Front Populaire Ivoirien: Déclaration n°2 relative à la contre-attaque de la Défense du Président Laurent Gbagbo au cours du Procès de la honte à La Haye

Mercredi 3 Février 2016 - 20:38


Déclaration n°2 relative à la contre-attaque de la Défense du Président Laurent Gbagbo au cours du Procès de la honte à La Haye

 

1. En réponse à l’argumentaire déroulé par l’Accusation, du 28 au 29 janvier dernier, la Défense du président Laurent Gbagbo et du ministre Blé Goudé a contre-attaqué, les 1er et 2 février 2016, avec brio, c’est-à-dire en prenant en compte tous les aspects de “l’affaire“ aux plans logique, chronologique, psychologique, sociologique, factuel mais aussi éthique ;

 

2. Le Front Populaire Ivoirien s’honore de la qualité de la Défense et adresse, d’ores et déjà, ses très vives félicitations aux avocats de la Défense, Maîtres Emmanuel Altit et son équipe (Agathe Bahi Baroan, Jennifer Naouri, le Pr. Dov Jacobs) pour le compte du Président Gbagbo, ainsi que Me Kert Alexander Knoops et son équipe (Me Claver N’Dri et autres), pour le ministre Charles Blé Goudé. Le Parti est d’autant plus fier que cette présentation magistrale constitue une leçon de droit doublée d’un cours de démocratie et d’éthique sur la place publique du Village planétaire ;

 

3. En attendant une réflexion de synthèse (à mi-parcours), le FPI se sent le devoir de restituer pour ses militants et l’opinion, les contours d’un décor structuré avec talent et pédagogie. Les Avocats avaient à cœur de rappeler à leurs adversaires qu’en matière judiciaire et quelle que soit la gravité du conflit, tout s’éclaire à partir d’un questionnement élémentaire : De quoi s'agit-il? Qui a fait quoi ? Où, quand, comment, avec qui? Pourquoi et avec quels effets ?

 

4. Cette démarche de bon sens signifie que toute accusation (sérieuse ou farfelue) est toujours un effort de construction que l’adversaire peut déconstruire avec plus ou moins de bonheur, selon une plus ou moins forte dose de sérieux. Et comme l’édifice de la Procureure était totalement bancal, il s’est écroulé sous les premières contre-attaques d’un Conseil bien imprégné des faits et de leur enchainement logique, contrairement à l'accusation qui se retrouve alors dans une position des plus inconfortables ;

 

5. D’entrée de jeu, Me Altit a stigmatisé le procédé combien malhonnête du procureur Fatou Bensouda, consistant à passer sous silence le rôle des acteurs qui, dès l’arrivée au pouvoir de Laurent Gbagbo en octobre 2000, avaient, eux, concocté un vrai plan de déstabilisation de la Côte d'Ivoire. Au nom des intérêts stratégiques de l’ex-métropole, la France de Jacques Chirac puis de Nicolas Sarkozy et le Burkina-Faso de Blaise Compaoré ont accueilli, financé, formé et armé rebelles, mercenaires et chasseurs traditionnels dozos ouest-africains contre l'Etat souverain de Côte d'Ivoire ;

 

6. Me Jennifer Naouri a renchéri en remontant aux racines historiques et économiques de la prise en otage et de la flagellation de la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo. Le pays est victime de l’importance économique et stratégique qu’il représente dans le pré-carré français. C’est la France qui a tout orchestré militairement, politiquement, diplomatiquement, financièrement et médiatiquement pour installer son "Préfet", forcément plus accommodant ;

 

7. Laurent Gbagbo a été attaqué à cause de son orientation idéologique. Et c’est pour le délégitimer qu’on l’a diabolisé par tous les moyens. La procureure (qui fait partie des acteurs) n’avait pas intérêt à retracer fidèlement les évènements. On comprend dès lors “pourquoi pas un seul mot“ du Procureur sur le Mouvement Patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), la rébellion de Guillaume Soro et ses démembrements, les dozos et les mercenaires armés ; pas un seul mot non plus sur l'Armée française, sur l'appui flagrant de l'ONUCI aux rebelles, les massacres perpétrés à travers tout le pays, particulièrement dans l’Ouest (Duékoué), le sud-ouest (Sassandra) et dans les communes d'Abobo et Yopougon ; Pas un seul mot de la violation de l’embargo sur les armes, embargo pourtant édicté par l’ONU. Tout simplement parce que la rébellion et ses mercenaires et dozos étaient l’instrument militaire de déstabilisation de la Côte d’Ivoire ;

 

8. La France a tué massivement en 2002, 2004 et 2011. Si une infime partie de l’opinion africaine ne le savait pas jusque-là, traitant Laurent Gbagbo de xénophobe, de dictateur et de tous les noms d'oiseaux à la suite des médias français, sa Défense vient de déconstruire tout cela, preuves à l’appui. D’autres preuves supplémentaires démasquent le jeu sordide de la France : les aveux de Koné Zackaria, ceux de Guillaume Soro ainsi que la mise en scène grotesque du prétendu massacre des femmes d’Abobo et la marche prétendument pacifique sur la RTI ;

 

10. On comprend alors que toute l'accusation a été bâtie sur du faux. Ce gigantesque faux à lui seul devrait entrainer la relaxe pure et simple de Laurent Gbagbo et de Blé Goudé, dans la mesure où c’est cet artifice qui est à l’origine de la résolution 1975 elle-même à l’origine de la guerre d’occupation de la Côte d'Ivoire et de la déportation de Laurent Gbagbo et Blé Goudé ;

 

11. Me Agathe Barouan a déconstruit le discours ethniciste du Procureur en mettant en lumière un schéma qui correspond au souci machiavélique du “diviser pour régner“ : entre les allégations politiciennes d’Alassane Ouattara et celles de l’Accusation, il n'y a aucune distance. C’est que, pour aller vite, le Procureur s’est dispensée d’une approche rigoureuse qui lui aurait permis de ne pas confondre l’entourage de Laurent Gbagbo avec son groupe ethnique, les Bétés. En procédant ainsi, le Procureur a tordu le coup aux faits, piteusement, rien que pour accréditer une thèse mensongère du Rassemblement de Républicains (RDR) d'Alassane Ouattara qui occulte la véritable sociologie de la Côte d'Ivoire ;

 

12. Me Jacobs a résumé, à la suite de ses trois prédécesseurs, le procédé malhonnête du Procureur en ces termes : “l’absence de preuves devient la preuve de conspiration contre Laurent Gbagbo" ;

13. Le Conseil du Ministre Charles BLE GOUDE mené par Me Knoops n'a eu aucun mal à mettre à nu les grossiers mensonges de l'Accusation tendant à accabler le collaborateur du Président Laurent Gbagbo. Alors, que retenir ?

 

14. Contrairement à ce que le Procureur a laissé entendre, Laurent Gbagbo et Blé Goudé ont été pris en otage parce que le système politico-financier dominant a peur de perdre ses dépendances néocoloniales d’Afrique : si la France perd la Côte d’Ivoire, elle est presque sûre de perdre le reste du continent. Elle reproche à Laurent Gbagbo d’être le nouveau Mandela africain. Elle craint, par ailleurs, que Blé Goudé ne soit le prolongement idéologique de l’action de Laurent Gbagbo ;

 

15. C’est pour masquer ces enjeux que la CPI a déplacé le débat au travers d’une argumentation peu sérieuse, voire mensongère. Autrement dit, c’est pour avoir tenté de mettre en cause le système d’exploitation néocolonial que Laurent Gbagbo et la Côte d’Ivoire sont animalisés par la France, cette "Patrie des Droits de l’Homme", et sous le "socialiste" François Hollande. Et c’est parce qu’Alassane Ouattara est le plus sûr garant du système politico-financier dominant, qu’il a été adoubé et installé au pouvoir dans le faux et le crime ;

 

16. Le plan concocté dès 2000 contre Laurent Gbagbo est une réalité que le Procureur a masquée. Attribuer un plan commun à Laurent Gbagbo et à son entourage, c’est tordre le cou aux faits, faire preuve d’une carence éthique et professionnelle notoires ;

 

17. La plus grande satisfaction du FPI est que désormais, ceux qui avaient tendance à diaboliser Laurent Gbagbo, de bonne foi, savent que la victime c’est bien lui et les bourreaux, ce sont la France, ses alliés d’Occident, le Burkina-Faso de Blaise Compaoré et les suppôts locaux et sous-régionaux de l'impérialisme ;

 

18. Considérant que seule la vérité réconcilie les hommes, le FPI estime que les agresseurs de la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo devraient mettre un terme à un procès dont ils étaient loin d’imaginer qu’il serait le leur. Rien n'est encore totalement perdu même si le procureur Fatou Bensouda se trouve dans une situation manifestement inconfortable au point qu’elle a fui l’audience du 02 février 2016 ;

19. Qui a agressé la Côte d’Ivoire de Laurent Gbagbo ? Qui est responsable de la tragédie que traverse ce pays d’octobre 2000 à avril 2011 ? Ce sont la France et ses représentants locaux ! Pourquoi ? A cause de ses richesses ! Comment ? En accusant Laurent Gbagbo de dictature et de xénophobie anti-CEDEAO au profit d’Alassane Ouattara, l’homme du système politico-financier dominant ; en terrorisant la population au cours des deux dernières décennies ; en dressant les communautés ivoiriennes les unes contre les autres ! Avec quels effets ? La société ivoirienne s'en trouve en nette décomposition. Elle vit une occupation dictatoriale depuis la mise en pratique du "rattrapage ethnique", cet apartheid tropical ;

 

20. Pour avoir mis à nu le plan de déstabilisation de la Côte d’Ivoire par la France, les Conseils du Président Gbagbo et du Ministre Blé Goudé méritent l’admiration de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique et du Monde ;

 

21. La Direction du Front Populaire Ivoirien, au nom du Président Gbagbo, de tous les militants d'ici et d'ailleurs, au nom du peuple souverain de Côte d'Ivoire, au nom de tous les amis et soutiens du Président Laurent Gbagbo et du Ministre Charles Blé Goudé, adresse à la Défense ses sincères félicitations et remerciements pour son argumentaire fouillé, de qualité et convaincant.

 

Fait à Abidjan, le 2 février 2016

 

Pour le Front Populaire Ivoirien

Le 1er Secrétaire Général adjoint,

Porte-parole par intérim,

KONE Boubakar

 

 





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