contre les cerveaux de cette génération d’Ivoiriens. Sous nos yeux, une campagne agressive du régime de Alassane Ouattara n’est-il pas en train de préparer le génocide des pro-Gbagbo ? La question mérite qu’on s’y attarde. Etant donné qu’il ne peut enfermer tous les partisans du président Laurent Gbagbo dans une ethnie, ce dernier ayant vraiment dragué le peuple ivoirien sur la base d’un discours politique purement idéologique et non ethnique, le régime de Ouattara veut créer une « ethnie d’opinion » à exterminer. La volonté manifeste du régime de broyer les pro-Gbagbo dépasse visiblement le simple cadre du délit d’opinion. Il est devenu dangereux de montrer son penchant pour la politique du président Gbagbo. Tous les pro-Gbagbo sont des pestiférés dans ce pays. A l’ouest ils sont pris pour des miliciens quand, fuyant la guerre, ils sont pris dans la brousse, leur lieu de refuge. Partout dans le pays, là où les rixes opposent des populations exaspérées aux forces dites d’ordre, on trouve en face des pro-Gbagbo. Quand des camps de refugiés libériens, on extrade des personnes qui ont fui la guerre, pour justifier toutes les dérives liées à leur traitement, on parle de pro-Gbagbo. Un ministre de la République sur un plateau de télévision a même attribué les déboires de gouvernance du régime actuel à des pro-Gbagbo qui seraient en campagne d’intoxication contre Ouattara. Après la dernière sortie de Alassane Ouattara contre Koné Katina, on est convaincu que le principal sujet de conversation que le chef de l’Etat ivoirien partage avec ses homologues est la traque des pro-Gbagbo. Peut-on dans un régime prétendu démocratique stigmatiser à ce point une communauté d’opinion sans déjà avoir planifié contre elle une élimination génocidaire comme solution aux problèmes qu’on lui colle ?

Joseph Marat

 
 




Tags : Aké, N'Gbo

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