Gbagbo et Blé à la CPI, dialogue politique… Les germes du chaos se mettent en place

A travers des décisions et actions impopulaires doublées d’une gouvernance hasardeuse, le chef de l’Etat conduit le pays tout droit dans le mur. Qu’est-ce qui peut l’arrêter ?

Jeudi 27 Mars 2014 - 08:02


Où va Alassane Ouattara avec sa gestion approximative de la Côte d’Ivoire post 11 avril 2011 ? La question mérite d’être posée. Depuis son installation à la tête de la Côte d’Ivoire, le chef de l’Etat n’a cessé de poser des actes qui divisent chaque jour davantage le peuple ivoirien. Première erreur monumentale, le transfèrement du président Laurent Gbagbo à la CPI. Une action qu’un grand nombre d’Ivoiriens n’a pas apprécié et continue d’en garder un souvenir révoltant. Le processus de réconciliation nationale venait de prendre considérablement du plomb dans l’aile. Mais le régime ne s’est pas arrêté là. Il a continué de persécuter les pro- Gbagbo par les arrestations et détentions arbitraires, des exécutions sommaires et extrajudiciaires, des tortures, etc. Conséquence : près d’un millier de pro-Gbagbo sont actuellement détenus dans les prisons disséminées sur l’ensemble du territoire où ils continuent d’être torturés, des milliers sont en exil, d’autres ont été lâchement tués. Comme si déjà le sabotage du processus de paix par le régime ne suffisait pas, le régime Ouattara a transféré Charles Blé Goudé à la CPI le samedi 22 mars dernier. Il venait là de ruiner encore les maigres espoirs du processus de réconciliation. D’ailleurs le président de la Commission Dialogue vérité et réconciliation Charles Konan Banny admettait vendredi dernier que le transfèrement de l’ex-ministre de la jeunesse sous Gbagbo est une autre «difficulté» qui va certainement jeter un coup de froid sur l’action de réconciliation. Pour le Front populaire ivoirien, c’est la provocation de trop qui marque la «rupture» du dialogue politique.  Aussi, malgré les conditions aussi bien techniques (le matériel n’est pas totalement acheminé, la formation des agents n’est pas achevée) que politiques (des milliers d’exilés, blocage du dialogue politique) qui ne sont pas réunies, le pouvoir d’Abidjan a décidé de faire un passage en force en lançant la 4ème opération de recensement général de la population et de l’habitat (RGPH). Toutes les réserves et propositions de l’opposition ont été systématiquement rejetées. C’est donc pour ne pas cautionner cette «mascarade» que le président du FPI Pascal Affi N’Guessan a appelé l’ensemble des Ivoiriens à boycotter cette opération. Comme on le voit, Ouattara prépare le chaos en conduisant la Côte d’Ivoire tout droit dans le mur. A travers des mesures et actions impopulaires, il veut diriger le pays en excluant l’avis d’une bonne majorité des Ivoiriens. C’est tout naturellement que le FPI a invité les Ivoiriens à se mobiliser contre la «dictature».


Gérard Koné

Source: Le Nouveau Courrier N° 992 Du Mercredi 26 Mars 2014




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