Front populaire ivoirien : la base se pose des questions sur le contexte de la nouvelle surenchère d'Affi N'guessan

Jeudi 3 Mars 2016 - 20:48


Depuis quelques semaines, le Président par intérim Sangaré Abou Drahamane a décidé d'amener ses camarades à passer à une autre étape de la lutte. Il faut saluer à ce propos les actions qui ont été menées ces derniers jours.

Face à cette situation, Affi N'guessan a ressorti sa tête quand ses patrons lui ont rappelé qu'il oubliait de jouer son rôle de "troisième homme". Plus précisément celui d'entraver les actions de l'opposition politique en posant des actes de diversion afin de faire gagner du temps à ses parrains. Cela pose des questions :

Pourquoi le Parti de Laurent Gbagbo qui doit être à l'offensive, présente-t-il toujours l'image d'un ventre mou ? Pourquoi alors que ce Parti a des cartes en main, il s'enferme dans une lourdeur qui devient chronique ? Qui est Affi N'guessan pour que tout un Parti, de surcroît celui de Laurent Gbagbo soit à sa remorque ? Pourquoi ce Parti est-il sur la défensive et est donc souvent amené à se défendre par rapport à des actes que pose cet ancien camarade? Pourquoi devons-nous être ceux qui doivent riposter alors que l'expression du terrain accule plutôt Affi N'guessan à se confiner dans le rôle de celui qui doit maintenant raser les murs ?


Affi N'guessan, quoiqu'il ait la justice ivoirienne avec lui, ne peut pas être aussi nuisible si nos lourdeurs ne l'y aident pas. Nous devons ensemble noter que la science infuse n'habite personne parmi nous. Et «  heureusement  », parce que la perfection n’est pas de ce monde. Aussi, l'émotion est-elle humaine. Mais approcher les choses avec le rationnel ne peut que nous apporter. Il est plus qu'urgent de changer de façon de faire. La base peut se décourager des élans de négligence, du manque d'allure à poser des actes de prévention et d'anticipation. Pourquoi ce qui est prévu pour qu'on se donne les moyens d'avancer n'est-il pas fait même si leurs actions ne peuvent avoir, dans le temps que des effets limités ?


Il y a des questions de principe sur lesquels il ne faut pas transiger même si les obstacles sur le terrain sont nombreux. Mais c'est justement parce que le terrain est hostile que nous menons un combat. Dans toute démarche politique qui veut conduire à l'efficacité, il nous semble qu'une fois qu'une décision est prise sur une action à mener, des personnes doivent être commises à son exécution. Un timing doit en même temps être arrêté par rapport au cahier des charges. Mais parce que certains cadres ne prennent pas leurs responsabilités, la distribution du travail n'est pas légion dans ce grand Parti où tout devient alors l'objet de réunionite.


Il faut dire que la lutte en cours est un monstre dont les cours sont indéfinis. Il est donc inconvenant que des rigidités gratuites, des fausses assurances, parfois de la suffisance et des certitudes intempestives reviennent au galop pendant qu'il y a lieu de rebâtir les jalons d'une véritable refondation. Il faut alors maintenant lancer la création d'un grand mouvement de rassemblement. Ce vaste mouvement doit avoir pour point d'ancrage la libération de Laurent Gbagbo. Il sera question d'amener tous les Partis progressistes à se déterminer clairement par rapport à cette question.

En fait, la construction de la dynamique peut être abordée autrement. Mais l'essentiel doit être que le FPI sorte de sa configuration actuelle de repli pour jouer son rôle de Parti leader en rassemblant les autres et la société civile qui n'attendent que cela. Il serait salutaire que le FPI opère une rupture et renoue ainsi avec des pratiques novatrices.


Le Parti de Laurent Gbagbo doit naturellement avoir un "ventre dur" car, à l'image de son Président-fondateur, il a toujours su s'adapter face aux défis. Le FPI ne peut plus être dans une position de repli après ce qui est arrivé à la Côte d'Ivoire. Après la phase de "guérison psychologique" du traumatisme causé par les armes des prédateurs, il faut se saisir avec spontanéité des opportunités qui s'offrent. Il y a trop de lourdeurs. Ce qui n'est pas normal pour ce que les populations vivent.


Enfin, le FPI doit absolument changer de façon de faire en ouvrant les yeux sur l'évolution du monde. Quand il y a un problème juridique, on ne peut ajourner indéfiniment sa résolution surtout quand des éléments existent pour des tentatives de solutions. La justice ivoirienne veut Affi N'guessan comme chef de l'opposition. Quand une justice choisit ainsi une autre personne que celle que la base du Parti a désignée, la Cour de Justice de la CEDEAO et celle de l'Union africaine disent-elles la même chose ?


Au total, il importe d'expliquer aux militants ce que nous faisons et où nous allons. La lutte est multiforme comme nous aimons bien à le dire. Il ne faut donc pas rester figer sur certains tableaux. C'est par ailleurs, par notre projet politique, nos propositions et par l'espérance que nous donnerons que le peuple consentira à faire des sacrifices.


Claude Koudou
 




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