Françafrique/Francophonie: La grande messe de Kinshassa est terminée. Une analyse rétrospective de Jean-Claude Mayima-Mbemba

Samedi 20 Octobre 2012 - 07:43


Françafrique/Francophonie: La grande messe de Kinshassa est terminée. Une analyse rétrospective de Jean-Claude Mayima-Mbemba
La grande messe de Kinshasa, en République Démocratique du Congo (à ne pas confondre avec l'ancien Congo-Français dit Moyen-Congo à l'époque avec Brazzaville comme capitale), est terminée. Beaucoup de choses s'y sont dites, notamment la condamnation de la françafrique à la peine capitale. Cette peine capitale programmée depuis le président Mitterrand n'a jamais été exécutée. Le président Chirac qui avait succédé au président Mitterrand n'ayant jamais été de cet avis l'avait grâciée. Ainsi, la françafrique survécut à sa condamnation et échappa à son exécution. Le président Sarkozy non plus ne voulut pas de la mort de la françafrique. Au contraire, il l'exacerba de plus belle jusqu'à son discours de Dakar...
Mais voilà qu'en 2012, le président Hollande se remit sur les pas et traces du président Mitterrand. Lui, il veut à tout prix l'exécution de la sentence prononcée en 1981 même si, sur injonction d'Omar Bongo, l'un des dinosaures de la françafrique, un ministre en perdit son portefeuille. Le président Hollande réussira-t-il à trouver un bourreau efficace pour passer ce malfrat sous la guillotine ? Rien n'est sûr ! Néanmoins, pour faire plaisir aux Africains victimes de cette bête immonde, et pour contrecarrer son prédécesseur qui se permit d'aller injurier les Africains jusque dans leur propre maison, le président Hollande a donc publiquement prononcée la peine capitale contre la FRANÇAFRIQUE. Y arrivera-t-il ? Nul ne le sait, mais il appartient à la France d'honorer sa parole.
Qu'à cela ne tienne, ce qu'il faut retenir du premier voyage du Président François Hollande en Afrique, c'est qu'il honore par sa visite la capitale de l'Afrique Occidentale Française, Dakar, là où son prédécesseur prononça un verdict sévère contre les Africains qui ne sont pas assez entrés dans l'histoire, et alors qu'il est à Kinshasa, face à Brazzaville, la capitale de la France Libre et capitale de l'Afrique Équatoriale Française, il rebrousse chemin. Et pour cause ! Est-ce si difficile à comprendre ?
Le Sommet de la Francophonie s'est tenu à Kinshasa. Si le Congo-Brazzaville, pays voisin de la RDCongo dont les deux capitales sont face à face, était une démocratie, avec des institutions viables, fiables et démocratiques, et si M. Sassou Nguesso n’était pas un dictateur sanguinaire, avec ses dossiers de « crimes contre l’humanité » et ses scandales et dossiers de « Biens Mal Acquis (BMA) » qui lui pendent sous le nez, etc., nous sommes sûrs et certains que c’est à Brazzaville, la Capitale de la France Libre, d’où étaient partis les premiers contingents africains appelés communément « Tirailleurs Sénégalais », que le Président Hollande aurait bien voulu prononcer son discours, au lieu de le faire à Dakar. Hélas ! Voyez-vous, on ne compose pas avec des individus de moralité peu recommandable.
Quant à la Françafrique, l’idéal serait de dégager l' Afrique de ces dictateurs et présidents à vie imposés par la France par coups d'Etat sanglants parfois suivis de guerres atroces comme au Congo-Brazzaville et/ou en Côte d'Ivoire ; instaurer une coopération gagnant-gagnant, voilà ce que les Africains attendent de la France et du président Hollande. On veut du concret. L'alternance ? On ne connaît pas ce mot en Afrique centrale, du moins dans la majorité des colonies françaises. Le pouvoir et la richesse, c'est pour une famille, un clan. On a même conseillé au président Hollande de ne pas manger la tête de singe à la mouamb; c'est une spécialité locale qui vous détruit les neurones et vous rend maboule. Son aîné, Correzien de surcroît, en sait quelque chose.

A ce sujet (la françafrique), quoi qu'en dise le président Hollande et malgré toute sa bonne volonté, il convient de souligner que si la françafrique est têtue, increvable, et n'est plus à l'Elysée, le temps peut-être que durera le ou les mandat(s) de son locataire actuel, celle-ci n'est pas morte pour autant. Elle s'est simplement délocalisée. Elle a simplement changé de rue et de locaux. En attendant le retour de la DROITE (UMP) à l'Elysée, la françafrique s'est installée, depuis, dans les locaux du MEDEF, avec les Bolloré, les Roussin et autres avocats comme M. Bourgi, l'homme qui a fait élire Ali Bongo, etc. Ce n'est un secret pour personne. Sinon, pourquoi croyez-vous que FORBES a lancé son journal depuis Brazzaville et que tout le clan françafricain du MEDEF, accompagné d'anciens Premiers ministres UMP, se soit dernièrement transporté à Brazzaville pour aller se congratuler et trinquer avec l'ogre clanique local ? A vous de décoder ! La pieuvre ne meurt jamais !
Autant dire que la sentence du président Hollande contre la françafrique est un coup d'épée dans l'eau. Parce que la pieuvre est entretenue et nourrie par la DROITE (UMP et apparentés). Ces gens sans cœur et sans foi ni loi !

Jean-Claude MAYIMA-MBEMBA
Ancien Rapporteur de la Commission Ad hoc
« Assassinats » de la Conférence Nationale
Souveraine (25 Février – 10 juin 1991) au Congo-Brazzaville
SOURCE : http://blogs.mediapart.fr/blog/jecmaus/171012/francophonie-francafrique-la-grande-messe-de-kinshasa-est-terminee
 




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