Front populaire ivoirien (Fpi): Tout se complique

Assurément, le Front populaire ivoirien (Fpi) continue de laisser des plumes dans les difficiles rapports entre lui et le régime d’Alassane Ouattara. La chute de Laurent Gbagbo écroué à La Haye, la détention de ses cadres dans certaines prisons du pays, l’exil forcé de personnalités issues de son rang l’ont ankylosé.

Mardi 4 Septembre 2012 - 08:20


Akoun (à gauche) et Douati, responsables du FPI, incarcérés à la MACA (Maison d'Arrêt et de correction d'Abidjan)
Akoun (à gauche) et Douati, responsables du FPI, incarcérés à la MACA (Maison d'Arrêt et de correction d'Abidjan)
Mis en état d’infériorité, Miaka Oureto, Laurent Akoun, Amani N’Guessan Michel, Marie-Odette Lorougnon…héritent donc, en l’absence des autres, d’un parti groggy. La nouvelle mission se dessine ainsi d’elle-même : sortir la tête du parti de l’eau, lui éviter une mort ‘’ programmée’’, et, au demeurant, reprendre le combat politique. Pensum immense et abrupt ! Dans un contexte particulièrement maussade, le Fpi ne rechigne pas à la tâche. Grâce à ses leaders intérimaires, il retrouve un second souffle. Bravant bien d’hostilités, le parti de Laurent Gbagbo s’essaie à des meetings de remobilisation dont celui de Yopougon-Ficgayo vire au drame. Faut-il reculer ou avancer ? La seconde option est faite. Et le Fpi obtient du régime Ouattara des discussions pour sa participation aux législatives de décembre 2011.
Mais Miaka et ses camarades s’abstiennent d’y participer, dénonçant le fait que les conditions ne sont pas réunies pour des élections démocratiques. Surviennent alors des incompréhensions qui n’étouffent cependant pas l’ouverture d’un dialogue dit républicain. Le Fpi subordonne sa participation au jeu politique à la libération de Laurent Gbagbo, « son champion », de tous les cadres emprisonnés, le retour sans condition d’exil des personnalités de son parti et le dégel de leurs avoirs. Le pouvoir en place assimile ses revendications à une foire à la surenchère. « Il faut tourner le dos au préalable ! », martèle –t-il. Les choses en sont là, quand surviennent les attaques d’Akouédo, des commissariats de police et des positions des Forces républicaines de Côte d’Ivoire.
Le pouvoir porte alors des accusations contre les dirigeants du Fpi qu’il soupçonne d’avoir un lien avec ces attaques. Echanges de propos corsés. Alphonse Douati, secrétaire général adjoint du Fpi est mis aux arrêts. Laurent Akoun, secrétaire général est lui aussi arrêté pour troubles à l’ordre public et condamné à 6 mois de prison ferme. Coup de massue mais aussi de semonce ! Même si Miaka Oureto affirme que son parti ne se mettra jamais à genoux devant le président Ouattara, l’emprisonnement de Douati et Akoun affaiblit le parti qui traverse désormais une mauvaise passe. Les militants qui assistent impuissants à cette situation se terrent chez eux, à l’abri peut-être d’éventuels soupçons. Aujourd’hui, il est question de faire vivre le parti. Mais avec quels moyens ? « Réorganiser le parti, tenir des réunions et des meetings de mobilisation nécessitent de l’argent. Or Dieu seul sait que nous n’avons pas d’argent », nous confie un cadre du parti.
Depuis plusieurs mois d’ailleurs, le Fpi ne reçoit pas sa part de subvention, dans le cadre du financement des partis politiques. Face à un régime qui durcit sa position et qui visiblement décide d’abattre les cartes de l’intransigeance et de la fermé, que peut le parti d’Affi N’guessan et de Simone Gbagbo tenus très loin de leurs camarades militants ? De quels moyens dispose le Fpi pour affronter le pouvoir d’Alassane Ouattara ? Ces questions ne cachent pas moins la difficulté qu’éprouve en ce moment la principale formation de l’opposition pour qui, en réalité, les choses vont en se compliquant.
Alain BOUABRE




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