Exil de Blaise Compaoré en Côte d’Ivoire: « L’opération Blaise dehors » en marche

Mercredi 5 Novembre 2014 - 12:36


Toute honte bue, c’est en Côte d’Ivoire que l’autocrate du Faso a cru bon de trouver refuge après sa chute précipitée. Certes la Côte d’Ivoire a une proximité histo- rique et géographique avec le Burkina Faso, mais les actes posés par l’ancien homme fort du Burkina à l’endroit de son voisin du sud ne militent pas en faveur du dictateur. C’est bien lui qui a entretenu et organisé l’attaque contre la Côte d’Ivoire et les ivoiriens. Si ce pays avait sombré dans une guerre civile incontrôlable, pouvait-il s’y refugier aujourd’hui ? C’est l’amertume, l’indignation et la colère qui animent en ce mo- ment les ivoiriens. Eux qui ont souffert, une décennie durant, de la méchanceté des mercenaires de Blaise Compaoré, une décennie durant. C’est la raison pour laquelle ils sont catégo- riques en criant leur ras-le-bol : Blaise Compaoré doit quitter la Côte d’Ivoire et être traduit de- vant la Cour Pénale Internatio- nale. C’est d’abord le Front Populaire Ivoirien qui a lancé la balle. Le parti fondé par Laurent Gbagbo trouve inconcevable que le déstabilisateur de la sous-région vienne se refugier en terre ivoirienne, alors qu’il y a mis le feu une décennie du- rant. « Le Front Populaire Ivoi- rien dénonce, avec la plus grande fermeté, cette présence de Compaoré en Côte d’Ivoire. Il estime qu’après tout ce que cet homme a fait contre son propre peuple et contre le peu- ple ivoirien, Blaise Compaoré ne peut pas s’en sortir à si bon compte en ayant en prime un exil doré en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, le Front Populaire Ivoirien exige que Monsieur Blaise Compaoré réponde de- vant la justice de tous les crimes  dont il est accusé ou soupçonné dans son pays, en Côte d’Ivoire et ailleurs en Afrique de l’ouest », précise le communiqué. En plus du Front Populaire Ivoirien, plusieurs or- ganisations de la société civile d’ici et d’ailleurs ont produit des déclarations pour dire non au ‘’colis encombrant’’ venu du Faso ? La FIDHOP condamne avec la dernière énergie l’exil doré accordé à Blaise au palais des hôtes de Yamoussoukro et exige qu’il soit immédiatement traduit devant la Cour Pénale Internationale.  En plus de la FI- DHOP, la plupart des organisa- tions de défense et de protection des Droits de l’homme exigent que Blaise Compaoré comparaisse devant les tribunaux afin qu’il réponde de ses actes criminels. La Fédé- ration Nationale des Orateurs de Parlements et Agoras (FE- NOPACI), espaces de libre ex- pression des jeunes patriotes de Côte d’Ivoire, n’est pas en marge de ce vaste mouvement de protestation contre cette façon de narguer les ivoiriens. « C’est une insulte à la mémoire des victimes de la crise  ivoirienne, c’est pourquoi je lance un vibrant appel au peuple de Côte d’Ivoire, à tous les   Camarades patriotes pour qu’ils se mobilisent pour exiger le départ immédiat et sans condition du bourreau des Ivoiriens du territoire de ce pays », déclare Jean Marie Konin, président de la FENOPACI.  Des personnali- tés de la société civile et des intellectuels de renom lèvent la voix pour contraindre le tombeur de Thomas Sankara à s’expliquer devant les juges. C’est une véritable levée de bouclier contre le dictateur qui s’est maintenu vingt sept ans durant, à la tête de l’ancienne Haute Volta. Les indignés face à cette situation n’entendent pas s’arrêter à des déclarations de principe. Ils comptent agir de façon énergique pour faire partir Blaise Compaoré du territoire ivoirien. Des mouvements de protestation sont donc annoncés par les jeunes patriotes ivoiriens tant à Yamoussoukro qu’à Abidjan. Les actions de ces différents mouvements se coordonnent dans ce sens. Les jours à venir s’annoncent donc des plus sombres pour le régime Ouattara qui n’a pas porté de gant pour héberger aussi facilement le cousin encombrant. Un homme politique vomi par son peuple et par l’ensemble des Africains dignes et de tous ceux qui sont soucieux du progrès du continent noir. Il urge en effet d’agir pour accompagner Blaise Compaoré à répondre devant les tribunaux de sa longue car- rière ensanglantée. C’est aussi à ce niveau que l’on attend la Cour Pénale Internationale. Cette Cour qui s’est autorisée à arrêter des partisans de la démocratie comme Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. Elle devra, si elle veut encore gagner quelque crédibilité, lancer un mandat d’arrêt interna- tional à l’endroit de Blaise Compaoré pour que les assassinats de Thomas Sankara, de Norbert Zongo, de Henri Zongo, de Boukari Lingani entre autres ne restent impunis. Un mandat d’arrêt pour que les innombrables crimes des rebellions comme le RUF, l’AZAWAD… soient punis. Ne pas le faire, ce serait trahir la cause de la défense et de la protection des Droits de l’Homme et du Droit International Humanitaire. Ce serait aussi trahir la mémoire des victimes et donner une prime à la criminalité politique, de même qu’un culte à l’impunité.

Hervé Gobou rvgobou@yahoo.fr
source : Aujourd’hui / N°761 du mardi 4 novembre 2014
 




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