FPI: Et si nous revenions à l’essentiel !

Mardi 24 Février 2015 - 00:32


Image d'archives: Convention extraordinaire du FPI en date de 21 février 2014
Image d'archives: Convention extraordinaire du FPI en date de 21 février 2014
Depuis bientôt un an, les cadres du FPI s’étripent mutuellement dans une guerre fratricide, mettant en veilleuse leur devoir moral envers le peuple ivoirien de mener le combat de la démocratie et des libertés. Et pendant ce temps, Ouattara se la coule douce ! Pourtant, les Ivoiriens, étouffés par le pouvoir « dozocratique » et aérien du pion de la françafrique, avaient mis beaucoup d’espoir dans la reprise de la lutte pour la justice et la dignité humaine amorcée par le FPI après de douloureux moments d’incertitude. Les immenses foules que drainaient les tournées des refondateurs à Abidjan et à l’intérieur du pays sont le témoignage vibrant de l’attachement des Ivoiriens aux valeurs fondatrices du FPI ; valeurs de Liberté, de Justice, de Dignité humaine et d’émancipation des peuples d’Afrique défendues par le Président Laurent Gbagbo. Les Ivoiriens, qui avaient commencé à se secouer de leur peur et de leur torpeur, s’étaient remis à rêver d’une Côte d’Ivoire libre et souveraine sous la houlette du parti du Président Laurent Gbagbo. Ils étaient alors mobilisés et prêts à reprendre la lutte comme dans les années 1990, à l’époque embryonnaire de la Démocratie en Côte d’Ivoire. Et ces tournées avaient tellement ébranlé le pouvoir ivoirien que Ouattara s’est cru obligé de programmer précipitamment une visite d’Etat à Bondoukou, par exemple, après le passage triomphal des Refondateurs dans cette localité. Il fallait, au plus vite, effacer les traces de ces derniers sous les vagues déferlantes des promesses creuses ! Il est donc évident que l’interminable guerre intestine que se livre le FPI en interne fait politiquement l’affaire de Ouattara qui doit certainement se féliciter de ne plus avoir d’opposition en face de lui. Je soupçonne même ce pouvoir de mystificateurs et de manipulateurs d’envenimer la querelle au sein de FPI pour s’octroyer une trêve qu’il ne peut obtenir autrement qu’en jetant les pro-Gbagbo en prison. Et voilà que nous leur offrons gracieusement, sur un plateau d’argent, notre silence ; voilà que nous nous faisons complices de la flagellation du peuple ivoirien en nous taisant devant le mal, occupés que sommes à nous trouver des poux sur la tête. Nous sommes donc coupables de prêter le flanc à ceux dont le souhait a toujours été de voir disparaitre le FPI. Nous sommes ridicules de nous auto-museler en concentrant notre énergie à nous arracher les yeux au lieu de porter notre voix au secours des Ivoiriens et de la Côte d’Ivoire, englués dans la vase visqueuse d’une dictature rampante. Qu’est-ce qui nous divise qui ait plus de valeur que notre devoir envers la Côte d’Ivoire qui explique et justifie notre entrée en politique ? Qu’est-ce qui nous divise qui dépasse notre Idéal d’une Côte d’Ivoire libre et prospère, d’une Afrique libre et souveraine comme le montre notre Symbole, la Rose épanouie au cœur du continent noir ? Nous sommes ridicules de lâcher la proie pour son ombre ; nous sommes ridicules de ne pas répondre à l’horizon d’attente de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique au moment où le panafricanisme politique se réveille de plus en plus sous le fouet d’Afrique Média, cette chaîne de télévision qui nous fait ressentir l’unicité de notre condition et donc de notre combat. Nous ne sommes pas obligés d’être d’accord sur tout si nous pouvons déjà être d’accord sur les fondamentaux du FPI : le transition pacifique à la démocratie et surtout le fait que le FPI ne sera jamais un parti françafricain. Au FPI, nous croyons que le pouvoir est l’émanation du peuple et non un don condescendant de la France car c’est celui qui te fait roi qui gouverne à travers toi. Ayant intégré ces deux notions, nous sommes ridicules de nous combattre alors que nos camarades sont en prison, pour les uns, et en exil pour les autres, pour avoir défendu la meilleure part de nous-mêmes. Nous devons nous montrer solidaires de leur souffrance et de leur solitude en maintenant allumée la flamme de la lutte. Nous n’avons pas le droit de détruire le FPI qui appartient désormais à la postérité du peuple ivoirien et des peuples d’Afrique pour l’espoir qu’il a suscité à un moment donné de notre histoire commune de peuple opprimé. Nous n’avons pas le droit de détruire le FPI qui a encore des combats à conduire, des victoires à remporter ; il y a encore des portes à défoncer, des digues à rompre, des barrières à briser, des collines à aplanir sur le chemin qui mène à la dignité humaine ; notre devoir est d’y prêter notre foi et notre détermination. Et parce que nous avons la possibilité d’inonder la plaine Ivoire du fleuve bienfaisant du Rêve et de l’Espoir, nous n’avons pas le droit d’y laisser prospérer le soleil aride de la haine et du règlement de comptes. Sinon nous serions aussi coupables devant l’histoire de la déchéance de notre Patrie qui s’opère devant nos yeux ! Puisse Dieu guérir les Ivoiriens pour que guérisse la Côte d’Ivoire !

Par Dessègnon Haglé

Source: Aujourd’hui / N°833
 




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