Financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012: Le scandale qui pend au nez de Ouattara et de Bolloré

Mardi 16 Septembre 2014 - 21:02


Ce n'est qu'un entrefilet dans Jeune Afrique, dont le titre tente de cacher l'ampleur de ce qu'il annonce... et qui fait l'effet d'une bombe. Selon l'hebdomadaire, dont il faut toujours se souvenir que son patron est un proche parmi les proches de Ouattara, le juge d'instruction Serge Tournaire, du pôle financier du tribu- nal de Paris, et qui enquête sur les financements occultes de la campagne électorale de Nicolas Sarkozy en 2012 dirige ses regards vers... la Côte d'Ivoire. « Outre l'ouverture, révélée par Jeune Afrique, de la « piste malienne » par laquelle aurait pu transiter une partie du financement libyen présumé [de la campagne de Sarkozy], Tournaire et les limiers de la brigade financière s'intéressent à... la Côte d'Ivoire. Plus précisément, aux conditions d'attribution au groupe Bolloré, en 2011 et en 2013, de deux terminaux à containers du port d'Abidjan. Les voyages dans la capitale économique ivoirienne de Jean- François Copé puis de Claude Guéant, en octobre et novembre 2011, sont ainsi étudiés de près. C'est la déposition, fin juillet, d'une partie civile dans le cadre d'une affaire distincte dont il a la charge, qui a mis le juge Tournaire sur cette voie», écrit l'hebdomadaire. Ses patrons savent-ils que de toute façon, l'information sortira, et se disent-ils qu'il pourra leur être reproché de s'être arrêté à Bamako, dans un chemin d'investigation qui aurait naturellement dû les mener plus loin ? Bien entendu, de telles « pistes » n'étonneront personne à Abidjan, où la présence répétée de nombreux cadres de l'UMP dès la prise du pouvoir de Ouattara, qui a été aidé à coups de missiles et de « bombes démocratiques » par son ami Sarkozy, ont beaucoup fait jaser. Peu d'observateurs imaginaient que ces allers et venues étaient innocentes. Le Nouveau Courrier avait déjà mis en lumière le fait que le tableau remis par Ouattara à Guéant lors de son voyage de novembre 2011, avait été « privatisé » par le « cadeauté », qui se trouvait pourtant à Abidjan dans le cadre de ses fonctions officielles et aurait dû reverser le présent au patrimoine de l’État si l'on s'en tenait aux lois françaises. L'expérience a aussi montré que les tableaux et les djembés pouvaient camoufler de bien inavouables cadeaux en espèces sonnantes et trébuchantes... Affaire à suivre, donc.

Philippe Brou

 Le Nouveau Courrier N°1110 Du Lundi 15 Septembre 2014




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