FPI/ Le communiqué final du Comité Central Extraordinaire 01/2017

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Mardi 31 Janvier 2017 - 18:53


 
  1. Sur convocation du Secrétariat Général, le Comité Central du Front Populaire Ivoirien (FPI), élargi au Comité de Contrôle, s’est réuni en session extraordinaire,  le samedi 28 janvier 2017, à Abidjan-Cocody Riviéra-Golf, de 10h à 12h, sous la présidence effective du camarade Abou Drahamane Sangaré, Président par intérim, assisté du Vice-président Sébastien Dano Djédjé et du 1er Secrétaire Général Adjoint, Porte-parole par intérim,  Koné Boubakar.

  2. L’ordre du jour de cette session a porté sur un point  unique:

  • L’analyse de la situation nationale

  1. Ont répondu présents à cette session extraordinaire, en dehors des excusés pour des contraintes d’exil, de maladie dont le Secrétaire Général Alphonse Douati, et d’emprisonnements politiques, toutes les structures membres statutaires du Comité Central et le Comité de Contrôle.

  2. Dans son propos liminaire, le Président par intérim du Parti, le camarade Abou Drahamane Sangaré, a d’abord transmis les félicitations et les remerciements du camarade Président Laurent Gbagbo pour la mobilisation et le franc succès de la cérémonie de présentation des vœux du Nouvel An organisée le 21 janvier 2017.

  Il a ensuite  rappelé au Comité Central l’indisponibilité du Président du Parti, le camarade Laurent Gbagbo, détenu injustement à la prison de la Cour Pénale Internationale (CPI) à La Haye, ainsi que celle de  Hubert OULAYE , président du Comité de Contrôle, des Vice-présidents Simone Ehivet Gbagbo, Moïse Lida Kouassi et  Assoa Adou, du Secrétaire Général Adjoint Justin KOUA  et du Secrétaire National Nestor DAHI.

  Concernant les détenus et exilés politiques, le camarade Abou Drahamane Sangaré a réaffirmé sa ferme conviction de la libération très prochaine du Président Laurent Gbagbo et de tous les autres détenus, ainsi que du retour sécurisé et digne des exilés pour la vraie réconciliation des filles et fils de notre pays. Il a de nouveau informé le Comité central des bonnes perspectives, à très court terme, dans la procédure juridique engagée pour le logo et les autres attributs du Parti.

 Le président Sangaré a annoncé, par ailleurs, les grandes lignes du programme d’activités du FPI pour l’année 2017 qui se déclinent en plusieurs diligences, à savoir : Un séminaire autocritique de la Direction, début mars 2017 ; la reprise des tournées politiques à l’intérieur du pays, à commencer par le Grand Ouest, dès la 2ème quinzaine de mars 2017; les préparatifs de la Fête de la liberté 2017 ;  l’offensive diplomatique pour continuer d’améliorer l’image du parti fondé par le Président Gbagbo; la réactualisation du projet de société et du programme de gouvernement en vue de la reconquête rapide du pouvoir d’Etat ; le renforcement de la Communication du Parti ; le rassemblement des Forces de progrès qui partagent les visions socialistes et souverainistes du FPI pour la Côte d’Ivoire.

  1. Le camarade président par intérim, Abou Drahamane Sangaré, a enfin appelé les membres du Comité Central à demeurer extrêmement vigilants, mobilisés et à prendre conscience de leur responsabilité dans la situation nationale caractérisée par l’ébullition du front social face à l’incapacité du régime de M. Alassane Ouattara à apporter des réponses appropriées et durables aux préoccupations et aux aspirations légitimes du peuple de Côte d’Ivoire.

  2. Abordant l’unique point de l’ordre du jour, le Comité Central a entendu deux communications du Secrétariat Général, la première présentée par le Vice-président Henri Ettien Amoikon sur les mutineries au sein de l’armée de Côte d’Ivoire, et la seconde par le Vice-président Bruno Gnaoulé Oupoh sur la grève des fonctionnaires et agents de l’Etat.

  3. Il ressort de ces deux communications que :

    • Concernant les troubles dans l’armée, dans la nuit du jeudi 5 au vendredi 6 janvier 2017 à 03 heures, une mutinerie s’est  déclenchée au 3ème  Bataillon d’Infanterie de Bouaké, ancien fief de la rébellion (du 19 septembre 2002 au 11 avril 2011), s’est très  vite propagée dans tous les autres camps militaires à Bouaké, Ferké, Korhogo, Tengréla, Abidjan, Daoukro, Man, Tabou, Bouna, Odienné, Bondoukou, San Pedro, Agnibilékro, etc.

  Cette mutinerie des ex-combattants des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN), rébellion créée  en 2002 par Alassane Ouattara aidé de Guillaume Soro Kigbafori, a été déclenchée par les ex-rebelles intégrés dans l’armée ivoirienne après la victoire militaire des armées françaises, onusiennes et de la CEDEAO sur la Côte d’Ivoire pour porter Alassane Ouattara au pouvoir, le 11 avril 2011.  Les revendications des mutins ont officiellement porté, entre autres exigences, sur :

  • Le paiement des arriérés de solde de 2009 à 2011 et de 2011 à 2014 ;

  • Le paiement d’une prime spéciale contractée en privé par Alassane Ouattara pour motiver les rebelles à s’engager pour la guerre contre le président Laurent Gbagbo et la Côte d’Ivoire, soit 5 millions FCFA et une villa  à chaque rebelle ;

  • Le paiement d’une prime spéciale appelée prime ECOMOG à chaque rebelle ou mercenaire motivé, toujours en privé par Alassane Ouattara, dans sa guerre de conquête du pouvoir, soit 7 millions FCFA supplémentaires à chacun des rebelles ;

  • L’augmentation de soldes pour les ex-rebelles intégrés dans l’armée ;  

  • L’accession automatique au grade d’adjudant pour les soldats de 2ème et 1ère classes issus des FAFN ;

  • La réduction de 7 à 4 ans du nombre d’années à passer d’un grade inférieur à un grade supérieur pour les militaires du rang ;

  • L’amélioration de leurs conditions de vie et de travail…

 

  Suite à une série de négociations, le Gouvernement, après avoir tenté en vain de faire croire que cette mutinerie des ex-rebelles trouve sa source dans la gouvernance du Président Gbagbo, a accordé aux mutins, le vendredi 13 Janvier 2017 :

  • Le versement de 5 millions FCFA à chacun des 8 400 ex-rebelles, dès le lundi 16 janvier 2017 ;

  • Le versement de 1 million FCFA par mois à chaque ex-rebelle pendant 7 mois ;

  • Le passage au grade supérieur, désormais après 4 ans au lieu de 7 ans.

 
  • Concernant le mouvement des Fonctionnaires et Agents de l’Etat, une grève de l’ensemble de l’Administration ivoirienne a été déclenchée et totalement suivie, du 09 au 27 janvier 2017, pour la première fois en Côte d’Ivoire depuis l’indépendance en 1960.

  Au nombre des revendications des travailleurs, se trouvent principalement les questions des pensions de retraites diminuées par le régime Ouattara, du stock des arriérés de salaires dus depuis 2009, de l’intégration de 2000  journaliers à la Fonction publique, des libertés syndicales bafouées...

  A l’issue des négociations entamées par le Gouvernement, bien après avoir commencé à payer les ex-rebelles mutinés, aucune des revendications soulevées sur les points essentiels et vitaux des travailleurs n’a trouvé de solution, à savoir la modification de l’ordonnance qui dégrade le régime des pensions et le paiement du stock des arriérés de salaire rejeté parce qu’il découlerait du régime du président Gbagbo.

  En conséquence de quoi les grévistes ont suspendu leur mot d’ordre de grève, le 26 janvier 2017, pour donner un délai d’un mois au gouvernement afin d’étudier favorablement ces questions.
 

  • Ailleurs sur le front économique et social, dans la filière agricole, les communicateurs ont fait remarquer que l’exportation du cacao est bloquée en Côte d’Ivoire, les planteurs ne sont plus rémunérés et ils poussent des cris de détresse et de misère face auxquels le pouvoir Ouattara reste indifférent autant qu’il s’abstient d’expliquer son implication dans la grave crise qui secoue l’agro-business.

 
  1. Le Comité Central a endossé les conclusions de ces communications tout en observant que M. Alassane Ouattara :

    • Honore des contrats financiers passés en privé, bien avant son avènement brutal au pouvoir, sur les fonds publics ;

    • Transpose le venin de la division, déjà créée dans toute la société ivoirienne, sur l’armée qui est par principe une et indivisible ;

    • Ne considère les actes de la gouvernance du Président Laurent Gbagbo que pour en tirer profit pour lui-même et pour son régime ;

    • N’a comme programme de gestion de l’Etat que des mesures d’appauvrissement des populations ivoiriennes ;

    • Souffre d’un déficit avéré du sens de l’Etat et de sa continuité ;

    • Est visiblement inapte à gouverner la Côte d’Ivoire.

 
  1. Le Comité Central, au vu de ce qui précède, et après en avoir débattu :  

  • Réaffirme sa totale réprobation de la violence et des armes comme moyens de revendications sociales et politiques ;

  • Félicite les Fonctionnaires et Agents de l’Etat de Côte d’Ivoire pour leur détermination à défendre leurs acquis sociaux ;   

  • Assure de son total soutien les Fonctionnaires et Agents de l’Etat, les paysans en difficultés dans les filières cacao et hévéas, ainsi que tout le peuple ivoirien en lutte pour ses intérêts vitaux et un mieux-être ;

  • Donne mandat au Secrétariat Général d’enclencher une large campagne de sensibilisation du peuple ivoirien, à travers des conférences de presse, conférences publiques et meetings,  sur tous ces sujets qui agitent le front social ;

  • Condamne et rejette l’utilisation frauduleuse des fonds publics pour financer un contrat privé passé dans le cadre d’une activité criminelle ;

  • S’insurge contre la désignation quasi obsessionnelle du FPI comme bouc-émissaire, par Alassane Ouattara dans son inaptitude à gouverner ;

  •   Demande à l’ensemble des militants, sympathisants et démocrates de tous les bords de rester constamment mobilisés, déterminés et prêts pour la lutte pour une Côte d’Ivoire libre, démocratique et souveraine.  

 

Fait à Abidjan, le 28 janvier  2017    
            Le Comité Central





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