FPI, un parti aux abois: MIAKA, AKOUN et KOUA font-ils le poids?

Vendredi 13 Avril 2012 - 02:30


De droite à gauche: Méaka, Akoun, Koua
De droite à gauche: Méaka, Akoun, Koua

Le FPI (Front populaire ivoirien) est retourné dans l’opposition aux lendemains du coup d’Etat du 11 avril 2011. Depuis cette date, le parti de Laurent Gbagbo est aux abois. Trois faits pourraient expliquer cette situation. Il y a d’abord l’emprisonnement de certains radicaux très influents du parti. Au nombre de ces radicaux très influents, l’on peut citer le Laurent Gbagbo, Simone Gbagbo et Aboudramane Sangaré. Depuis plus d’un an, ils sont injustement incarcéré sous l’ordre totalitaire régnant. 
Il y a ensuite l’aile dure du parti contrainte à l’exil. Alors que la Constitution ivoirienne stipule clairement en son article 12 qu’ « aucun ivoirien ne peut être contraint à l’exil ». Cette deuxième catégorie des leaders du FPI se compose d’Assoua Adou, Yao Paul N’Dré, Ahoua Don Mello, Damana Picas… Sans injurier, les autres leaders du FPI, il faut le dire, l’absence de ces deux catégories de leaders handicape effectivement ce parti.
Il y a enfin une troisième catégorie de leader, celle des modérés. Ces derniers, pour la plupart d’entre eux, n’ont pas été inquiétés par le régime dramanien. Ils ont donc pu avoir de bonne raisons de ne pas s’exiler. Leur choix est bien raisonnable. Il faut bien des hommes d’un certain niveau de courage pour garder et gérer la case familiale. En attendant que le chef de famille arrive. Dans cette catégorie de gardiens et gérant intérimaires de la case, il y a Amani N’Guessan Michel, les professeurs Dédi Séry et Séry Bally, Méaka Oureto, Akoun Laurent et Koua Justin. Ces trois dernier assurent respectivement le rôle de président par intérim, de Secrétaire Général par intérim et porte-parole du parti, et de Secrétaire national par intérim de la jeunesse du FPI.
C’est la loi des 3 I (trois Intérimaires). Ces trois grands intérimaires, plus que les autres intérimaires du parti, sont au devant de la scène au FPI. Il y a une dispersion circonstancielle de ses trois catégories de leaders. Au cœur de cette dispersion, plus que jamais, Méaka, Akoun et Koua, jouent leur partition. Chacun y va selon son caractère et son style.
Méaka joue la carte de la prudence. Il semble être prêt à faire des compromis. Des compromis qui pourraient conduire à une collaboration de son parti avec le régime Ouattara. Tout porterait à croire que le président intérimaire du FPI est dans une logique: celle de ne pas provoquer le loup. Un loup dont les griffes sont constamment dressées et prêtes à saisir ses proies en sursis. Cela explique le discours modéré et, au-delà, modérateur de Méaka.Akoun, quant à lui, apparaît comme celui qui tente de jouer la carte et de faire sonner la cloche de la résistance. Il a certes perdu de sa fougue de syndicaliste qu’on lui reconnaissait dans les années 90. Mais il en conserve les germes parfois perceptibles dans ses propos. Akoun tente de présenter un FPI frappé, sans être totalement effondré et affaissé, et qui résiste pacifiquement. Mais tout cela reste au niveau des discours, impuissante à féconder l’action salvatrice.Quant au jeune Koua, il veut se démarquer des deux grands. Il a tenté de s’inscrire courageusement dans l’action politique. Il a dans ce sens appelé à des meetings. Il a voulu redynamiser le parti à travers les manifestations populaires. Ses initiatives allant dans ce sens ont été perçues par le loup comme des grimaces déplaisantes. Sont courroux a été suscité. Soro Guillaume, ex-premier ministre de Ouattara avait prévenu: «Plus rien ne sera comme avant.» Le jeune Koua ignorait-il que la Côte d’Ivoire a changé d’époque? Le «plus rien ne sera comme avant» de Soro n’était-il pas préventif? L’ère de la démocratie en Côte d’Ivoire est bien révolue depuis le 11 avril 2011. Koua l’a appris à ses dépens. Le loup vit une libido du pouvoir qui l’éloigne davantage de son nirvana. Il a donc horreur des grimaces (manifestations) qui pourraient troubler son sommeil. Les trois répressions barbares des meetings en 2011 ont achevé de convaincre le jeune Koua qu’il s’est trompé d’époque. Il s’est donc retrouvé face aux limites de son courage. Il s’est depuis lors rangé et semble ne pas être prêt à se déranger. Car la dramanocratie est aux antipodes de la démocratie, pour que règne la barbarie. Dans une telle situation, quand l’on prend conscience de sa faiblesse d’agneau, la sagesse recommande de ne pas provoquer le loup. Ne pas s’y soumettre, c’est s’engager dans une voie suicidaire. Cela se comprend, Koua est jeune. Et être jeune c’est aussi savoir être calculateur. Quand l’on a l’avenir devant soi, et quand l’on n’a pas appris le don de soi, le sacrifice de soi pour une cause juste, il faut prendre moins de risque.
Face à une société profondément en crise économique, sociale et politique, le FPI apparaît de plus en plus comme amputé. Il est désormais réduit aux discours, en se détournant des actions populaires. Or dans de telles situations, Gbagbo en liberté, aurait déjà courageusement organisé plusieurs grandes marches populaires pour dénoncer la gouvernance totalitaire de Ouattara, exiger la libération des prisonniers politiques, et exiger le retour inconditionnel à un véritable État de droit. Le moins que l’on puisse dire, Méaka, Akoun et Koua, ont démissionnés de fait. Il rêvent pouvoir obtenir la libération de leurs camarades par les discours et un pseudo dialogue républicain, là où la république a pris congé des ivoiriens. N’est-ce pas le lieu de dire que Ouattara connaît bien le FPI et ses hommes. Ceux qu’il n’a pas inquiétés, sont ceux qu’il a jugé peser peu dans la balance. Effectivement le sommeil d’Alassane Ouattara n’a jamais été troublé par une action politique. Le FPI est un bon somnifère pour le régime dramanien, qui donne l’insomnie à ceux qu’il traque et persécute.
Le parti de Laurent Gbagbo apparaît plus comme un parti handicapé, paralysé et aux abois. Ce fait est contraire à la force et au courage dont ce parti a fait preuve dans les années 90, avec un Laurent Gbagbo tenant son gouvernail, sous les régimes d’Houphouët et de Konan Bédié. Toute cette réalité montre combien de fois Gbagbo manque au FPI et combien de fois son parti lui manque également. Les militants et sympathisants sont comme des orphelins. Les agneaux sont sans le berger en chef; et le loup s’en réjouit. Mais jusqu’à quand?










Christophe Nèguê.









Christophenegue@yahoo.fr









 









 









 





Politique | Economie | Société | Vidéo | Agenda | Religion | Culture | Santé | Diaspora | Contact





WWW.ABIDJAN.ME
UN SITE A VISITER ABSOLUMENT !