Etude comparée entre le régime de Vichy et celui d’Alassane Ouattara en Côte d’Ivoir. Par Dr. Serge-Nicolas Nzi

Jeudi 11 Septembre 2014 - 06:26



I – De Vichy à Abidjan ou l’étrange aveuglement des collabos

Les Français qui s’opposaient hier frontalement à la guerre d’Algérie de 1958 à 1962, n’étaient pas contre leurs pays et son gouvernement. Ils voulaient tous que la France qui a connu elle-même l’occupation allemande soit juste et digne en refusant le colonialisme et les combats d’arrière garde qui vont diviser le pays et faire couler inutilement le sang sur les deux rives de la méditerranée. Nous sommes de ceux qui, depuis des années, attirent l’attention des élites politiques ivoiriennes sur ce qui est leur responsabilité devant l’abaissement de la Côte d’Ivoire. Ils sont nombreux à croire que nous sommes leurs opposants, il n’en est rien. Ils ne sont pas habitués à la manifestation des esprits libres, ils n’ont que leurs courtisans et leur soumission à la collaboration comme but de vie, en oubliant qu’ils sont bien installés en première classe dans le train de la forfaiture. De l’hôtel du parc de Vichy en France, au Forum Golf hôtel d’Abidjan en Côte d’Ivoire, l’histoire humiliante de pays divisés et occupés par les ennemis de la démocratie, se confirme toujours par l’étrange aveuglement du gouvernement antinational de la collaboration et de l’abaissement de la nation. Le constat aujourd’hui est clair pour beaucoup d’entre nous. Tous les pays africains ayant des dirigeants politiques coptés par la France ne parviendront à aucun développement dans les cinquante prochaines années. C’est cela qui nous conduit à l’analyse comparée d’un autre aveuglement pas si lointain. À Vichy, l’Allemagne était l’occupant. Dans le cas qui nous concerne, la Côte d’Ivoire en réalité vit depuis avril 2011 une situation d’occupation par la France. Pour rendre cette occupation moins voyante, on y a mis en place un régime de sous traitance et de collaboration afin de gouverner ce pays au profit de la France. Alassane Dramane Ouattara est ici dans le rôle du Maréchal Philippe Pétain. L’homme de l’amnistie du 22 juin 1940. Alassane Ouattara a-t-il envoyé les partisans de Laurent Gbagbo dans les camps concentrationnaires du nord de la Côte d’Ivoire par plaisir, par nécessité ou sur injonction de la puissante occupante la France ? La politique du rattrapage ethnique, qui est une exclusion d’Etat, ne choque-t-elle pas la conscience des juristes comme Ahoussou Kouadio Jeannot, Gnénéma Mamadou Coulibaly ? Qu’est-ce qui peut expliquer le zèle d’un Hamed Bakayoko ou le mutisme d’un Daniel Kablan Duncan, dans un pays coupé en deux, où la gouvernance est en faveur des ressortissants du nord contre le reste des Ivoiriens ? Souvenez-vous qu’à Vichy, il y avait exactement la même nature de personnes, qui croyaient passionnément qu’ils étaient dans le juste. Ils cherchaient à ménager les Allemands, ils acceptèrent la honte, le reniement de l’indépendance nationale, ils ont accepté de participer au mal en multipliant les victimes d’une répression de guerre intérieure contre leurs propres concitoyens. Nous pouvons citer quelques-uns de ces sinistres individus qui habitent pour l’éternité dans les flammes de l’enfer de honte qu’ils ont contribué à bâtir dans leur propre pays : Philippe Pétain, son bras droit Pierre Laval, le garde des sceaux , ministre de la Justice Raphaël Alibert, le ministre de l’Intérieur Adrien Marquet. Sans oublier le plus zélé des hauts fonctionnaires de Vichy, le fameux commissaire général aux questions juives, Xavier Vallat. L’homme qui était chargé d’appliquer la politique discriminatoire du régime de la honte nationale. C’est sous ce régime que les camps de concentration se sont multipliés dans la France occupée. Compiègne, Royallieu, Choisel, Doulieu, Drancy, Mérignac, le Vélodrome d’Hiver. On nomme camp de concentration un lieu fermé de grande taille, choisi pour y regrouper une population ou des personnes considérées comme des ennemis. Généralement dans des mauvaises conditions. Cela peut-être des opposants politiques, des groupes ethniques ou religieux, des civils, cela peut se faire sans aucune procédure judiciaire ou d’un jugement individuel. En France, ce fut le cas des Juifs, des Tziganes, des communistes, des francs-maçons, etc. En Côte d’Ivoire, les camps de Bouna, de Boundiali, de Korhogo, de Katiola, de Séguéla ou d’Odienné, furent les lieux d’internement des partisans de Laurent Gbagbo, des camps de concentration. Certains pensionnaires en sont sortis malades et durablement affaiblis. Notre frère, Basile Mahan Gahié en est mort peu de temps après sa sortie, des séquelles de toutes les maltraitances vécues dans l’abominable camp de Boundiali où il ne manquait que les fours crématoires pour achever la méchanceté criminelle du régime du rattrapage ethnique.

II – Les mesures de Vichy et ceux de Ouattara contre les autres Ivoiriens

Tous les régimes criminels commencent toujours par l’exclusion comme base de départ. Envers Pacha, l’avait fait dans le génocide arménien de 1915, Adolphe Hitler, avec les Juifs, dans l’Allemagne nazie, Philippe Pétain dans la France occupée, Joseph Désiré Mobutu dans de Congo de l’après Lumumba et Alassane Ouattara en a tiré les leçons pour la Côte d’Ivoire de l’après Gbagbo. Un gouvernement ne peut pas renier une partie de sa propre population sans se renier lui-même. Il s’agit ici d’une exigence dictée par la raison et le bon sens qui nous commandent tous de ne jamais piétiner l’intelligence qui est le socle des sociétés humaines.
L’exclusion est toujours porteuse d’animosités, de haine, de préjugés, d’amertumes, de révoltes, de répressions, de massacres, de résignations, de détérioration de la cohésion nationale et de décomposition de l’Etat de droit comme aspiration légitime du citoyen. L’exclusion est le plus violent des défis pour les âmes frères. Ivoiriens du nord contre le reste de la Côte d’Ivoire. Français de souche contre ceux des origines diverses. Les congolais de souche contre les banyamulenges, centrafricains du nord contre le reste du pays, malinkés contre peuls en Guinée. Kabyés et nord du Togo contre le reste du pays. Aryens contre les Juifs, les Gitans, les Tziganes, les communistes et les francs maçons et quoi encore. Bref, il n’y a aucun pays au monde capable de s’en sortir par cette voie obscure et lugubre qu’est l’exclusion de l’autre. Alassane Ouattara prétend incarner le pouvoir légal de la Côte d’Ivoire.  Alors comment des centaines d’Ivoiriens ont-ils pu être jetés en prison pendant de longs mois ou longues années, sans voir un juge ni affronter un procès sous un régime dirigé par un ancien haut fonctionnaire du FMI ? Le pouvoir ivoirien réclamera t-il un jour tous les biens de l’Etat de Côte d’Ivoire transférés au Burkina-Faso ? Nous sommes de plain pied dans l’histoire malheureuse d’un homme qui voulait épouser une nation sans connaître les fondements et les exigences d’un tel mariage. Actuellement, il pense avoir pacifié le pays, avoir créé la confiance auprès des bailleurs de fonds, il s’en félicite et sabre le champagne devant ses journalistes de régime convoqués pour l’occasion. Ils n’évoqueront jamais les spoliations des Ivoiriens et le sort de nos compa-triotes persécutés, en souffrance et en maltraitance dans les geôles du régime parce qu’ayant une autre vision de la vie commune. En Juin 1940, la débâcle de l’armée française avait emporté ce qui restait de la république. En Côte d’Ivoire, la défection des officiers supérieurs corrompus avait précipité la chute des refondateurs et de la république. Le maréchal Philippe Pétain n’avait pas pris le pouvoir ; les parlementaires français le lui avait abandonné dans l’angoisse. La honte et la résignation furent le fardeau des parlementaires indignes. En Côte d’Ivoire, la hiérarchie militaire, en échange de quelques postes d’ambassadeurs dans des républiques forestières et arachidières, avait déposé les armes comme des soldats vaincus avant la bataille. Comme en juin 1940, la défaite des FANCI était aussi la défaite de la république et celle la refondation patriotique éburnéenne. Pour les FRCI, la victoire méritait une célébration avec la tête des vaincus comme trophée. En France à la libération, c’était Pétain, Laval, Weygand, Vallat et consorts. En Côte d’Ivoire, c’était Affi Nguessan Pascal, Simone Gbagbo, Michel Gbagbo, Aboudrahamane Sangaré, Philippe Henri Dacoury Tabley, Laurent Akoun, Aké Ngbo, Lida Kouassi Moïse, Christine Adjobi, Geneviève Bro-Grebé. Béchio Jean-Jaques, Basile Mahan Gahié, Kuyo Tea Narcisse, etc. La victoire des uns et la défaite des autres devenaient des fruits empoisonnés de la république. Alors que la France était coupée en deux, avec plus d’un million de réfugiés, des infrastructures détruites, des milliers de morts, des difficultés d’approvisionnement et plusieurs milliers des prisonniers dans un pays totalement désarticulé, le gouvernement de Vichy prenait la décision d’exclure les Juifs de la vie sociale du pays. Et cela, pour plaire à l’occupant allemand. Les architectes juifs, les médecins juifs, les officiers, les professeurs, magistrats, les ingénieurs juifs n’avaient plus le droit du jour au lendemain d’exercer leur métier et ne pouvait plus travailler. Les commerçants et industriels juifs devaient vendre leurs entreprises à bas prix dans le cadre de l’aryanisation de l’Etat français. En Côte d’Ivoire, ils sont nombreux les partisans de Gbagbo qui furent radiés de la fonction publique ivoirienne. Leurs maisons furent pillées, leurs femmes violées, leurs entreprises ne reçoivent plus des marchés d’Etat dans le cadre du rattrapage ethnique… Ils furent déportés dans des camps de maltraitance avec toutes les privations et négligences en cas de maladie. Toutes les humiliations furent utilisées contre eux au nom du rattrapage ethnotribal des vainqueurs de la crise pos- télectorale ivoirienne. Toutes ces mesures furent prises quand la Côte d’ivoire était plongée dans l’insécurité, des cadavres dans les rues, des millions de réfugiés et d’exilés, dans un pays ou le chaos était le quotidien des Ivoiriens. Philippe Pétain, s’était réfugié en Allemagne en septembre 1944 à la faveur du débarquement des alliés. Il se constitue prisonnier aux autorités françaises du poste frontière franco-suisse de Vallorbe le 26 avril 1945 pour répondre de ses actes. Il sera amené au fort Montrouge où il sera interné jusqu’à son procès devant la haute cour de justice française en juillet 1945. Il y est condamné à mort, peine commuée à la prison à vie par le général de Gaulle qui préside le gouvernement provisoire de l’après guerre. En Côte d’ivoire la coalition des forces françaises d’occupation et rebelles capturent Laurent Gbagbo dans la résidence présidentielle le 11 avril 2011, devant les caméras de télévisions françaises, convoquées pour l’occasion. Battu et humilié avec ses proches compagnons, sa femme (…) violentée, le visage tuméfié de Laurent Gbagbo en sous vêtements, sa femme, les cheveux arrachés, hagarde et hébétée dans un décor de fin du monde où le champagne coulait à flot pour célébrer la victoire du rattrapage ethnique et surtout du retour de la Côte d’Ivoire sous l’occupation française.

III – La Kommandantur à l’ivoirienne

 La kommandantur, est le siège du commandement militaire allemand dans les pays occupés par les alle- mands. Ce fut le cas de la France pendant la seconde guerre mondiale La zone occupée était divisée en plusieurs régions militaires sous l’autorité d’un officier allemand commandant de la région militaire. La zone occupée par la rébellion politico-militaire d’Alassane Ouattara avait également divisé la Côte d’Ivoire en dix zones militaires placées sous le commandement des sous-officiers illettrés de la rébellion promus à des grades supérieurs aujourd’hui. La zone 1 de Séguéla pour Siaka Ouattara dit Wattao, la zone 2 de Katiola à Hervé Touré dit Vetcho. La zone 3 à chérif Ousmane dit papa Guépard à Bouaké capitale de la rébellion, la zone 4 de Bouna à Mourou Ouattara, la zone 5 de Mankono à Zoumana Ouattara, la zone 6 de Man à Losséni Fofana dit Los, la zone 7 de Touba dans le pays Mahou à Aboudramane Traoré, la Zone 8 d’Odienné à Ousmane Coulibaly, la zone 9 de Boundiali à Koné Gaoussou et enfin la zone 10 de Korhogo à Fofié Kouakou Martin.
Les Com’zones ivoiriens sont en réalité une exacte copie de la Kommandantur allemande pendant l’occupation de la France entre juin 1940 et Aout 1944. Nous prions nos contradicteurs de vérifier cette comparaison et ils comprendront que la seule différence réside dans le fait que les Oberfeldkommandantur étaient des officiers allemands ayant une solide formation, aguerris aux combats, conscients de la grandeur et du rayonnement de leur pays. Ils étaient grands pour la plupart et blonds aux yeux bleus. Tandis que le régime du rattrapage ethnique de Ouattara nous offre, avec des analphabètes, des racketeurs patentés, des caporaux-cuisiniers ou jardiniers, sinon le spectacle minable de l’illettrisme porté au firmament de la gloire dans une république moribonde.  Avec Kandia Camara comme ministre de l’Education nationale  et Tuo Fozié, Koné Massemba préfets à Bondoukou et à Guiglo.  Exactement comme Joseph Darnand dans le gouvernement de Vichy du 14 juin au 19 aout 1944. Nous parlons ici de faits simplement vérifiables par nos contradicteurs avec la bonne foi que nous avons toujours trouvée auprès d’eux.

IV – De la milice française aux dozos et zozos de Ouattara

La milice française était l’équivalent des dozos et zozos actuels en Côte d’Ivoire. C’était une organisation paramilitaire créée par un décret du maréchal Pétain lui-même, le 30 janvier 1943. La milice était une organisation profondément antirépublicaine, anti communiste, antisémite, antinationaliste, autoritaire et fasciste. Les miliciens étaient les supplétifs de Gestapo de la police de la gendarmerie et surtout du maintien de l’ordre dans la France de Vichy. Avec les exécutions sommaires d’êtres humains, les brutalités, la torture et le goût du sang humain qui les caractérisent, ces miliciens sont les l’équivalent des dozos et des zozos actuels, qui méprisent les (populations). Ils occupent les domiciles des pro-Gbagbo en fuite ou en exil. Ils rançonnent les autres Ivoiriens. Nous renvoyons nos contradicteurs aux crimes filmés qui sont sur les réseaux sociaux dont les coupables, bien que connus, n’ont jamais été inquiétés par la justice du régime Ouattara. Alors que dans la république, la police et la gendarmerie ne portent pas des armes car la Côte d’ivoire est le seule pays au monde à avoir désarmé ses propres forces de sécurité. Mais les dozos et les zozos gardent leurs armes et se pavanent devant les forces de l’ordre désarmées. Le ministre de l’Intérieur -  comme à Vichy - avait présidé un congrès de dozo dans la salle de conférence du ministère des Affaires étrangères d’Abidjan. Nous demandons à nos contradicteurs d’élever la voix pour entendre l’enregistrement en notre possession du discours du ministre de l’Intérieur de la Côte d’Ivoire devant les Dozos en conclave avec lui. Les dozos sont les chasseurs traditionnels du nord de la côte d’ivoire transformés en soldats pour le compte de la coalition franco rebelles ivoiriens afin de porter Alassane Ouattara au pouvoir pour une sous-traitance de gestion de la Côte d’Ivoire au bénéfice de la France. Les zozos (…) ne sont ni Dozos, ni FRCI et perquisitionnent les domiciles, braqueurs aujourd’hui, coupeurs de routes demain, cambrioleurs de banques, occupants de plantations agricoles et qui ne sont jamais arrêtés par le régime Ouattara. La milice française sous l’occupation allemande avait fait beaucoup de mal à son pays en conduisant le pays occupé par les Allemands au bord d’une guerre entre Français. Dans la situation de la Côte d’Ivoire, où sont les butins de tous ces cambriolages ? Pourquoi a-t- on désarmé la police et la gendarmerie ivoirienne ? Comment maintenir l’ordre et la libre circulation des biens et des personnes quand la sécurité est nulle dans un pays qui réclame des investisseurs ? Tant de confusion et d’incohérence du gouvernement de rattrapage (…)

Par Dr. Serge-Nicolas Nzi
*Chercheur en communication Lugano (Suisse)
Mail : nicolasnzi@bluewin.ch

 Source: Le Nouveau Courrier N°1107 Du Mercredi 10 Septembre 2014




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