Faits troublants au Sommet de l’état: Un garde de Bédié atrocement tué

Un gendarme, membre de la garde rapprochée de Bédié, a été assassiné à l’état-major. L’affaire a été portée à la connaissance de Notre Voie. Nos recherches ont permis de découvrir que la famille de la victime a porté plainte et saisi plusieurs personnalités, y compris le président du Pdci-Rda, pour connaître la vérité. Révélations sur un crime atroce sous Alassane Ouattara.

Jeudi 13 Novembre 2014 - 08:04


Etat Major des Armées de Côte d'Ivoire
Etat Major des Armées de Côte d'Ivoire
A l’intérieur du casier n° 28 de la morgue de l’hôpital militaire d’abidjan (Hma) à abidjan-abobo, se trouve un corps horriblement mutilé, celui du maréchal de logis (mdl) Junior taki Gérard. le corps de ce gendarme est dans un état pitoyable : « visage boursouflé, bras et pieds enflés et flasques, sûrement brisés, le bas vendre enflé » . C’est ainsi que les parents du gendarme l’ont découvert à la morgue du Hma, le 29 octobre 2014. et pour - tant, on leur a fait croire d’abord que Junior taki Gérard est mort « après avoir pris un repas » avant de revenir sur cette première version en affirmant que le défunt a trouvé la mort après avoir consommé de la drogue. De quoi est mort mdl Junior taki Gérard, 29 ans, originaire du village d’agnan-Sika, département de Daoukro ? Pour en avoir le cœur net, les parents ont porté plainte contre X au bureau du procureur militaire, ange Kessi Kouamé, pour assassinat. au nom de la famille, la plainte porte les noms de Kouadio amenan mélanie, Taki marc Bonarès, taki Constance Géneviève, taki emma Chantal, aki rené Simon, taki modeste bienvenu, Yao Yao, et adjoumani olivier. outre la plainte, trois courriers ont été écrits par les parents de la victime. le premier est adressé à Henri Konan bédié, président du Pdci-rda. le deuxième, au ministre délégué chargé de la Défense, Paul Koffi Koffi, et le troisième au commandement supérieur de la gendarmerie, Gervais Kouassi. en dépit de cela, toutes ces personnalités restent silencieuses. De quoi le mdl Junior taki est-il mort ?
 
Un crime, trois versions
Pour les parents du défunt, tout a commencé le lundi 27 octobre 2014. Ce jour-là, dans l’après-midi, le capi - taine Kpan, commandant- adjoint de la brigade de sécurité auquel appartient la victime, informe les génteurs du mdl Junior taki Gérard que leur fils, en service dans ladite unité basée à l’état-major annexe au Plateau (abidjan), venait de mourir. une délégation familiale composée de taki Géneviève, Simon et modeste, accourt sur le lieu de travail du défunt. là, ils recueillent une première version surréaliste du décès : « Après être descendu d’une garde prise à la résidence du président Bédié, le dimanche 26 octobre au matin, Gérard est allé prendre un repas. Le repas fini, il a voulu se reposer un peu avant de regagner son domicile. Pendant son repos, il a commencé à tousser. Ses collègues lui ont donné un sachet d’eau à boire, la toux ne s’est pas calmée. Il a par la suite commencé à vomir du liquide vert, puis du sang. Le sang sortait même par les narines et les oreilles. Aussi, le capitaine Kpan a-t-il décidé de l’évacuer à l’Hôpital militaire d’Abobo (HMA). C’est lors de cette évacuation qu’il est décédé ». il est promis aux parents du défunt une autopsie pour tout clarifier. Car, selon cette version, mdl Junior taki Gérard est mort le 26 octobre après un repas. et c’est le 27 après- midi que le capitaine Kpan a informé les parents. les démarches des parents du gendarme décédé vont aboutir à la découverte d’autres faits bizarres. D’abord, ce 27 octobre, l’accès au corps du jeune gendarme est refusé à ses parents auxquels il est proposé d’attendre un document portant autorisation pour voir le corps au Hma. Dans l’attente, le 28 octobre, le capitaine Kpan informe, par téléphone, m. Modeste Taki, frère aîné de Junior, que la gendarmerie n’était plus en mesure d’effectuer l’autopsie en « raison de son coût trop élevé (600.000 FCFA) » . mais plus grave, c’est le mercredi 29 octobre 2014, aux environs de midi, que les documents attendus ont été remis à la famille pour avoir accès au corps. le 29 octobre, deux membres de la famille se rendent à la morgue et découvrent le visage presque mutilé du jeune gendarme. la famille est aussi informée que « le visage du défunt, partie du corps que la délégation a pu voir, présente des blessures ». la mort ne peut pas être imputable à « une indigestion » ou à un « empoisonnement » . il faut en avoir le cœur net. une seconde délégation de huit (8) personnes, munie du rapport, se rend le jeudi 30 octobre à la morgue du Hma. l’examen du corps révèle des blessures à plusieurs endroits : visage, bras, flancs, cuisses, entre cuisses, etc., boursouflés ou apparemment cassés. la délégation sollicite le médecin légiste pour une autopsie mais elle apprend, avec grande surprise, que le corps a été déjà traité au formol. Du coup, selon le médecin légiste, l’autopsie n’est plus réalisable. a la question de savoir qui a donné l’ordre de formoler le corps, le médecin légiste a renvoyé la famille à l’état- major de la gendarmerie. la seconde rencontre entre les parents du mdl Junior taki et les supérieurs hiérarchiques du défunt a lieu ce même jeudi 30 octobre. la famille indique que les blessures et les enflures constatées sur le corps ne concordent pas avec les causes et les circonstances du décès telles que rapportées par la gendarmerie, à savoir que « Mdl Junior Taki est mort après un repas » ! nouvelle réponse des patrons du jeune gendarme : « En vérité, Taki a eu son malaise suite à une consommation de drogue. C’est une overdose qui a entrainé les blessures en se heurtant aux murs et mobiliers de la salle de repos. Il a même été découvert sur Taki un sachet noir contenant une poudre blanchâtre dont l’analyse a révélé qu’elle est de l’héroïne. Quantité, 25 grammes » . la famille demande alors pourquoi le défunt a été traité au formol à son insu. réponse étonnante des supérieurs hiérarchiques de Junior : « Nous n’avons jamais donné l’ordre de traiter le corps au formol. Posez plutôt la question au responsable de la morgue ».
La mémoire dE Taki souillée ?
Nouveau mouvement donc chez le responsable de la morgue du Hma, le vendredi 31 octobre. nouvelle surprise : l’ordre d’administrer le formol au corps de Junior taki a été bel et bien donné par la gendarmerie. les papiers y afférents portent, de façon claire, la signature du capitaine Kpan. les responsables hiérarchiques rencontrés cachent visiblement la vérité sur la mort de Junior. leurs déclarations contradictoires et les blessures sur le corps du défunt permettent à la famille de réaliser que le gendarme a été atrocement tué. Peut-être même assassiné. l’état-major de la gendarmerie aurait-elle décidé de salir la mémoire de son élément en le traitant de drogué pour cacher un crime odieux ? Selon nos informateurs, la vérité sur la mort du jeune gendarme serait celle-ci : c’est que revenu, le 26 octobre dernier, de son tour de garde chez Henri Konan bédié, mdl Junior taki Gérard s’est vu attribuer une autre mission. il aurait re - fusé cette mission «en disant qu’il est fatigué » . Des gendarmes prétendent, sous le couvert de l’anonymat, qu’il a refusé parce que «c’était une mission suicide » . mais, croient-ils savoir, si Junior taki a été sauvagement battu et tué, c’est parce que ses tueurs craignaient que, désormais informé de l’existence du projet, le jeune gendarme ne le révèle. « Il a été tué pour le forcer au silence » , disent-ils . C’est face à toutes ces versions que la famille a décidé de porter plainte ou d’exposer les faits à tous ceux qu’elle croit capables de l’aider à trouver les causes réelles de la mort de son fils. Que vont faire bédié, Paul Koffi Koffi et Gervais Kouassi ? Scandale à suivre.
 
César Etou
 
Notre Voie n° 4862 du mercredi 12 novembre 2014




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