GHANA/ Après Blé Goudé: Arrêté à Accra, Idriss Ouattara échappe à ses ravisseurs

Vendredi 1 Février 2013 - 07:48


Idriss Ouattara
Idriss Ouattara
On peut l’affirmer tout net, au regard de leurs agisse - ments, les autorités ivoiriennes ne veulent vraiment pas réconcilier les Ivoiriens. En plus de multiples preuves de leur mauvaise foi qu’elles nous donnent constamment, les gens du nouveau régime se sont encore illustrés dans ce sens la semaine dernière. En effet, les individus que Ouattara a envoyés à Accra pour mettre la main sur des pro Gbagbo ont tenté, par deux fois, de kidnapper Idriss Ouattara. La dernière fois, c’était, le samedi 26 janvier dernier. Selon notre source, alors que l’infortuné Idriss Ouattara allait faire une course dans un quartier de la capitale ghanéenne, il a été accosté par des individus armés non identifiés qui lui auraient intimé l’ordre de les suivre. Sans faire de résistance, l’ex- président des Agoras et parle - ments les aurait effectivement suivis. Après quelques mètres de marche, et ayant constaté la présence de nombreuses personnes dans la rue, «avec courage, il n’a pas hésité à prendre la fuite» , nous confie notre source qui ajoute que ses ravisseurs ont tenté de tirer dans sa direction, mais la présence des passants les en a empêché. «C’est ainsi qu’Idriss Ouattara a pu échapper à ses ravisseurs» , affirme notre informateur qui appelle les exilés à la vigilance et leur conseille vivement d’éviter les sorties solitaires. Non sans indiquer que depuis lors Idriss Ouattara est injoignable et on se demande si les hommes de Ouattara ne l’ont finalement pas eu. Ce n’est pas la première fois que les envoyés du régime Ouattara tentent d’enlever ce proche de Laurent Gbagbo. Déjà, le mercredi 23 janvier 2013, le ministre Charles Rodel Dosso, Gohourou Claude (président d’une association des victimes des déchets toxiques) et Idriss Ouattara ont échappé à un enlèvement. Alors qu’ils se trouvaient ensemble, le mercredi 23 janvier dernier, Charles Rodel Dosso, Idriss Ouattara et Gohourou Claude ont failli être enlevés par des individus au service du pouvoir d’Abidjan. Si pour l’instant on ne sait rien des circonstances de ce kidnapping manqué, il apparait désormais clair que les pro Gbagbo sont fortement infiltrés par des hommes de Ouattara qui suivent tous leurs mouvements. En attendant d’y voir clair, il faut remarquer que les tentatives de kidnapping et autres enlèvements se poursuivent au Ghana à un rythme effrayant. D’autant plus que, le 24 janvier dernier, Mosis Christian-Pierre, un proche du Dr Don Mello Ahoua (ex- Dg du Bnedt et ex-ministre sous Gbagbo) a été, lui aussi, enlevé par trois policiers ghanéens et un policier ivoirien. A en croire notre informateur, il a été par la suite conduit dans les locaux du célèbre Bni, et depuis, personne n'a accès à lui, pas même son avocat. Ce qui fait dire à notre source qu’un réseau constitué des envoyés de Ouattara, de policiers ghanéens corrompus et des membres de la Dst ivoirienne a été mis en place au Ghana pour traquer les pro Gbagbo. Par ailleurs, la même source affirme que l’ex-Dg des Douanes ivoiriennes, le Colonel Alphonse Mangly, a, lui aussi, échappé à un enlèvement. Notre interlocuteur soutient que son domicile a été l’objet d’attaque, la semaine dernière. Cela, à son absence. Les personnes qui ont attaqué son domicile y étaient, dit-on, pour l’arrêter. Heureusement qu’il était absent. Ce n’est pas tout, puisque, le même mercredi 23 janvier 2013, un Ivoirien, un certain N’Guessan, a été arrêté presque dans les mêmes conditions que celles de Mosis. Il devait être extradé en Côte d'Ivoire, le jeudi 24 janvier, à 23h, selon notre source. Mais, affirme la source, selon le ‘’refugee Board’’ que l'association des refugies ivoiriens a saisi, cet Ivoirien semble être toujours dans les locaux du Bni. A ce jour, aucune explication n’a été donnée sur ces arrestations et cette chasse absurde aux refugiés légalement reconnus comme tels par les autorités ghanéennes. Cette vague d’arrestations et de tentatives d’enlèvement font suite à celle hautement spectaculaire de Blé Goudé intervenue, le jeudi 17 janvier 2013. Atta Mills est vraiment mort ! A cause de ces agissements certainement cautionnés par les nouvelles autorités ghanéennes, les exilés, tout comme certains Ghanéens, estiment que «le professeur de droit, feu président John Evan Atta Mills est vraiment mort» . Puisque, selon eux, depuis le décès de cet homme, les Ivoiriens qui ont fui la dictature de Ouattara sont livrés à eux-mêmes et malheureusement, l'héritage (l’Eat de droit) d’ Atta Mills est en train d'être détruit par son héritier constitutionnel, John Mahama Dramani qui vient d'être élu Président de la République, le 7 décembre 2012, par le peuple ghanéen. Le Ghana est un exemple de démocratie en Afrique, nous disait-on, du temps de Mills. Cet acquis est en passe de devenir du passé. Aujourd'hui, c'est la chasse aux refugiés ivoiriens au Ghana. Ces hommes, femmes et enfants qui ont trouvé refuge au Ghana du temps du Président Atta Mills sont aujourd’hui pourchassés dans les rues, arrêtés dans leurs domiciles et jetés en prison pour être ensuite livrés au régime de Ouattara malgré leur statut de refugiés. Assurément, le Ghana refuse de respecter ses engagements vis-à-vis du traité de Genève sur les refugiés en assurant la protection de ces derniers sur le territoire ghanéen. Puisque dans certaines radios locales, indique toujours notre source, on appelle même à des dénonciations contre les Ivoiriens sous le regard complice des autorités ghanéennes.

Ferdinand Bailly
ferdinandbailly@yahoo.f

Source: LG Infos   N°350 DU MERCREDI 30 JANVIER 2013






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