« Gbagbo n’a pas sa place à la Haye », selon l’Ecrivain-Sociologue et homme Politique, Dr Vincent-Sosthène Fouda.

Mercredi 6 Juin 2012 - 23:44


« Gbagbo n’a pas sa place à la Haye », selon l’Ecrivain-Sociologue et homme Politique, Dr Vincent-Sosthène Fouda.
« Il est facile de résister à une vague mais la jeunesse africaine aujourd’hui est un tsunami en marche et rien ne pourra l’arrêter (…) »
 

www.africaview.net - Vous n’êtes plus à présenter, mais pour une question de formalité, mais aussi pour satisfaire nos lecteurs qui ne vous connaîtraient, nous allons vous demander de vous présenter, Dr Fouda.
 
Dr Vincent S. Fouda: Comment parler de moi sans évoquer mes racines ? Je suis un homme d’ensemencement dans ce vaste champ qu’est le Cameroun – mes racines sont à Yaoundé, une terre où a coulé et continue de couler le sang des miens. Ma grand-mère maternelle, Odilia Embolo Fouda, une princesse Mvog Ada fille d’Ewondo FOUDA Tsogo qui a combattu les allemands. Mon grand père paternel un métis Mvog-Fouda Mballa et Basa’a Ndog Send dans ce Cameroun où si l’on n’y prête garde, le venin du tribalisme risque de tout embraser. Pourtant Essomba Ngo Ndzigui a montré combien de fois il est possible comme d’ailleurs beaucoup de familles de vivre ce grand métissage. Je suis Etenga par ma mère c'est-à-dire un mélange de Tikars et des Bamoun. Mon grand-père maternel, un homme simple a donné à ma mère et à mes oncles une éducation de paysan au sens primaire du terme ce qui nous rapproche encore aujourd’hui mes sœurs et moi de la terre. Ma mère n’a pas eu de sœur mais elle a de nombreuses cousines qui ont joué auprès de nous un rôle essentiel.
 

www.africaview.net - Vous êtes écrivain, pouvez-vous nous parler un peu de vos ouvrages, et ce qui vous a attiré vers cet art?

 
Dr Vincent S. Fouda: Un jour j’ai dit à un journaliste français qui m’interrogeait sur ma passion pour l’écriture, je lui ai dit que j’ai toujours adoré le parfum des livres, c’est un parfum qui me rappelle celui de la terre légèrement trempée. Pour moi c’est encore vrai aujourd’hui, ma propre enfance est tout un voyage qui aurait pu remplir de nombreux volumes sous la plume de Marcel Pagnol ou d’Antoine de Saint Exupéry. Je ne me suis jamais défini vraiment comme un Ewondo, mais comme un Ekang, un peuple de guerrier mais aussi de diplomate qui vit aujourd’hui dans 7 pays en Afrique centrale ; Le Cameroun, le Gabon, la Guinée Equatoriale, la République Centrafricaine, le Congo, l’Angola et Sao-Tomé et Principe. Bien que je sois parti, je suis resté l’homme du village, celui qui a vu naitre mon père, Akono, la cité athénienne de l’Afrique noire. J’en parle dans plusieurs de mes ouvrages. Akono a formé 4 présidents en Afrique Centrale, Fulbert Youlou du Congo Brazzaville, Barthélémy Bouganda de Centrafrique, André Marie Mbida et Paul Biya tous deux du Cameroun – à ce titre là je suis un homme d’enracinement – Je suis chez moi au Cameroun dans tous les villages, chez mes oncles Tikar, mes oncles Bamoun, mes beaux-frères Bafang, mes camarades de jeu Moundang de Kaélé. Je pense que chacun des fils et chacune des filles du Cameroun est capable aujourd’hui de se trouver une telle généalogie en marge des constructions ethniques qui sont plus politiques que sociales voire sociologiques. Enfant mes sœurs et moi pouvions passer nos vacances chez les Otoloa de Mbalmayo, un autre clan affilié à ma famille par ma grand-mère maternelle Suzanne Mfoumou, cette beauté nègre que je chante dans ma poésie, me vient d’elle.
 

www.africaview.net - Vous êtes aussi sociologue et politicien. Comment voyez-vous l’avenir socio-politique du Cameroun, votre pays et peut-être de l’Afrique pourquoi pas ?
 

Dr Vincent S. Fouda: J’ai toujours prophétisé l’Afrique belle, j’aime l’époque que nous vivons, c’est une époque de germination, de construction après celle de la définition, celle de la négritude de Césaire, de Senghor et de Damas. Après les indépendances nous avons arrêté de travailler, il n’y avait plus pour beaucoup de véritables enjeux, rien n’a plus jamais vraiment mobilisé les africains voila pourquoi il y a eu de nombreux martyrs dans ce que Kourouma a appelé le Soleil des indépendances et qu’il a achevé par « En attendant le vote des bêtes sauvages ». Mais nous avons oublié le questionnement métaphysique et fondateur Cheick Amidou Kane dans « l’Aventure ambiguë »! Comment avons-nous pu oublier un tel questionnement ? Il nous rattrape aujourd’hui parce que collectivement nous nous sentons menacé dans ce que nous sommes fondamentalement. Regardez la liste des martyrs, Dialo Telli, Sankara, Lumumba, Amical Cabral, Martin Paul Samba, Um Nyobè. Ces hommes sont des martyrs parce qu’il n’y avait pas de peuple, voici venu le temps des héros parce que les hommes, les femmes se lèvent en masse pour dire ce qu’ils sont exactement comme nous l’avons fait avec la négritude.
 

www.africaview.net - Quelles similitudes vous voyez entre l’époque de la négritude et celle actuelle ?
 
Dr Vincent S. Fouda: La négritude a répondu de manière dialectique à une question fondamentale de notre adaptation à la nature, elle nous a donné des moyens d’expression, un langage, elle nous a donné une civilisation collective. Nous pourrons en parlé plus longuement mais ce qu’il faut retenir c’est que la négritude au-delà des définitions données par les pères fondateurs, c’est notre personnalité collective, c’est la somme de nos réponses devant les énigmes de la nature, il y a donc là de la métaphysique, une ontologie, ce sont nos mœurs, les sciences et les techniques, les arts et les lettres. La négritude c’est le bouillonnement de ce que nous sommes, de notre affirmation dans un monde qui nous a tout retiré voilà pourquoi il y a une unanimité autour de Césaire, Senghor, Damas c’est ce mouvement qui nous a conduit aux indépendances. Après tout est tombé parce que nous avons eu l’impression que nous n’avons plus aucun défi à relever ! Erreur ! La période que nous traversons en ce moment est une période de fondation de l’Afrique, de construction de nos pays respectifs en posant nos problèmes pour nous-mêmes, non plus en regardant les autres, non plus en nous servant des outils conceptuels des autres. Tout africain doit le comprendre et se mettre en marche.
 

www.africaview.net - Vous êtes le Président du Mouvement Camerounais Pour la Social-Démocratie (MCPSD) et vous avez déposé votre candidature pour les présidentielles de 2011 ; malheureusement, votre candidature a été rejetée, quelle raison explique ce rejet ?
 
Dr Vincent S. Fouda: Par des tournures dont ils sont maîtres dans les dictatures, la Cour Suprême a dit que je ne suis pas camerounais, que j’ai une nationalité autre!
 

www.africaview.net - Est-ce à dire que les lois Camerounaises n’autorisent pas un homme ou une femme qui a la double nationalité à se présenter aux présidentielles ?
 

Dr Vincent S. Fouda: La double nationalité est reconnue au Cameroun comme vous pouvez le voir avec les footballeurs camerounais, dans l’équipe des lions indomptables il y a des footballeurs qui ne savent pas dire bonjour en français ou en anglais les deux langues officielles du Cameroun, qui n’ont jamais vécu au Cameroun, qui ne parle aucune des 256 langues du pays, n’ont jamais mangé camerounais ! La double nationalité est un problème politique quand on veut éliminer un adversaire politique on brandit la haine de l’autre sur un bout de papier et on le désigne comme un envahisseur.
 

www.africaview.net - Pensez-vous que ces raisons officielles seraient les vraies raisons ?

 
Dr Vincent S. Fouda: Il n’y a pas de vraies et de fausses raisons ! Il y a des raisons qui justifient et conduisent à un résultat donné et ce résultat est ma non-participation à l’élection présidentielle comme candidat. Quand vous êtes sur le terrain aujourd’hui vous vous rendez bien compte que notre candidature a été rejetée pour des raisons purement électoralistes et politiques. Pas parce que je suis une réelle force d’opposition mais parce que je suis le seul homme politique encore crédible aujourd’hui sur la scène politique camerounaise. Avec le mouvement politique que je dirige, le Mouvement Camerounais Pour la Social-Démocratie (MCPSD) est l’offre politique qui correspond le mieux au besoin de plusieurs pays africains aujourd’hui et au Cameroun en particulier. Vous savez que l’Etat-Providentielle a été mis à mort avec le temps et nous ne pouvons pas faire un saut aussi gigantesque dans l’ultra-libéralisme comme c’est le cas avec le Parti-Etat au pouvoir au Cameroun. Nous animons une plate-forme cameroungeneration2011.com qui aujourd’hui est à 100 000 visites. C’est énorme quand vous regardez le taux de participation à la dernière élection présidentielle au Cameroun, moins de trois millions d’inscrits et le nombre de votant a été encore inférieur à ce chiffre vous comprenez que le travail que nous faisons porte des résultats et ce sont ces résultats qui font peur au pouvoir vacancier en place au Cameroun.
 

www.africaview.net - Si jamais vous avez l’occasion de devenir le Président de la République Camerounaise, que compter vous apporter de plus à ce beau peuple qui aujourd’hui en voyant les pays comme la Côte d’Ivoire, se réconforte avec la paix relative que leur donne le Pouvoir de Paul Biya?
 
Dr Vincent S. Fouda: Moi président avec la confiance des peuples du Cameroun, j’installerai la rupture au cœur de mon action politique afin qu’aujourd’hui n’ait pas le visage émacié d’hier; moi président j’installerai au cœur de la vie politique camerounaise les institutions fortes, lisibles par tous, moi président je donnerai une priorité à la jeunesse camerounaise afin que le Cameroun puisse se construire pour elle, moi président j’aurai au quotidien une exigence de justice afin que quand je transmettrai le flambeau au terme de mon mandat, il soit facile pour moi de rendre compte et avec la volonté de Dieu, de jouir d’une paisible retraite auprès de mes enfants en contemplant le Cameroun continuer sa marche dans le développement et l’harmonie. C’est ainsi que je voudrais entrer dans l’histoire des nations pas seulement dans celle du Cameroun.
 

www.africaview.net - Vous êtes au Cameroun depuis un certain nombre de mois et n’avez pu retourner au Canada où vous vivez ; et ce, pour soutenir Vanessa Tchatchou, la mère du bébé volé à Yaoundé. Où en est-t-on avec cette affaire ?
 
Dr Vincent S. Fouda: Non, je suis au Cameroun seulement depuis le 7 mai parce que l’Etat du Cameroun me poursuit en justice pour diverses raisons dont toutes sont liées à l’affaire dite de Vanessa Tchatchou. Je suis poursuivi pour tentative de déstabilisation de l’Etat, de mise en mal de la paix, d’organisation et de participation à des manifestations publiques non-autorisées et enfin d’attroupement et de trouble à l’ordre public ! C’est beaucoup pour une seule personne.
 

www.africaview.net - Y a-t-il une volonté politique des autorités camerounaise à vouloir faire retrouver le bébé de Vanessa Tchatchou?

 

Dr Vincent S. Fouda: Le gouvernement camerounais ne montre aucune volonté, je dirais même qu’il travaille à ce que rien ne soit connu, c’est le propre des grandes dictatures de notre temps. La peur de la lumière, trouver une solution à l’affaire Vanessa Tchatchou, c’est envoyer de nombreux projecteurs sur le Cameroun or la force de ce régime c’est sa capacité à se faire oublier de tous y compris de son propre peuple. C’est un peu ce qui justifie que malgré de nombreux talents notamment dans le domaine du sport on ne parle plus du Cameroun, si oui dans les faits divers. Le bébé de Vanessa est une épine dans la chaussure bien portée du régime actuel. Le peuple et la communauté internationale restent vigilants et demandent chaque jour des comptes.
 


www.africaview.net - Nous savons que vous avez beaucoup apporté au cas Vanessa Tchatchou. Vous seriez même l’homme qui a œuvré pour mettre cette affaire triste au grand jour. Qu’en est-t-il exactement ? Qu’est-ce qui s’est passé au juste ?
Dr Vincent S. Fouda: J’ai fait ce que tout homme normal devrait faire en pareille circonstance. Malheureusement les camerounais ont l’estomac noué par la peur et la terreur au point de ne plus savoir faire la différence entre le bien et le mal. Vanessa a perdu un bébé, ce bébé a été kidnappé par des voleurs et des vendeurs de bébés comme il en existe partout dans le monde. Au Cameroun il y a une exception parce que la chaine de responsabilité va jusqu’au sommet de l’Etat puisque des ministres, des magistrats, des commissaires de police, des médecins sont impliqués. Il est plus louable alors pour les uns et les autres de se taire ! Ma conscience ne peut l’accepter !
 


www.africaview.net - Y a-t-il une lueur d’espoir pour Vanessa et son bébé quelque part ?
Tant qu’il ya vie il y a espoir mais au-delà de l’espoir c’est l’engagement des uns et des autres qui mettra un terme à ces pratiques qui sont vieilles comme le monde et nos traditions y participent. Quand une femme par exemple ne fait que des filles voire que des garçons, elle peut demander à une matrone de lui trouver un autre bébé par substitution à la maternité ; tout le monde le sait mais personne ne l’a jamais dénoncé. L’autre pratique est simplement de permettre aux familles en mal de maternité d’avoir un enfant alors on vol celui d’une démunie dans une maternité et enfin aujourd’hui avec la perte des valeurs dans notre société les bébés se vendent comme des bouts de pains dans l’échoppe du coin, voila ce contre quoi le collectif « rendons lui son bébé » se bat aujourd’hui.
 

www.africaview.net - L’actualité politique en Afrique aujourd’hui est bien influencée par l’arrivée de François Holland au Pouvoir. Qu’en pensez-vous ?
 
Dr Vincent S. Fouda: Comme beaucoup de socialistes, je me réjouis de l’arrivée de François Hollande au pouvoir en France. Je suis socialisant dans la grande famille des sociaux-démocrates et les dérives droitières au Cameroun peuvent aujourd’hui avoir en face une réelle opposition parce que le président français très rapidement a donné le ton de ses rapports avec l’Afrique et le Cameroun en particulier notamment en invitant le président de la république dans un message à lui adressé, à dialoguer avec son opposition, j’ajouterai aussi la société civile. Je reste cependant persuadé que la bouffée d’air que nous attendons viendra de la mobilisation intérieure des fils et filles du Cameroun dans un élan de responsabilité et un désir de liberté.
 

www.africaview.net - Pensez-vous que François Hollande peut constituer un élément de changement dans le contexte de la françafrique dont souffre l’Afrique ?
 


Dr Vincent S. Fouda: La France est le premier partenaire économique et politique de tous les pays francophone, c’est une voix qui compte dans ce que nous faisons voila pourquoi ce que dit et fait François Hollande intéresse les Camerounais non pas comme homme mais comme président de la France. A Abidjan dans une chanson populaire il est dit que « quand il pleut à Paris, Abidjan est mouillée ». Ca veut dire ce que ça veut dire. La Françafrique est appelée à disparaître et elle disparaîtra plus vite si en France nous avons un interlocuteur qui comprend et s’inscrit dans la logique de la détermination de la jeunesse africaine aujourd’hui qui aspire à autre chose. Il est facile de résister à une vague mais la jeunesse africaine aujourd’hui est un tsunami en marche et rien ne pourra l’arrêter. Nous sommes heureux que les premiers mots de François Hollande au peuple français juste après son élection aient été pour la justice et pour la jeunesse. Si vous transposez ces mots en Afrique vous pouvez comprendre l’espoir que François Hollande suscite ici car cette jeunesse a soif de Justice.
 


www.africaview.net - François Hollande a parlé de justice effectivement, alors pensez-vous que ce discours aura des répercutions sur le procès du Président Laurent Gbagbo le 18 Juin à la Haye ?
 
 

Dr Vincent S. Fouda: Je l’ai déjà dit dans plusieurs entretiens, j’ai été au sommet de Linas-Marcoussis, j’ai été à plusieurs reprises en Côte d’Ivoire y compris pendant les élections qui ont conduit au résultat que nous connaissons. Je pense que Laurent Gbagbo n’a pas sa place à la Haye. Il y a une indépendance de la justice et je ne crois pas que le président français ait vocation à intervenir auprès d’un juge ou d’un procureur mais le fait qu’il ait eu changement de régime et de politique en France va contribuer à éclaircir les relations inter-ivoiriennes parce que le Président Sarkozy a joué un rôle pas sain dans le pourrissement de la situation et dans ce registre nous pouvons mettre le Président Blaise Compaoré du Burkina Faso. L’heure est certainement donc à la réconciliation en Côte d’Ivoire et François Hollande va aider.
 

www.africaview.net - Dr Fouda, nous n’allons pas vous prendre plus de temps. Avez-vous un dernier mot à adresser à nos lecteurs, aux membres de votre mouvement, aux nombreux Camerounais qui placent en vous l’espoir d’un Cameroun nouveau, aux politiciens camerounais en général et au pouvoir en place en particulier?

 
Dr Vincent S. Fouda: Je prophétise le Cameroun beau fruit de la construction de tous et qui dit construction dit engagement. Tout le monde doit travailler, jusque là je me suis conduit en chasseur dans la forêt, j’ai tué le plus gros gibier de la forêt il faut maintenant que chacun sorte pour nourrir sa famille, il faut donc accepter d’aller dans la forêt pour dépecer le gibier sinon il va pourrir sur place et dans la forêt pendant que les gens meurent de famine au village. Je suis au service du peuple camerounais, je suis leur porteur d’eau, ce que je dis c’est ce qu’il m’a transmis. Je dis les souffrances de mon peuple voila pourquoi je regarde toujours ce peuple dans les yeux parce que je sais qu’à travers moi il voit le message qu’il m’a confié dans le secret de nos rencontres.
 

www.africaview.net - Merci Dr Fouda pour tout cet enseignement !

Dr Vincent S. Fouda: Merci à vous de m’avoir écouté et de bien vouloir transmettre mon message au peuple.

www.africaview.net – Vous pouvez compter sur nous.

L’ENTRETIEN D’AFRICAVIEW.NET

Interview réalisée: par Marie-David Houphouët / le 03 Juin 2012
Source: AFRICAVIEW MAGAZINE / AFRICAVEW to VALORISE AFRICA!
 




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