Financement des partis politiques : Argent de poche des dirigeants politiques sous nos tropiques !

Jeudi 5 Juin 2014 - 04:00


Image d'archives: Une rencontre RDR-FPI
Image d'archives: Une rencontre RDR-FPI
Le financement des partis politiques sur fonds publics constitue pour les partis d’opposition ivoiriens une préoccupation fondamentale. Pour preuve, les récentes discussions engagées par le gouvernement avec l’opposition au sein du Cadre permanent de dialogue (Cpd), le concours financier de l’Etat aux partis politiques, l’opposition en particulier faisait partie des principaux points de discussion entre le pouvoir et les partis de l’opposition au sein du Cpd. Le concours financier de l’Etat aux partis politiques est même une pratique légale car régie par des textes de loi, en l’occurrence la loi n° 99- 694 du 14 décembre 1999  relative au « financement sur fonds publics des partis et groupements politiques et des candidats à l’élection présidentielle ». Cette loi a été abrogée par la loi n° 2004-494 du 10 septembre 2004. Il existe égale- ment la décision n°2005-07/PR du 15 juillet relative au financement sur fonds publics des partis et groupements politiques et des candidats à l’élection présidentielle, prise par l’ancien chef de l’Etat, Laurent Gbagbo. Mais avec la situation de crise qu’a traversée le pays, cette décision a connu, dans sa mise en œuvre, des hauts et bas. La normalité de retour, le gouvernement actuel a,  au cours d’un Conseil des ministres tenu le 11 septembre 2013, admis le principe de reprendre le financement des partis politiques sur fonds pu- blics. En clair, il s’agira pour l’Etat d’accorder une subvention aux partis politiques (y compris le parti au pouvoir) à hauteur du 1/1000 du budget de l’Etat. S’il faut se féliciter de cette volonté étatique qui concourt à la démocratie, des préoccupations essentielles demeurent tout de même. Existe-t-il, comme c’est le cas sous d’autres cieux démocratiquement plus avancés que la Côte d’Ivoire, un plafonnement des dépenses qui devront être engagées par  les partis poli- tiques lors des campagnes électorales et des moyens de contrôle de l’utilisation de ces fonds,  sachant que tout fonds public engagé doit être soumis à un contrôle ? Le scandale en cours en France, provoqué par l'affaire Bygmalion (un dépassement des dépenses de campagne présidentielle de 2012 d’environ dix millions d’euros camouflé par des fausses factures au nom de l’Ump) qui secoue en ce moment ce parti et qui a emporté le président de ce parti, Jean-François Copé, doit attirer l’attention de nos autorités. Ce scandale est une preuve que lors des campagnes présidentielles, les candidats à cette élection peuvent fausser le jeu démocratique parce que la sincérité de leur déclaration sur les moyens financiers utilisés pendant cette période est biaisée. Si un tel drame a pu se produire presqu’impunément en France, on se demande bien qu’en est-il en Côte d’Ivoire ?  S’il est vrai qu’hormis le financement sur fonds publics (très convoité), les partis politiques peuvent aussi tirer leurs ressources des droits d'adhésion et des cotisations de leurs membres, il est important qu’un contrôle de la Cour des comptes soit effectif sur l’utilisation des deniers publics par ces réalités politiques. A observer de près lors des élections générales, le nombre élevé de bulletins nuls et le manque de formation et de culture démocratiques des militants et sympathisants des candidats, on se demande bien à quoi servira ce 1/1000 du budget de l’Etat qui sera octroyé aux formations politiques.

Nk
L’Eléphant déchaîné N°257 du mardi 3 au jeudi 5 juin 2014 / 3ème année




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