Evacuation du Mont-Péko: Ouattara va recaser «ses» clandestins de gré ou de force

Lundi 19 Mai 2014 - 05:35


Le gouvernement ivoirien s’affaire à faire sortir de la forêt du Mont-Péko des ressortissants de pays étrangers qui y vivent. Alassane Ouattara avait le choix entre les rapatrier ces clandestins dans leurs pays d’origine d’où ils sont venus par convois ou leur trouver de nouvelles terres d’asile en Côte d’Ivoire. L’actuel numéro un ivoirien a opté pour le second choix. Le processus de relocalisation des clandestins de la forêt du Mont-Péko est rentré dans sa phase active à l’ouest malgré les réticences des propriétaires terriens. Il arrive après une mission de repérage et de délimitation de forêts effectuée il y a plusieurs mois par des officiers des Eaux et Forêts basés à Duékoué. Mais surtout après une rencontre qui s’est tenue le 20 janvier dernier entre le ministre ivoirien de l’Intérieur et de la Sécurité Hamed Bakayoko et le ministre des Affaires Etrangères du Burkina Faso, Djibril Bassolé. Cette rencontre, selon des sources proches des autorités ivoiriennes, avait permis de statuer sur les modalités de relocalisation des personnes occupant illégalement le Mont- Péko. Dans le même sens, une délégation interministérielle burkinabé, arrivée en Côte d’Ivoire depuis la semaine der- nière pour une visite sur le site, en compagnie d’officiels ivoiriens, a terminé sa mission qui s’est tenue du 4 au 7 mai 2014 dans le Mont-Péko et les villages environnants.  Huit villages pour accueillir les clandestins du Mont-Péko «Nous avons étudié les modalités de relocalisation de ces personnes qui ont illégalement occupé ces espaces-là. Naturellement, nous allons procéder à une campagne de sensibilisation et d’information de ces populations de manière à ce que leur déguerpissement et leur relocalisation se passent dans de très bonnes conditions.» Le ministre des Affaires Etrangères burkinabé Djibril Cissé avait jeté ainsi le pavé dans la mare. A la suite de cette sortie et des différentes missions de terrain, les émissaires d’Alassane Ouattara et Blaise Compaoré ont identifié huit vil- lages où les clandestins du Mont-Péko, des centaines de personnes – au lieu d’être rapatriées dans leur pays d’ori- gine comme cela se fait partout au monde, notamment dans les pays dits développés – seront relocalisées de gré ou de force, selon des informations rap- portées au Nouveau Courrier par les populations autochtones. Dans tous les villages, les populations évoquent les craintes de nouvelles exactions après celles subies par le commando d’Amadé Ouérémi durant la crise post-électorale.  Mandatés par leurs supérieurs hiérar- chiques, en janvier dernier, les officiers des Eaux et Forêts, selon les populations, avaient révélé aux habitants des 13 villages riverains du Mont-Péko la reprise du tracé de la forêt classée. Celle-ci partira de la limite connue du Mont-Péko et progressera sur un kilomètre dans les parcelles qui leur reviennent – coutumièrement de droit – aux riverains des 13 villages, entre autres Bléniminhouin, Tahably, Dahably, Gézon, Diéouzon, Goénié et Djiébly, dans le canton Tahouaké à Bangolo. C’est aussi dans cette surface, longue d’un kilomètre, que seront recasés les ex-clandestins de la forêt classée du Mont-Péko. Déjà dans certains villages, les populations qui ont eu vent de cette opération de migration qui leur est imposée, manifestent leur mécontentement.

Par Benjamin Silué

Source: Le Nouveau Courrier N° 1031 Du samedi 17 au dimanche 18 Mai  2014




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