France-Côte d'Ivoire/ Encore de mauvaises nouvelles pour Ouattara

Mauvaise conjoncture pour Alassane Ouattara. Le dirigeant ivoirien déjà sous pression au plan interne depuis la sortie de prison de Pascal Affi N’guessan voit aussi monter la contestation dans son propre camp. Mais le dernier malheur qui le guette risque de venir de Paris où Laurent Fabius, son défenseur attitré auprès de Hollande, est ouvertement prié de rendre sa démission du gouvernement.

Samedi 21 Septembre 2013 - 03:29


Image d'arhives
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Bien sûr que tout dépend de François Hollande et celui-ci n’a pas encore montré des signes qui inclinent à penser que Laurent Fabius est en passe d’être viré, mais on sait qu’en politique tout peut aller vite parce que tous les détails comptent. Encore davantage lorsqu’ il s’agit des démocraties occidentales où chaque geste est posé en fonction des sondages d’opinion. D’autant plus que tous ceux qui sont opposés à la guerre en Syrie veulent aujourd’hui la tête du ministre des Affaires Etrangères français à qui ils reprochent d’avoir menti et alimenté la propagande contre Damas. Le disant, ces français qui comptent parmi eux des politiques de premier plan comme Jacques Cheminade qui, lui, a carrément porté plainte, ne pensent pas à la politique ivoirienne. Sauf que leurs actions menacent indirectement le chef de l’Etat ivoirien qui compte en Laurent Fabius un soutien attitré auprès de Hollande. Que deviendrait-il si la pression médiatique et politique avait finalement raison du ministre des Affaires Etrangères ? Tous les risques sont justement là pour Ouattara. Car les problèmes domestiques de Fabius sont une arme de plus contre lui qui doit déjà trouver les moyens de calmer ses militants de plus en plus irrités par leur situation matérielle. Dans le processus de mystification du président français, le couple Ouattara a en effet beaucoup misé sur Laurent Fabius. Franco-juïf comme l’épouse de Ouattara, il semble avoir beaucoup de liberté dans le traitement des dossiers africains sur lesquels son patron paraît quelque peu complexé par son inexpérience. Selon des sources impossibles à vérifier, les Ouattara payeraient assez cher son lobbyng auprès du marigot politique français. Environ 100.000 euros net, soit 65 millions de Fcfa lui seraient mensuellement versés par le régime. Autant dire que son éviction du gouvernement serait une catastrophe de plus pour Alassane Dramane Ouattara déjà affaibli par son amitié avec Nicolas Sarkozy, l’ancien adversaire de la présidentielle française de Hollande qui prépare  son come-back à l’Elysée. L’actuel pensionnaire, lui, n’ignore pas qu’une partie des moyens destinés à le faire revenir  proviendra des caisses ivoiriennes. D’ailleurs tout doucement, Hollande tisse ses propres réseaux en Afrique de l’ouest où le président français comptait déjà dans le nigérien Mahamane Youssoufou une vieille et longue amitié. Avec lui, il faut compter le sénégalais Macky Sall et le béninois Yayi Boni qui fut d’ailleurs l’une des premières personnalités qu’il a reçue à l’Elysée. L’élection d’IBK lui permet également d’accentuer ce réseau d’obligés africains. Seuls Blaise Compaoré et Alassane Ouattara font encore  partie du réseau de Sarko. Mais pas pour longtemps puisque le burkinabé est déjà condamné par la constitution de son pays qui lui interdit de briguer un sixième mandat. Quant à Ouattara, sa situation est plus que délicate. La France, ainsi que d’autres partenaires comme les Etats-Unis cherchent à hâter le processus de réconciliation en Côte d’Ivoire par des négociations avec le FPI dont les premiers responsables ont été sortis de prison pour cette raison. Même si, comme il en a l’habitude, le chef de l’Etat continue de ruser avec ses partenaires dans le seul but de gagner du temps. D’ailleurs ces derniers temps, il essaie de diviser l’opposition en mettant sur la table de discussion un statut de chef de l’opposition à distribuer. Ouattara évite aussi de discuter directement avec le FPI pour ne pas avoir à affronter les vraies questions. Sur celles-ci d’ailleurs le président du FPI s’est voulu formel. La libération de tous les prisonniers politiques, le retour des exilés et la libération de Gbagbo sont les conditions de la discussion pour laquelle Ouattara ne semble pas pressé, ignorant « que le temps joue contre lui », selon Affi N’guessan.. Mais en plus d’être menacé par un gouvernement de transition avec le FPI en particulier, Alassane Ouattara fait aussi face à la fronde de ses propres militants dont la plupart espéraient une amélioration de leurs conditions de vie. Parmi eux, les cadres qui s’étaient déjà vu rafler sous le nez les postes électifs, barrés qu’ils étaient par les caciques cumulards, ont vu leurs derniers espoirs s’envoler le jour où Ouattara est revenu sur son projet de créer douze districts en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi l’ambiance à la dernière rencontre du RDR  à la rue Lepic fut électrique. De nombreux militants paniquent aussi en raison de la tournée du président du FPI au cours de laquelle il ne fait pas de quartier à Ouattara. Habitués à voir le moindre houspilleur livré à la taule, des militants du RDR veulent enfin comprendre les changements qui se sont opérés ces derniers temps pouvant expliquer la « mollesse » de leur deus ex machina. Bref, si en plus de tout cela, Fabius devait partir, les mauvaises nouvelles ne feraient que s’accumuler. ▄
Sévérine Blé
Source: Aujourd’hui / N°461 du Vendredi 20 Septembre 2013




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