Gbagbo et les intérêts français

Vendredi 13 Septembre 2013 - 05:46


Image d'archives:Vincent Bolloré sur le port d'Abidjan avec le président ivoirien Laurent Koudou Gbagbo
Image d'archives:Vincent Bolloré sur le port d'Abidjan avec le président ivoirien Laurent Koudou Gbagbo
Depuis que la France a arraché le pouvoir au Président Gbagbo, par les bombes et les missiles pour le remettre à [son protégé], l’on est en droit de se demander si le président patriote et éminent panafricaniste Gbagbo s’est une fois opposé aux intérêts français dans le monde et particulièrement en Côte d’Ivoire. Il convient d’analyser les différentes prises de position de ce célèbre Ivoirien vis-à-vis des intérêts de la France en Côte d’Ivoire.

Dans l’opposition

Révélé dans la sphère politique ivoirienne dans les années 1970, Gbagbo, le professeur d’Histoire, ne s’était jamais opposé à Houphouët-Boigny mais plutôt au système de gestion du parti unique, le PDCI-RDA. Autrement, Gbagbo n’a jamais menacé les intérêts français dont Houphouët-Boigny était le garant en Côte d’Ivoire, et au-delà, dans toute l’Afrique francophone. En réponse à ses points de vue et analyses, du reste dénués de toute partialité et empreints d’honnêteté intellectuelle, il a subi le courroux des Français qui, pour mieux piller les richesses ivoiriennes, ne voulaient pas de la démocratie dans le pays comme partout dans les pays africains. [Et cette logique prévaut encore aujourd’hui]. C’est pourquoi, la France n’hésita pas à donner l’ordre à ses soldats du 43ème BIMA de mater toute velléité d’opposition comme ce fut le cas dans le Guébié (au Centre-Ouest) et le Sanwi (dans le Sud-Est) où de nombreux Ivoiriens furent massacrés. Il sera injustement jeté en prison, à maintes reprises, par Houphouët-Boigny, sur instruction des français qui voyaient en cet opposant pacifique une menace infondée pour leurs intérêts dans le pays d’Eburnie. Tous ces actes d’emprisonnement arbitraire et d’embrigadement des libertés et de toute opposition ont contraint Gbagbo à s’exiler. Malgré tout, Laurent Gbagbo ne lança aucun appel pour saboter ou boycotter les intérêts français en Côte d’Ivoire. Après la chute du mur de Berlin et les manifestations pour réclamer le multipartisme, Houphouët sera contraint d’accepter l’exercice du pluralisme politique. C’est ainsi qu’à l’élection présidentielle de 2000, les Ivoiriens ayant détecté en cet opposant pacifique un combattant de la liberté, à même de les conduire sur le chemin du développement, n’ont pas hésité à l’élire.

Au pouvoir

Installé au pouvoir en 2000, à la grande surrise des Français et de leurs alliés occidentaux impérialistes, le Président Gbagbo a géré d’une manière magistrale le pays. Il a remis en ordre les finances, la sécurité et la dignité des Ivoiriens. Il n’a toutefois pas remis en cause les contrats et marchés conclus par les régimes précédents. Celui que les impérialistes ont qualifié d’intrus dans leur système de gestion de la Côte d’Ivoire n’a jamais rompu le moindre lien avec la France. Les multinationales fran çaises ont toujours gardé le monopole des entreprises et des industries en Côte d’Ivoire ; Gbagbo ne les a jamais menacées. Au contraire, il leur a donné de continuer d’exercer librement dans tous les secteurs stratégiques de l’économie ivoirienne où ils détenaient le monopole. Bouygues, dans les secteurs de l’eau et de l’électricité, Bolloré dans le transport et l’exploitation portuaire, et beaucoup d’autres domaines aux mains des entreprises françaises qui offrent des marchés mirobolants à leurs filiales au détriment d’entreprises ivoiriennes plus compétitives et moins onéreuses. Gbagbo n’a eu de cesse de réclamer un par - tenariat gagnant-gagnant entre les deux pays. Cette aspiration légitime sera perçue par la vorace France comme un sacrilège. Elle refusera de partager le gâteau Ivoire et lèvera une rébellion meurtrière contre la Côte d’Ivoire pendant 10 longues années. Pendant la rébellion et la crise électorale. Tous les Ivoiriens savaient que la rébellion était une œuvre «luciférienne» de la France contre le pouvoir du Président Gbagbo. Toutefois, dans ses discours, le numéro 1 ne cessait de dire à son peuple «laisser la France tranquille». Alors que les soldats ivoiriens et les populations étaient assassinés lâchement par les soldats français et ceux de l’ONU, Gbagbo ne s’est pas dressé contre cette coalition de forces hétéroclites d’occupation. C’est plutôt les criminels- rebelles de Ouattara qui butaient ces sol - dats étrangers qui les ont, ironie du sort, entraîné au maniement des armes. Ce n’est que plus tard, exacerbé par les crimes sans cesse répétés de ces soldats dit de la paix, que le Président ivoirien demandera à ces forces d’occupation (ces tueurs) de quitter le territoire ivoirien. Alors que Chirac et sa rébellion attaquaient le pouvoir de Gbagbo, les français n’ont été nullement inquiétés par le régime d’Abidjan. Ceux-ci, assurés de leur sécurité en Côte d’Ivoire, revenaient, en masse, par charters, sur les bords de la lagune Ebrié où leurs commodités de vie étaient bien meilleures à celles que Chirac les obligeait à aller vivre dans les HLM, dans des conditions d’insalubrité répugnante, où piscines, belles plages, bateaux de plaisance, personnel de maison et bien d’autres choses à leur portée était désormais un luxe. Malgré les bombardements menés par les soldats français sur les deux ponts d’Abidjan, les snipers à la solde de Chirac disséminés dans la ville d’Abidjan, la descente de l’armée française sur la capitale occasionnant des milliers de morts, Gbagbo n’a jamais appelé à détruire ou même à s’opposer aux intérêts français. Evidemment, les médias à la solde de l’im - périalisme français ont toujours colporté de façon mensongère des messages attribués injustement aux jeunes patriotes appelant à détruire les intérêts français. Ces tueries massives d’innocentes personnes, ces mensonges, ces bombardements de sa résidence officielle et ces exactions commises par les rebelles et mer - cenaires organisés et héliportés par l’armée française de Sarkozy et l’ONUCI, n’ont nullement conduit Gbagbo à donner l’ordre à son peuple et à l’armée ivoirienne de s’en prendre à ces scélérats et hétéroclites envahisseurs.

Après son arrestation et sa déportation

 L’arrestation et la déportation de Gbagbo, pourtant en exercice, n’ont nullement changé sa position vis-à-vis des intérêts français. C’est plutôt Ouattara et ses affai- ristes, arrivés au pouvoir grâce aux bombes de Sarkozy, qui menacent les intérêts français en Côte d’Ivoire. Quelle ironie du sort ! Car à la vérité, ces gouvernants actuels, financièrement insatiables, adeptes des marchés gré à gré et d’enrichissement facile et rapide, arrachent même des contrats à des entreprises françaises. Un exemple récent est celui du Bureau International de Vérification d’Assistance et de Contrôle (BIVAC) auquel a été arraché le contrat le liant à l’Etat de Côte d’Ivoire pour être attribué à Webb fontaine, une entreprise qui, dit-on, appartient à Dominique Ouattara. Aujourd’hui, ce sont des entreprises burkinabè, maliennes, très peu expérimentées, qui s’accaparent les marchés autrefois attribués aux entreprises françaises. Manifestement, la voracité des entreprises françaises et la mauvaise foi des dirigeants de l’hexagone les empêchent de voir celui qui préserve leurs intérêts en Côte d’Ivoire. A la vérité, le Président Gbagbo n’a jamais menacé les intérêts des impérialistes occi- dentaux encore moins des Français. Les Français savent bien, ainsi qu’ils l’observent depuis la prise du pouvoir par leur poulain, que leurs intérêts ne pourront point fructifier tant que Gbagbo est maintenu injustement en prison. La preuve est bien faite depuis le 11 avril 2011 ; leurs entreprises étant quasiment en faillite. L’argent ne circule que dans la poche des affairistes du parti de Ouattara et ne travaille que pour leurs seuls intérêts quoiqu’en dise l’économiste ( ?) du FMI, [qui méconnait foncièrement la Côte d’Ivoire]. Gbagbo, l’historien, l’opposant pacifiste, l’homme d’Etat, ne s’est jamais opposé aux intérêts des français. Lui intenter un procès serait étaler au grand jour les crimes et autres actes barbares de la France en Côte d’Ivoire, depuis la colonisation jusqu’à nos jours. Paroles d’historien. Qu’il soit donc, pour l’intérêt de la France, et une véritable réconciliation entre les Ivoiriens, purement et simplement libéré.

Source: Le Nouveau Courrier N° 876 Du Jeudi 12 Septembre 2013




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