Front Populaire Ivoirien: Un comité central extraordinaire pour chasser Affi

Mercredi 7 Janvier 2015 - 09:32


Loin de se laisser déboussoler par la dernière décision de justice reportant le congrès du FPI et rejetant dans la foulée, la candidature du président Laurent Gbagbo pour cause d’irrégularités, les adversaires de Pascal Affi N’guessan, sont plutôt à la manœuvre. Se basant sur les textes du parti, ils ont entrepris depuis quelques jours, de faire circuler une pétition dans les rangs des membres du comité central à l’effet d’obtenir la convocation d’une session extraordinaire de cette instance du Front populaire ivoirien (FPI). Notons que le comité central comprend environ 500 personnes, dont quelques 300 restent à ce jour, actifs. Selon des sources proches des pétitionnaires, plus des 2/3 des signatures escomptées, ont déjà été atteints et jusqu’à dimanche dernier, l’engouement autour de l’opération était toujours grand. Hier, au moment où nous mettions sous presse, l’heure était au décompte final pour déterminer le nombre exact de signataires. Mais d’ores et déjà, dans les rangs adversaires internes du président Pascal Affi N’guessan, l’on se frotte les mains pour ce succès qui permettra de dégager ce dernier et remettre le FPI en scelle avec le président Laurent Gbagbo à nouveau aux commandes comme dans les années 90. Ne voulant rien faire au hasard, les « frondeurs » -comme les nomment si bien leurs contradicteurs,- une fois la pétition bouclée, s’attèleront à faire authentifier les signatures par un huissier de justice, avant de convoquer, probablement en fin de semaine, un comité central extraordinaire. Mais en même temps, ils savent que la partie ne sera pas pour autant jouée car, en face, il y a un Pascal Affi N’guessan décidé à ne rien lâcher, selon la belle expression de l’homme, et donc prêt à tout pour se maintenir à la barre en cette année électorale où les enjeux politiques sont énormes avec notamment une probable entrée au gouvernement du FPI, dont les bruits sont de plus en plus retentissants, ces derniers jours et aiguisent bien d’appétits. Mais qu’à cela ne tienne, les Assoa Adou, Laurent Akoun, Alphonse Douati, Marie-Odette Lorougon et autres Tapé Kipré, pour ne citer que les visages les plus connus, se disent prêts à parer à toute éventualité dans cette guerre sans merci qui les oppose depuis plusieurs mois maintenant, au président du parti. De son côté, malgré deux
succès judiciaires obtenus récemment sur ses adversaires, le président Pascal Affi N’guessan, joue la carte de l’union et du rassemblement. De bonnes sources, l’ancien premier ministre se préparerait à former un nouveau Secrétariat général dans lequel figureraient en bonne place, ses pourfendeurs actuels. C’est la perche qu’il entend tendre ainsi, à ces derniers, pour ne pas qu’ils perdent la face dans cette affaire où la justice et le pouvoir Ouattara semblent avoir pris fait et cause pour le camp Affi. C’est certainement fort de ce soutien massif que l’ancien maire de Bongouanou, a dégainé samedi dernier, devant des fédéraux, contre Stéphane Kipré et Mme Nadi Bamba, comme pour dire qu’il peut être méchant s’il le veut bien. «(…) Il faut savoir que dans ce camp, parmi ceux-là, il y a beaucoup de faussaires. Il y a même un qui a imité, à l’époque,  la signature du ministre de l’économie et des finances pour accorder un agrément de 180 mille tonnes de cacao à une entreprise où il a empoché près de 4 milliards. Je sais que c’est lui qui a imité la signature de Gbagbo pour faire cette lettre attribuée à Gbagbo. Ce sont des faussaires, on les connait et ils vont se cacher en France pour essayer de nous emmerder. Si ce n’est pas Gbagbo, il serait en prison aujourd’hui », a tonné Affi à l’endroit du gendre de l’ex-chef de l’Etat, qu’il s’est gardé de citer mais que son auditoire a toute de suite identifié derrière ce haut fait d’armes, en scandant aussitôt le nom de Stéphane Kipré. S’agissant de Nadi Bamba, Affi N’guessan s’est voulu moins diplomate : «(… ) Il ya tous ceux que j’ai cités mais il y a aussi, la dame nommée Nadi Bamba. C’est elle qui est le pivot du complot. Les autres ne sont que des instruments. C’est pourquoi, ce sont ses journaux qui sont à la pointe du combat contre nous. Cette dernière attend même qu’on me chasse de la tête du FPI pour rentrer en Côte d’Ivoire. Aujourd’hui, le FPI est l’objet de plusieurs convoitises. Alors que cette Nadi Bamba nous a déjà fait suffisamment de mal. Elle y est pour beaucoup dans la chute du FPI. Depuis 2007-2008, quand Soro Guillaume est devenu premier ministre, c’est elle qui a tout fait pour que Soro Guillaume soit le chouchou du président Laurent Gbagbo. A telle enseigne qu’à l’époque, Konaté Sidiki a menacé de me mettre en prison. Face à nos critiques, Nadi Bamba nous avait rencontrés pour demander de ne plus critiquer Soro Guillaume et de travailler en bonne intelligence avec lui.  Elle a même organisé une rencontre entre Soro Guillaume et moi à cette période pour qu’on puisse s’entendre et que le FPI ne critique plus Soro Guillaume. (…) C’est parce que le président Laurent Gbagbo était convaincu que Soro Guillaume était là pour lui qu’il n’a pas été suffisamment regardant sur la question du désarmement. Aujourd’hui, Nadi Bamba est engagée à fond dans cette affaire du FPI. Nous ne savons pas si elle veut récupérer le parti pour faire de la politique ou bien le récupérer pour le remettre à Soro Guillaume »Stéphane Kipré et Nadi Bamba apprécieront certainement.


Géraldine Diomandé

Source: Aujourd’hui / N°800
 




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