Euro 2016 : violences à Marseille, un supporteur anglais entre la vie et la mort

CIVOX.NET
Dimanche 12 Juin 2016 - 11:26


Incidents à Marseille
Incidents à Marseille

Des incidents se poursuivaient dans la nuit du samedi 11 au dimanche 12 juin après le match Angleterre-Russie (1-1) à Marseille, où une série d’affrontements, notamment entre supporteurs, a fait 35 blessés. Parmi eux, un Anglais est dans un état critique.

En arrêt cardio-respiratoire, cet homme d’une cinquantaine d’années a reçu « des coups de barre de fer, vraisemblablement à la tête ». Il a été évacué d’urgence vers l’hôpital après qu’un policier a tenté de le réanimer, a précisé la préfecture. Trois autres personnes sont considérées dans un état grave, sans que leurs jours ne soient en danger. Sur la trentaine de blessés, la majorité a d’ores et déjà pu rentrer, « après avoir bénéficié d’examens et de soins immédiats ».

Impressionnants mouvements de foule

Comme les deux jours précédents, plusieurs centaines de supporteurs anglais se sont installés, samedi, aux terrasses de certains pubs et cafés de la rive sud du Vieux-Port. Et c’est forcément là, autour des petites ruelles du carré Thiars, anciens docks bondés de bars et de restaurants, que les premiers incidents sont partis. Un périmètre de 500 mètres carrés, seulement, où les forces de l’ordre ont tenté de juguler les heurts, provoquant parfois d’impressionnants mouvements de foule au moment de leurs charges.

Vers 16 heures, la police est intervenue une première fois pour disperser une bagarre entre Russes et Anglais. Des gaz lacrymogènes étaient tirés sous l’ombrière monumentale, donnant une ambiance de chaos à cette partie du Vieux-Port.

Différence majeure avec la veille, cette fois, de très nombreux fans russes, maillots lie-de-vin et aigle bicéphale étaient présents. Parmi eux, plus discrètes, de petites bandes organisées, à l’image d’une trentaine de supporteurs du Lokomotiv Moscou, arborant les couleurs des Orel Butchers, groupe ultra-connu dans le pays, qui ont chargé à plusieurs reprises des supporteurs anglais avec une extrême violence.

Selon le préfet de police, Laurent Nunez, environ 300 Russes et 300 Britanniques « très déterminés » ont pris part aux affrontements, mais le dispositif mis en place par les forces de l’ordre a permis une interposition systématique. Six personnes ont été interpellées. Les rixes n’ont pas fait de dégâts importants au niveau du mobilier urbain.

Ambiance schizophrène

Après la dispersion des hooligans, l’ambiance était chaotique au cœur de Marseille. Alors que le verre brisé jonchait toute la partie nord, à quelques mètres de là, sur le reste du Vieux-Port, Russes, Anglais et Marseillais, plus âgés, en famille, étaient attablés aux terrasses pour manger ou boire.

La fédération française de tennis de table organisait même une animation gratuite devant la mairie. Certains supporteurs commençaient tranquillement à se diriger vers les bouches de métro pour gagner le stade, où l’ambiance est ensuite restée très calme jusqu’à une heure du coup d’envoi.

Vers 20 heures, de nouveaux heurts sont intervenus aux abords du Vélodrome. Au niveau du rond-point du Prado, des supporteurs russes et anglais auraient pris à partie les personnels chargés d’assurer la séparation des flux en différents itinéraires pour accéder au stade. Mais selon la préfecture, la police a rapidement rétabli l’ordre en faisant usage de grenades lacrymogènes et de canons à eau.

De brèves échauffourées ont éclaté entre supporteurs à la fin du match.
Au Vélodrome, de brèves échauffourées ont éclaté à la fin de la rencontre, vers 23 heures. Quelques empoignades, jets de projectiles et bousculades dans les travées ont été observés alors que les joueurs sortaient du terrain. Rien de comparable toutefois avec les incidents survenus dans l’après-midi.

Mais vers 0 h 30, le Vieux-Port a de nouveau été le théâtre de heurts : là avaient convergé des jeunes marseillais, des supporteurs anglais et quelques Russes. Les CRS ont à plusieurs reprises tiré des grenades lacrymogènes, notamment pour permettre la fermeture des derniers bars, puis autour de la Canebière, où certains individus se livraient à des courses avec la police.
Le souvenir de 1998

La sénatrice socialiste Samia Ghali, opposante majeure au maire, Jean-Claude Gaudin (Les Républicains), a lancé dès vendredi après-midi un début de polémique, regrettant que « le contrôle des hooligans étrangers » n’ait pas été effectué au départ de leur pays, et qu’une « maîtrise du débit excessif de boisson » n’ait pas été organisée dans la perspective de cet Angleterre-Russie classé à risques. « Fort heureusement, a-t-elle ajouté, au milieu de ce désastre, les policiers déployés ont été d’un sang froid et d’un courage exemplaire. »

M. Gaudin a de son coté assuré que « le dispositif parfaitement organisé, mis en place par les forces de sécurité » avait permis de « circonscrire (…) la violence de quelques centaines d’excités ». Le ministère de l’intérieur a précisé qu’à la demande des autorités françaises, le gouvernement britannique avait « retenu les passeports de 3 000 individus considérés comme hooligans, les empêchant ainsi de venir en France durant toute la durée de la compétition ».

Outre quelque 1 200 policiers, les autorités avaient mobilisé d’importants moyens de secours pour ce match à risque : 580 marins-pompiers contre 360 en temps normal, 51 pompiers du service départemental d’intervention et de secours répartis dans la ville, et 17 ambulances d’urgence et de réanimation.

Interrogé dans la soirée par l’Agence France-Presse, le commissaire Antoine Boutonnet, chargé de la lutte contre les hooligans en France, a refusé le « constat d’échec », évoquant « un problème de suralcoolisation qui entraîne, in fine, un phénomène de violences ».

Marseille a déjà été le théâtre d’affrontements entre supporteurs, vendredi en fin d’après-midi, quelques heures avant le coup d’envoi du championnat d’Europe. Ces scènes rappellent les violences qui s’étaient produites à l’occasion du match Angleterre-Tunisie pendant le Mondial 1998 ; elles avaient impliqué des supporteurs des deux pays ainsi que des jeunes Marseillais.

Euro 2016 : bagarre entre supporteurs à Nice, sept blessés

Une bagarre a éclaté samedi 11 juin au soir à Nice, où le match Pologne-Irlande est prévu dimanche à 18 heures dans le cadre de l’Euro 2016, faisant sept blessés dont un souffrant d’un traumatisme crânien.

Selon la préfecture, vers 23 heures, des Niçois ont provoqué des supporteurs nord-irlandais, cours Saleya, une voie piétonne du Vieux-Nice, et une bagarre a éclaté, avec des échanges de coups et de jets de bouteilles. De nombreux supporteurs polonais se trouvaient dans les cafés voisins mais n’ont pas pris part à la bagarre.

Journaliste au Monde ( AFP)




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