France-Côte d’Ivoire: Les sénateurs communistes disent niet à l’Accord de défense

Vendredi 20 Décembre 2013 - 11:01


Alassane Ouattara et Nicolas Sarkozy, lors de la signature du nouvel accord de défense France-Côte d'Ivoire
Alassane Ouattara et Nicolas Sarkozy, lors de la signature du nouvel accord de défense France-Côte d'Ivoire
Vraiment terminé, le temps de la Françafrique? Il y a quelques années, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, Paris promettait de soumettre le renouvellement de ses accords de défense avec les pays africains à un débat parlementaire transparent et contradictoire. Hélas, au cours de ce processus qui a concerné un grand nombre d’ex- colonies de l’Hexagone, l’Assemblée nationale et le Sénat ont été traitées comme des sim- ples chambres d’enregistrement. La procédure dite simplifiée a été utilisées pour éviter toute véritable délibération en profondeur. C’est pour protester contre cet état de fait, et pour contester les alliances contestables avec les gouvernements de Djibouti et de Côte d'Ivoire, que le groupe parlementaire communiste au Sénat a voté contre la ratification des traités de défense avec ces deux pays, qui subissent violations des droits de l’Homme et exactions des forces armées. Le groupe parlementaire communiste s’est abstenu sur le Sénégal. Les écologistes ont jugé bon de ne rejeter que le traité liant la France et Djibouti. Le PS et l’UMP – excepté une députée de droite qui a pinaillé sur Djibouti pour des raisons non directement politiques –  ont ratifié les nouveaux traités qui ont donc été adoptés. Pour vous permettre d’avoir une idée du contexte de ce vote, nous publions intégralement la déclaration des sénateurs communistes sur le sujet. Le gouvernement a décidé à la hussarde de soumettre au vote des sénateurs trois traités de coopération militaire concernant Djibouti, la Côte d'Ivoire et le Sénégal hérités de la période Sarkozy. L'examen de ces textes a été expédié par l'usage de la procédure dite simplifiée qui rend quasiment impossible tout débat démocratique en séance, et mis à l'ordre du jour le 18 décembre c'est-à-dire un jour avant les vacances parlementaires.

De l'examen du texte en commission, la publication des rap- ports parlementaires à la discussion en séance, se sont écoulés une quinzaine de jours. Ce fut encore plus court qu'à l'Assemblée nationale où ces textes avaient soulevé, lorsqu'ils ont été discutés en commission des Affaires étrangères et de la Défense, de fortes interrogations. Qui plus est, les projets de loi soumis aux sénateurs ne contenaient pas les nombreuses pages du texte dudit traité qu'il fallait rechercher dans le document adopté par l'Assemblée nationale. Pourquoi tant d'empressement et de discré- tion à faire adopter ces textes de la part du gouvernement à la veille des fêtes ? Il semble que, derrière les discours convenus de « la fin de la Françafrique » et les engagements de François Hollande en la matière, ces traités perpétuent les bases militaires françaises en Afrique et la possibilité pour le pouvoir fran- çais d'intervenir militairement dans ces pays souverains, au gré de ses intérêts qui ne sont pas, loin s'en faut, uniquement d'ordre huma- nitaire. Les résolutions du Conseil de sécurité rédi- gées par la France, selon la logique du « pré carré », et accompagnées d'un multilatéra- lisme de façade, cachent de plus en plus mal une volonté de continuer à vouloir dicter ses solutions à d'autres États, quitte à contribuer à laisser se dégrader des situations dans ces pays, pour ensuite présenter toute intervention militaire inévitable. S'ajoute à cet état de fait pour Djibouti et la Côte d'Ivoire en particulier, une situation des droits de l'homme alarmante soulignée par les associations, et notamment alimentée par les agissements des forces armées de ces pays.
Une vraie politique de coopération mutuelle- ment avantageuse reste à écrire. Les communistes et leurs élus dans tout le pays veulent y contribuer. La discussion du projet de loi concernant les coopérations en début d'année 2014 en constitue une opportunité. Recueilli et commenté par Philippe Brou.


Source: Le Nouveau Courrier N° 955 Du Jeudi 19 Décembre 2013




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