Exclusif!: Après son extradition du Togo Comment Lida Kouassi a été torturé à la DST !

Le ministre Moïse Lida Kouassi ne se remettra pas aussi facilement de la torture subie à la Direction de la surveillance du territoire (DST). Tout a été fait pour lui arracher des aveux. Révélations !

Samedi 12 Janvier 2013 - 09:58


Exclusif!: Après son extradition du Togo Comment Lida Kouassi a été torturé à la DST !
Arrêté dans la capitale togolaise, le mercredi 6 juin dernier, l’ex-conseiller spécial du pré - sident Laurent Gbagbo chargé des questions de défense, le ministre Moïse Lida Kouassi, a été extradé vers Abidjan le même jour. De la collaboration entre les services togolais et ivoiriens, il ressort que l’ex-sécurocrate du régime Gbagbo était impliqué dans un pro - cessus de déstabilisation du pouvoir Ouattara. La thèse de l’existence de docu - ments compromettants avait été évoquée pour justifier la rupture du droit d’exil à Moïse Lida Kouassi. Aussitôt extradé à Abidjan, le ministre Hamed Bakayoko n’a pas hésité à monter au créneau, - dans un one- man-show de légende - pour «brandir les preuves de la République contre Lida Kouassi». Et diffuser comme pièce à convic - tion une intervention télévisée du mis en cause dans laquelle il reconnaissait lui- même avoir eu connaissance et avoir parti- cipé à une action qui devait aboutir à une transition en Côte d’Ivoire. Voici ce qu’il déclarait : «En ma qualité de ministre d’Etat, qui a occupé de hautes responsabilités dans ce pays, j’aurais pu communiquer aux nou - velles autorités des informations qui étaient en ma possession sur ce qui se préparait. Cela peut apparaître comme un manquement de ma part et je le reconnais. Je suis prêt à présenter mes excuses à monsieur le minis - tre d’Etat. Les documents qui ont été saisis au cours de la perquisition à mon domicile à Lomé portaient effectivement sur une ques - tion de la transition et d’une communication de crise en Côte d’Ivoire. Là aussi, il me sem - ble qu’il y a une faute que je suis prêt à reconnaître et je souhaiterais que, si le
ministre de l’Intérieur m’en donne l’occasion, que nous puissions nous parler entre frères, que nous puissions rechercher ensemble les voies et moyens pour mettre fin à tout ça, et donner à notre pays la chance de retrouver une paix durable pour sa stabilité. Je suis prêt à présenter mes excuses et à demander la clémence du président de la République. Je suis prêt à aller à une collaboration franche avec les nouvelles autorités ivoi- riennes. Je peux donner mon engagement sur ce point à monsieur le ministre d’Etat ministre de l’Intérieur. Je suis prêt à me mettre à la disposition du président de la République pour que nous puissions éviter à notre pays de nouvelles blessures, de nou - veaux drames. La population a trop souffert, nous en sommes conscients. C’est à nous de trouver les opportunités et les moyens de juguler tout ça. Je pense qu’avec le ministre de l’Intérieur nous trouverons certainement les voies et moyens de les approcher, de leur parler. Je demande simplement déjà aux uns et aux autres que nous soyons prêts de sor - tir de la logique des coups de force pour entrer dans un processus de règlement paci- fique, négocié de nos problèmes et des pro - blèmes de la Côte d’Ivoire.  C’est cet appel que je souhaite lancer à mes amis qui étaient jusqu’à présent  en exil avec moi. Je suis prêt à aller vers eux.»
Des aveux sous l’effet de la torture bien fice- lée par Hamed Bakayoko Selon des sources crédibles, dès qu’il a atterri à l’aéroport international Félix Houphouët-Boigny de Port-Bouët, le ministre Moïse Lida Kouassi a été transféré directe -
ment, sous bonne escorte, dans les locaux de la Direction de la surveillance du territoire (DST). Aussitôt arrivé en ces lieux, il a été installé dans la salle de conférence de cette institution. Et c’est là que commencera son calvaire. Les deux premiers jours ont été accordés à Moïse Lida Kouassi par le Commissaire N’Gadi Francis et Inza Bakayoko, patrons de la DST comme une période de réflexion pour une «collaboration». Mais l’ex-ministre de la Défense, ne connaissant pas exactement les motivations profondes de ses ravisseurs, est resté de marbre. Il n’en fallait pas plus pour que les fins limiers du régime Ouattara pas - sent à l’action. La méthode d’interrogatoire pour arracher des aveux à des détenus pro-
Gbagbo est bien connue à la Dst. La torture ! «10 ans en haut 10 ans en bas», c’est le slo - gan des agents de la DST, comme pour dire que le président Laurent Gbagbo et ses proches ayant gouverné 10 ans durant, ils connaîtront l’enfer pendant 10 ans sous Ouattara. Ces propos, le ministre Moïse Lida Kouassi les a entendus avant de se voir appliquer «sa sentence».  Le troisième jour, c’est-à-dire le vendredi 8 juin 2012 à 19h, le ministre Hamed Bakayoko arrive dans les locaux de la DST. Dans un message codé, il donne l’autorisation à Diomandé Inza, Dg de la DST, et à son collaborateur N’Gadi Firmin tenant une arme neuve de marque israé - lienne, d’obtenir des aveux du captif sur un coup qui se préparerait contre le régime Ouattara. Par tous les moyens. Message bien perçu. Une source proche du dossier raconte : «Le ministre Hamed Bakayoko est arrivé à la DST dans un pantalon bleu tissu nuit et une chemise simple. Avant de faire passer le ministre Lida Kouassi aux aveux, ils ont d’abord fait venir des jeunes à qui ils ont demandé s’ils le reconnaissent comme étant le cerveau du coup qui se préparait. Ces jeunes sortis de nulle part ont aussitôt répondu par l’affirmative. Ils ont indexé le ministre Lida Kouassi Moïse comme étant celui qui recrutait, à coup de millions de FCFA, des jeunes depuis le Togo pour renver - ser le régime Ouattara. Aussitôt ont-ils fait leurs «révélations» qu’ils ont disparu sans laisser de trace. Il fallait trouver un prétexte pour arracher des aveux au ministre. C’est ce qui a été fait.» C’est la coutume à la DST, poursuit notre source. Dès qu’un individu est arrêté, une personne présentée comme un témoin clé est brandie pour l’accabler.
Les dessous scandaleux des «aveux télévi- sés» de Lida Le ministre Moïse Lida Kouassi sera alors soumis à une décharge électrique. Un appa - reil similaire à un téléphone portable qui contient deux fils, avec au bout de chaque fil cinq aiguilles sera  introduit dans les ongles et la chair de l’ex-conseiller spécial du pré - sident Laurent Gbagbo. Comme un malade acupuncturé dans une clinique chinoise. Cet appareil est relié à un transformateur qui sert à augmenter l’intensité du courant ou à la diminuer. C’est cette méthode de torture qui a été appliquée au ministre Moïse Lida Kouassi, à laquelle il n’a pas résisté. De guerre lasse, il a accepté de réciter la leçon que le ministre Hamed Bakayoko lui a bran - die sur deux pages. Sera alors mobilisée toute une logistique : caméra, drapeau de Côte d’Ivoire dans un décor bien aménagé, pour que le «fautif Lida» révèle à la nation ses forfaits contre le régime Ouattara. Séance tenante, le DG de la DST prête une veste au ministre Hamed Bakayoko pour qu’il l’enfile illico presto. Présentation d’une bonne image à la télévision oblige. Le ministre Moïse Lida Kouassi, exposé aux décharges électriques, a alors «accepté de collaborer» en lisant devant les caméras de la DST ses propos retranscrits plus haut.
Sur ce lien « http://www.youtube.com/watch?v=YixIwK6U noA », il est possible de percevoir, à travers les lunettes du captif du régime, qu’il a le regard fixé sur un objectif. On peut aussi apercevoir le reflet du document qu’il est en train de lire en présence du ministre Hamed Bakayoko qui se lance des fleurs au passage dans le texte.

Par Gilles Naismon        
Source: Le Nouveau Courrier





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